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Après plusieurs semaines de mobilisation, des établissements sont encore bloqués jeudi avant la troisième réunion, dans l'après-midi, entre les organisations lycéennes et le ministre de l'Éducation nationale pour aborder une nouvelle fois les problèmes de bâti scolaire, Parcoursup et les emplois du temps.
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Dans la matinée, le ministre Édouard Geffray s'est rendu au lycée Les Iris à Lormont, près de Bordeaux, en partie saccagé le 8 octobre, avec des dégâts estimés par la région à au moins 250.000 euros.
"Le dialogue existe, il a déjà débouché, mais les gens qui font ça (...), c'est des criminels. Tenez bon !", a lancé le ministre, avant de remercier les personnels qui ont "sauvé des jeunes", mais "aussi des adultes".
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a dénoncé la transformation du "mouvement lycéen" en "un mouvement de violences urbaines", qui fait "injure d'ailleurs aux lycéens" qui ont voulu témoigner de leur "angoisse" et "mécontentement", ou "demander des choses".
Jeudi, des personnels du lycée Paul-Eluard de Saint-Denis, un des épicentres du mouvement lycéen, ont dénoncé une intervention "violente" de policiers en civil dans l'enceinte de l'établissement pour y interpeller un élève.
- Ras le bol -
La réunion entre M. Geffray et les organisations lycéennes doit se tenir en visioconférence à 17H30.
Le représentant de Renouveau lycéen, Nathanaël Combary (également adhérent du parti Renaissance) avait salué "quelques avancées" après la dernière rencontre au ministère, le 8 octobre.
Peu après cette réunion, il avait été annoncé le redéploiement de 3.000 enseignants titulaires remplaçants, associé à l'embauche de contractuels.
"Sur ces 3.000 personnes, (...) quasiment les deux tiers ont d'ores et déjà été affectés", a précisé jeudi le ministre.
"On se met en situation de résoudre l'immense majorité des cas et singulièrement les établissements classés rouges, c'est-à-dire ceux pour lesquels il y avait une difficulté particulière. J'en avais 114 jeudi dernier (8 octobre), j'en avais 47 ce (jeudi) matin et normalement je n'en aurai plus à la reprise des vacances", a-t-il affirmé.
Le gouvernement s'est dit prêt à travailler sur l'accompagnement lors de l'orientation au lycée et à des modifications de la plateforme Parcoursup, mais refuse de supprimer le système actuel. Concernant Parcoursup, des mesures concrètes "seront communiquées d'ici fin octobre", a rappelé M. Geffray.
- "profs à bout" -
La mobilisation se poursuit sur l'ensemble du territoire, notamment dans le Rhône où 13 lycées lyonnais et trois universités sont bloqués, selon la préfecture.
"Nos profs sont à bout", témoigne auprès de l'AFP une élève de l'ENS Lyon, qui souhaite rester anonyme. "Ils sont super super pessimistes et en sont à nous demander de faire des temps de réflexion entre nous pour y voir plus clair sur la manière de faire cours. (...) ils ne savent pas gérer la situation ni à court ni à long terme".
Au niveau national, les proviseurs étaient appelés par leur principal syndicat à une "opération rideaux" jeudi après-midi, consistant à ne gérer que les urgences, pour signifier leur "ras-le-bol".
Des manifestations spontanées, réunissant plusieurs centaines de personnes, ont démarré en début d'après-midi, à Bordeaux et à Aubervilliers notamment.
A Toulouse, une AG matinale s'est déroulée dans une ambiance bon enfant au lycée Berthelot avec "l’idée de faire des AG pendant les vacances", indique à l’AFP Mohammed, un élève du lycée. "Il y a aussi notre participation au cortège du 17 octobre et pour après les vacances, la proposition de bloquer un ou deux jours par semaine, mais par surprise".
Parti d'un établissement de banlieue parisienne le 17 septembre, le mouvement des lycéens s'est propagé en France, soutenu par des organisations étudiantes et syndicales.
Depuis le début du mouvement, sur les 3.700 lycées français, un tiers n'a "jamais été perturbé", selon M. Geffray mercredi.
Le syndicat de police Alliance a annoncé mercredi soir déposer "une plainte contre l’État pour mise en danger de la vie d'autrui", dénonçant les "injonctions contradictoires" faites aux policiers, "exposés à la violence et livrés à la vindicte", dans le cadre du mouvement lycéen.
Depuis le début de la contestation, "près de 900" policiers et gendarmes ont été blessés selon le ministère de l'Intérieur, tout comme plus de 200 lycéens et près de 150 personnels de l'Éducation. Trente-six enquêtes ont été ouvertes par la police des polices dont quatre concernent des "blessures mutilantes" et six des "blessures significatives".
Le gouvernement table sur les vacances scolaires pour provoquer son essoufflement, mais des organisations de jeunesse appellent à rejoindre la mobilisation samedi avec des gilets jaunes contre la vie chère.