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Son appel n'aura rien changé: l'ancien maire de Saint-Etienne Gaël Perdriau est retourné en prison jeudi, condamné en appel à quatre ans de prison ferme pour un chantage exercé sur son premier adjoint à l'aide d'une vidéo intime tournée il y a 11 ans.
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La cour d'appel de Lyon a prononcé exactement la même peine qu'en première instance en décembre 2025, à l'exception de sa peine d'inéligibilité, alourdie à dix ans au lieu de cinq.
"Madame, vous venez de condamner un innocent", a réagi d'une voix monocorde l'ancien élu LR de 54 ans, droit comme un I mais visiblement sonné, en signant la décision tendue par la présidente de la cour qui lui signifiait un mandat de dépôt pour une peine "immédiatement exécutoire".
Gaël Perdriau, qui devra aussi payer 50.000 euros d'amende, a déjà passé deux mois derrière les barreaux après sa première condamnation en décembre 2025.
Son avocat Jean-Félix Luciani a immédiatement annoncé qu'il formerait un pourvoi en cassation et une demande de remise en liberté.
Son client n'a, depuis la révélation du scandale par Médiapart en 2022, cessé de nier son implication dans le piège visant Gilles Artigues, un élu centriste bien implanté, dont le soutien lui avait permis de remporter la mairie en 2014, mais qui avait commencé à prendre ses distances l'année suivante.
Malgré ses dénégations, la cour l'a reconnu "coupable d'avoir participé à une association de malfaiteurs" en vue "d'exercer un chantage public au préjudice de Gilles Artigues", filmé à son insu en janvier 2015 dans une chambre d'hôtel à Paris en compagnie d'un prostitué.
"J'ai beaucoup souffert, je ressors de ces années très fatigué, très abattu", a déclaré à la sortie de l'audience jeudi l'ancien député Gilles Artigues, retiré depuis 2022 de la politique.
Gaël Perdriau "paye cher, mais j'espère que cela pourra servir d'exemple" pour d'autres élus: "on peut avoir de l'ambition, vouloir le pouvoir" mais pas "vouloir détruire une personne", a-t-il ajouté, entouré par son épouse et ses enfants.
- "Kompromat sexuel" -
L'édile a toujours récusé avoir été le commanditaire. Il a reconnu avoir eu connaissance de l'existence de la vidéo, mais a assuré ne pas l'avoir vue et avoir pensé qu'il s'agissait d'un enregistrement entre "adultes consentants".
Confronté à un enregistrement d'une conversation audio, il a admis l'avoir utilisé en 2018 pour simplement "menacer" M. Artigues, "stupidement" et dans "un geste de colère".
Me Luciani avait plaidé pour que la cour retienne la "menace" plutôt que le "chantage", un délit moins lourdement réprimé.
La cour ne l'a pas suivi. Elle a aussi condamné son client pour "détournement de fonds publics" pour avoir rémunéré, grâce à des subventions municipales fictives à deux associations, ses collaborateurs impliqués dans ce "kompromat sexuel", selon les termes utilisés par l'avocat général à l'audience en juin.
Quant aux autres protagonistes, la cour d'appel a peu infléchi les premières peines.
L'ancien adjoint à l'Education et la Jeunesse Samy Kéfi-Jérôme, actuellement en détention, a vu sa peine de première instance confirmée jeudi: quatre ans de prison dont trois ferme pour avoir recruté l'escort-boy, filmé dans la chambre et fait chanter Gilles Artigues.
Son ex-compagnon d'alors, Gilles Rossary-Lenglet, en liberté en raison d'une santé défaillante, a vu sa peine ramenée à deux ans ferme contre trois.
L'ancien directeur de cabinet du maire, Pierre Gauttieri, n'avait pas fait appel de sa condamnation à deux ans ferme.