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Emmanuel Macron et le roi Charles III ont célébré mercredi les liens franco-britanniques après avoir visité en avant-première l'exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum de Londres avec la reine Camilla, Brigitte Macron et le nouveau Premier ministre Andy Burnham.
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Souriant et plaisantant, ils ont admiré cette oeuvre du XIe siècle, longue de 70 mètres, exposée pour la première fois à plat dans une salle faiblement éclairée, en présence également de la femme d'Andy Burnham, Marie-France van Heel, et de représentants du musée.
Le président français a dit espérer que la France et le Royaume-Uni puissent "tisser un lien aussi étroit que les fils" de cette "broderie millénaire", prêtée pour un an au célèbre musée, dans un discours après sa visite.
"Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...), et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, a-t-il ajouté.
- "Merveilleux" -
Le roi a lui exprimé "une joie particulière" à voir cette tapisserie, dont le prêt au Royaume-Uni constitue "un précieux symbole de confiance", le "meilleur symbole possible de cette entente amicale dont nous parlons avec tant d'affection".
"Merveilleux", a-t-il encore lâché aux journalistes, en quittant le quitter le musée.
Charles III et son épouse Camilla avaient reçu, plus tôt dans l'après-midi, le couple Macron à leur résidence de Clarence House, pour une visite loin des caméras.
Andy Burnham, qu'Emmanuel Macron rencontrait pour la première fois, avait lui salué d'avance "un moment majeur dans l'histoire" des deux pays.
"Alors que nous célébrons notre patrimoine commun, le président Macron et moi-même continuerons à renforcer les liens entre nos deux nations", avait-il indiqué dans un communiqué.
L' de cette oeuvre du XIe siècle illustrant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, ouvrira au public le 10 septembre.
Emmanuel Macron avait personnellement décidé de prêter la tapisserie pour un an lors de sa visite d'Etat au Royaume-Uni en juillet 2025, afin de "revivifier la relation culturelle" et marquer "la confiance" actuelle entre Paris et Londres.
La tapisserie est parvenue le 10 juillet au British Museum, malgré les objections de certains experts et défenseurs du patrimoine en France, qui redoutaient une dégradation irréversible. La ministre française de la Culture, Catherine Pégard, s'est réjouie mi-juillet, à Londres, d'y voir ce joyau presque millénaire "en très bon état".
La tapisserie doit rester à Londres jusqu'au 11 juillet 2027. Lorsqu'elle reviendra à Bayeux en Normandie, dans l'ouest de la France, Emmanuel Macron ne sera plus président.
- Déjeuner avec Burnham jeudi -
C'est un dirigeant en fin de règne qui a rencontré mercredi le nouveau Premier ministre britannique, avant un entretien formel et un déjeuner à Downing Street jeudi.
Andy Burnham a remplacé mi-juillet Keir Starmer, travailliste comme lui. Le président français est le deuxième dirigeant étranger qu'il reçoit après l'Ukrainien Volodomyr Zelensky fin juillet.
Après des années de relations franco-britanniques en dents de scie, le duo Macron-Starmer affichait une certaine complicité, notamment sur l'Ukraine ou le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran.
La complicité sera-t-elle renouvelée avec Andy Burnham, qui s'est concentré jusqu'ici sur les questions intérieures?
La lutte contre les traversées de la Manche par des migrants sur de petites embarcations reste un sujet prioritaire pour Londres.
Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord avec la France, renouvelé pour trois ans en avril.
Mais les discussions entre les deux dirigeants jeudi devraient aussi porter sur l'Ukraine, le Moyen-Orient et la coopération en matière de défense.
Les deux parties disent également vouloir "poursuivre le rapprochement avec l'Union européenne", dix ans après le Brexit.
Andy Burnham voudra "s'inscrire dans la continuité de Starmer", qui a amélioré les relations "avec les grands dirigeants de l'UE", a indiqué à l'AFP Anand Menon, politiste au King's College de Londres.
Mais si la collaboration bilatérale fonctionne assez bien, le "vrai enjeu" britannique est de se "rapprocher de l'UE, et nous savons tous que l'un des grands obstacles, c'est la fermeté des Français", notamment sur l'agriculture, a-t-il ajouté.
La date du prochain sommet UE/Royaume-Uni reste incertaine, mais l'Elysée a déjà prévenu: si la France veut aller "aussi loin que possible" dans ce "rapprochement", les Britanniques sont sortis de l'UE et il est exclu qu'ils puissent choisir les politiques qui les arrangent.