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Des agriculteurs, pêcheurs et travailleurs thaïlandais ont manifesté vendredi à Bangkok, où se tiennent cette semaine les assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, pour faire entendre la voix des "pauvres" face aux grands argentiers de la planète.
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Coiffées de chapeaux de paille ou parées de foulards colorés, des centaines de personnes ont marché vers le centre de conférences accueillant les dirigeants mondiaux de la finance, mais le cortège a été stoppé à plus d'un kilomètre du but par un cordon policier.
"Banque mondiale, arrêtez de vous en prendre aux pauvres!", clamait une banderole alors que les institutions financières internationales sont accusées d'imposer un coût trop élevé aux pays leur empruntant de l'argent.
Certains manifestants ont dénoncé des projets spécifiques, comme le barrage de Pak Mun, dans le nord-est de la Thaïlande, un projet hydroélectrique soutenu par la Banque mondiale dans les années 1990.
"Il n'y a plus de poissons. Ils ne peuvent plus remonter le courant. L'eau a changé, la rivière a changé et l'écosystème a changé", a témoigné le pêcheur Putta Muansaen, 67 ans, arrivé à Bangkok pendant la nuit en provenance de la province d'Ubon Ratchathani
Somporn Yamyong, une rizicultrice de 62 ans, a elle fait le déplacement depuis la province centrale de Suphan Buri afin d'attirer l'attention sur les "difficultés auxquelles sont confrontés les agriculteurs" depuis plusieurs années.
La Thaïlande a bénéficié en 1997 d'un prêt du FMI, qu'elle a entièrement remboursé en 2003, et mène aujourd'hui certains projets en partenariat avec la Banque mondiale.
Quelques manifestants étrangers figuraient dans le cortège, parmi lesquels Harry May, un militant et chercheur sud-africain de 59 ans, qui a accusé les institutions financières internationales de "ruiner les pays en développement".
"Nous ne devrions pas être endettés auprès des mêmes institutions qui prétendent alléger la dette et promouvoir le développement, avant de créer encore davantage de dette pour ces pays", a-t-il déclaré.
De brèves échauffourées avaient éclaté jeudi lorsque la police avait empêché des manifestants d'accrocher une banderole à une passerelle, mais aucun incident n'a été signalé vendredi matin.