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Les dirigeants des principales puissances du monde - à l'exception notable de Donald Trump - ont félicité lundi le président brésilien de gauche Luiz Inacio Lula da Silva pour sa réélection, contestée par son rival conservateur Flavio Bolsonaro.
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"La démocratie et le multilatéralisme ont gagné au Brésil", s'est félicitée la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à propos de la victoire de son "ami" Lula, et le président français Emmanuel Macron a appelé à faire "vivre l'amitié entre nos deux pays au service d'un monde plus juste" face aux "grands défis de notre temps".
Le Brésil n'a finalement pas viré à droite comme l'Argentine, le Chili ou encore la Colombie, tous soutenus par le président américain Donald Trump, qui avait salué la "grande victoire" de Flavio Bolsonaro à l'issue du premier tour, mais n'a pas réagi aux résultats du second.
Même si Lula devra composer avec un parlement nettement à droite, le Brésil reste l'un des rares pays dirigés par la gauche en Amérique latine. Et le Premier ministre espagnol socialiste, Pedro Sanchez, a d'ailleurs perçu dans cette "grande victoire" le début de "la remontada du progressisme mondial".
Les présidents de droite (Chili, Pérou, Équateur) ont assuré vouloir continuer à travailler à des objectifs communs avec le géant de la région.
Pékin s'est dit prêt à "continuer" à travailler avec le Brésil, tandis que le Premier ministre indien Narendra Modi a salué la victoire "remarquable" de son "cher ami", avec lequel il compte continuer à "faire progresser les priorités communes du Sud".
Moscou a loué pour sa part les efforts du président brésilien "non seulement pour le développement des relations bilatérales" avec la Russie, mais aussi pour la poursuite des processus de coopération "sur la scène internationale".
Avec 51,8 % des voix contre 48,2 % pour le sénateur Flavio Bolsonaro, le vétéran qui aura 81 ans mardi a déjoué tous les pronostics. Et a conquis 4,4 millions de voix de plus que son adversaire.
Il avait été devancé au premier tour par le fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022), condamné pour tentative de coup d'État : c'est la première fois qu'un candidat parvient à renverser la vapeur au second tour depuis la fin de la dictature militaire (1964-1985).
Les Brésiliens "sont allés voter parce que nous avons réussi à les convaincre que le vote était très important pour garantir la démocratie", a lancé Lula depuis la mégapole Sao Paulo.
- "Impossible de reconnaître les élections" -
Pour son quatrième mandat, la marge de manoeuvre de Lula s'annonce limitée après le raz-de-marée conservateur aux législatives il y a trois semaines.
La campagne a montré combien le pays reste divisé et une querelle judiciaire a même perturbé la journée électorale. Sur décision d'un juge de la Cour suprême, le vote a été prolongé de deux heures.
L'équipe de Lula avait déposé un recours en dénonçant le fait que des électeurs avaient été empêchés de voter car des bus avaient été retirés de la circulation dans certaines villes, notamment dans son fief du Nord-Est.
"Il est impossible de reconnaître les élections", a dénoncé Flavio Bolsonaro, visage fermé, après la proclamation des résultats. Depuis Brasilia, il a fustigé une "magouille".
Son camp avait pourtant également réclamé une prolongation du vote dans deux régions, en raison de "pluies intenses".
Son père avait lui aussi refusé de reconnaître sa défaite en 2022 face à Lula. Il purge en résidence surveillée une peine de 27 ans de prison, pour avoir cherché à s'accrocher au pouvoir après sa réélection manquée.
Du point de vue personnel, la réélection de l'icône de gauche couronne une trajectoire hors du commun. Et est un ultime pied de nez au destin pour l'ancien gamin pauvre du Pernambouc (nord-est).
Il détenait déjà un record : aucun président démocratiquement élu n'a dirigé aussi longtemps le Brésil.
Celui qui est un des dirigeants les plus âgés au monde aura 85 ans au terme de son dernier mandat en 2030. Il totalisera ainsi 16 années au pouvoir, après un premier passage à la présidence de 2003 à 2010.
Lula a conjuré l'usure du temps et une lassitude très forte à l'égard de son Parti des travailleurs (PT).
Le PT reste associé par beaucoup aux scandales qui l'ont abîmé dans les années 2000.
Son leader lui-même a connu l'opprobre d'une condamnation pour corruption qui lui a valu la prison en 2018-2019, avant d'être annulée pour motifs de procédure.
Durant sa campagne, le vieux lion a brandi l'étendard de la souveraineté, face aux pressions commerciales et diplomatiques des États-Unis.