L'Afrique du Sud fustige l'ancien président Zuma pour sa rencontre avec Gupta, accusé de corruption / Photo: Drew Angerer - GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives
Le gouvernement sud-africain a vivement critiqué vendredi la rencontre de l'ancien président Jacob Zuma avec l'un des frères Gupta en Inde, accusés d'avoir détourné pour plusieurs millions de dollars de fonds publics.
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux après la réunion du mois dernier, M. Zuma, âgé de 84 ans, a également laissé entendre qu'il se présenterait de nouveau à l'élection présidentielle, après avoir été contraint de quitter ses fonctions en 2018 pour des soupçons de corruption.
Il est "très inquiétant qu'un ancien président de la République fasse un tel bras d'honneur aux Sud-Africains qui ont perdu beaucoup d'argent à cause des frasques des frères Gupta", a tonné la ministre de la Présidence Khumbudzo Ntshavheni.
M. Zuma fait un autre "bras d'honneur en affirmant qu'il veut à nouveau diriger ce pays", a-t-elle ajouté au cours d'un point de presse.
Le gouvernement a ouvert une enquête sur cette visite polémique. Le ministre des Affaires étrangères Ronald Lamola accuse l'ancien chef de l'Etat de mener une "politique étrangère parallèle".
Les trois frères Gupta, nés en Inde, ont bâti un vaste empire économique en Afrique du Sud mais ont pris la fuite après qu'une commission judiciaire a commencé a enquêter en 2018 sur des soupçons de fraude massive sous la présidence Zuma (2009-2018).
Sur une photographie publiée en ligne, on voit l'ex-président avec l'un des frères, Ajay Gupta, dans un temple de la ville de pèlerinage d'Haridwar, sur les rives du Gange.
Dans une vidéo, il le qualifie également de "frère et ami".
Un rapport de 2016 sur la corruption affirme que les frères Gupta ont versé des pots-de-vin pour influer sur des nominations ministérielles et siphonner l'argent d'organismes d'Etat.
Ajay Gupta a été déclaré fugitif en 2018 mais les autorités sud-africaines ont abandonné les charges pesant sur lui l'année suivante.
Les deux plus jeunes frères Gupta, Atul et Rajesh, ont fui vers les Emirats Arabes Unis, où un tribunal a rejeté en 2023 une demande d'extradition vers l'Afrique du Sud.
M. Zuma déclare également dans la vidéo qu'il a "décidé de prendre la décision de remettre le pays sur les rails" et qu'il est "candidat" à la présidentielle de 2029.
Jacob Zuma dirige désormais le parti d'opposition Umkhonto we Sizwe (MK), qui va participer aux élections municipales de novembre.
V.Nijs--LCdB