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Quelque 11.000 personnes selon les autorités, 26.000 selon les organisateurs, ont manifesté samedi dans le calme à Orléans contre le congrès du Rassemblement national lors d'une nouvelle journée de mobilisation sous haute surveillance partout en France.
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Au lendemain des tirs meurtriers dans les Yvelines, plusieurs responsables de gauche ont épinglé le climat raciste et islamophobe créé selon eux par le RN.
"C'est le énième attentat raciste, xénophobe (...) Désormais nous devons agir et, agir, c'est bien sûr être aujourd'hui nombreux" à Orléans, a déclaré le maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko.
"Il y a la République et il y a les racistes en face de nous", a déclaré à l'AFP le maire de cette commune, Ali Rabeh, également présent dans la manifestation. "Quand (Jordan) Bardella et Marine Le Pen disent que Trappes, c'est Kaboul, c'est une république islamiste, eh bien oui, on peut avoir un type à côté de Trappes qui se dit que c'est son rôle de faire la guerre à une république islamiste", a-t-il lancé.
Le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure et la députée écologiste Clémentine Autain figuraient aussi en tête de cortège.
"Macron démission, Le Pen en prison", a scandé la foule. "Plus chauds que les fachos", "la jeunesse emmerde le Rassemblement national", pouvait-on lire sur des pancartes.
Les manifestants se sont dispersés dans le calme en début d'après-midi pour se rendre dans un "village antifasciste" installé à Orléans, loin du congrès du RN, comprenant des stands associatifs et des ateliers.
- "Banalisation de l'extrême-droite" -
"Je suis venu pour dénoncer ce congrès et la banalisation de l'extrême droite dans notre pays où la haine raciste et islamophobe a tué. Arrêtons d'avoir peur, il est encore temps de battre le RN", a déclaré à l'AFP Romain Ruiz, un avocat âgé de 36 ans.
Soit près de 3.000 hommes "bien équipés" avec deux blindés Centaure, des engins lanceurs d'eau, des hélicoptères et des drones, prêts à contenir les 2.000 à 3.000 "éléments radicaux" qui pourraient se fondre dans la masse, selon les autorités.
Au sommet de l'exécutif, on s'inquiète de ce congrès qui pourrait agir "comme un pot de miel" pour "tous les dingues" prêts à en découdre, qu'ils soient d'ultragauche ou d'ultradroite.
Le maire (DVD) d'Orléans, Serge Grouard, a annoncé l'instauration d'un couvre-feu sur l'ensemble de la commune durant les deux prochaines nuits pour les mineurs de moins de 15 ans.
Commerces fermés, transports publics à l'arrêt, la ville s'est préparée à de possibles violences.
- Rassurer les troupes -
De l'autre côté de la Loire, calfeutrés dans l'enceinte du Zénith, 5.000 militants et cadres du RN ont rendez-vous à partir de 14H30 pour réélire leur président Jordan Bardella, seul candidat à sa succession.
L'absence de suspense n'a pas empêché plus de deux tiers (68%) des adhérents de participer au vote, qui doit aussi renouveler les instances internes. L'autoproclamé "premier parti de France" et ses 160.000 membres revendiqués apparaissent donc soudés derrière leur chef, pourtant fragilisé ces dernières semaines par des accusations d'antisémitisme - qu'il conteste farouchement.
Les sondages placent plus que jamais Marine Le Pen largement en tête au premier tour et gagnante face à tous ses adversaires potentiels au second.
Une avance qu'elle va exploiter dimanche pour son premier grand meeting de campagne au Co'Met, arène de 10.000 places qu'elle espère voir remplie, malgré les "messages de crainte" remontés de la base jusqu'à la direction du RN après les violences du weekend dernier.
La candidate s'est employée à rassurer ses troupes, affirmant qu'elle n'avait "pas d'inquiétude" quant à la bonne tenue de l'événement.
"C'est un peu la campagne à venir qui se joue", a estimé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, venu lui-même "inspecter le dispositif" vendredi, tandis que le préfet Hugues Moutouh a interdit toute manifestation dimanche dans une grande partie de l'agglomération orléanaise.
Marine Le Pen entend se présenter à Orléans en garante d'une "France apaisée", porteuse d'une promesse de "renaissance" dont elle fera le thème central de son discours.