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La police a utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau face à des centaines de manifestants rassemblés pour la sixième journée consécutive dimanche à Tirana pour demander le départ du Premier ministre Edi Rama, qui a exclu de démissionner, a constaté l'AFP.
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La capitale albanaise est depuis mardi le théâtre de manifestations violentes qui ont rassemblé des milliers de personnes qui protestent contre les conditions d'étude dans les universités, les frais d'inscription élevés et la corruption.
Des centaines de manifestants se sont rassemblés dimanche à la mi-journée devant le ministère de l'Éducation, appelant le Premier ministre à démissionner.
La police est intervenue pour repousser la foule en usant de canons à eau et de gaz lacrymogènes. Plusieurs manifestants ont été interpellés.
Dans une déclaration vidéo de plus d'une heure diffusée sur Facebook, Edi Rama a exclu de démissionner, affirmant que les manifestations étaient le résultat de l'action de "forces extérieures".
Dans le centre-ville, de nombreux commerces et bâtiments avaient protégé leurs portes et vitrines avec des volets métalliques.
Tirana a connu samedi les violences les plus importantes depuis le début du mouvement. Des manifestants ont lancé des pierres, cocktails Molotov, objets métalliques et engins pyrotechniques en direction de la police. Ils ont mis le feu à des voitures et des poubelles et les ont érigées en barricades pour bloquer les policiers.
Pendant la nuit, plusieurs bâtiments, dont un tribunal, des banques et un bureau de poste, ont été incendiés ou gravement endommagés.
La police a tiré des balles en caoutchouc contre les manifestants pour la première fois depuis que le mouvement a commencé, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Selon un rapport dimanche du ministère albanais de la Santé, 65 personnes ont été blessées, dont 37 policiers. Douze ont été hospitalisés.
Depuis mardi, 272 personnes ont été blessées, dont 169 policiers, selon le gouvernement.
L'ambassade des États-Unis à Tirana a appelé samedi soir sur X au "calme" et à la "retenue des deux côtés", exhortant les citoyens à "exercer leur droit de protester de manière pacifique, sans émeutes violentes".
Ces troubles interviennent après plusieurs mois de manifestations antigouvernementales dans ce pays des Balkans, initialement déclenchées par un projet de complexe touristique controversé lié à la famille du président américain Donald Trump.