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Certains sont allés jusqu'aux Champs-Elysées perturber la circulation, d'autres ont défilé dans les manifestations autorisées, mais les participants aux convois anti-pass, partis de toute la France, n'ont pas bloqué Paris comme ils le voulaient.
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Parmi elles, une figure emblématique des "gilets jaunes" Jérôme Rodrigues, en tant qu'organisateur d'une manifestation interdite par le préfet de police de Paris, selon une source policière.
Rassemblement hétéroclite d'opposants au président Emmanuel Macron, au pass vaccinal et de "gilets jaunes", ceux qui se font appeler "convois de la liberté" se sont constitués sur le modèle de la mobilisation qui paralyse actuellement la capitale canadienne Ottawa.
Voitures, camping-cars et camionnettes sont partis de Nice, Lille, Strasbourg, Vimy (Pas-de-Calais) ou encore Châteaubourg (Ille-et-Vilaine) pour rejoindre la capitale à vitesse réduite sur des routes secondaires.
"Il y a eu quelque chose d'extraordinaire sur la route (...) Des gens nous ont fait des signes, on a même vu un maire avec son écharpe nous faire de grands signes. Une ambiance de folie!", a témoigné auprès de l'AFP Jean-Pierre Outrequin, Perpignanais de 65 ans, finalement arrivé sur les Champs-Elysées.
Vers 14H00, plus d'une centaine de véhicules ont rejoint les Champs-Elysées, des automobilistes, certains désormais à pied, agitant des drapeaux ou scandant "liberté".
La situation s'est ensuite tendue: la place de l'Arc de Triomphe puis l'avenue ont progressivement été évacuées par les forces de l'ordre à coups de gaz lacrymogènes.
"Le Covid et l'histoire du pass, c'est la énième anti-liberté de notre pays. Vous vous rendez compte qu’en Europe, on a créé la liberté de circulation et on se fait contrôler par les CRS, on n'a pas le droit d'être là, de porter un drapeau", a déclaré à l'AFP Daniel Bravo, manifestant de 61 ans.
La circulation était progressivement rétablie en fin de journée sur cette avenue, mais des accrochages sporadiques continuaient en début de soirée.
- Pouvoir d'achat -
D'autres personnes venues avec les convois anti-pass et affirmant défendre "la liberté" mais aussi le pouvoir d'achat, ont également rejoint les traditionnelles manifestations pour protester contre le pass vaccinal autorisées samedi à Paris.
A la mi-journée, quelques centaines de personnes étaient rassemblées place d'Italie pour une manifestation de "gilets jaunes" en direction de la place de la Nation. Dans le cortège, au milieu de quelques drapeaux français, Jean-Paul Lavigne, 65 ans, dont 40 ans d'usine, est venu d'Albi dans un des "convois de la liberté" jeudi.
Tenant un drapeau occitan, il a expliqué vouloir manifester contre la hausse des carburants, de l'électricité, de l'alimentation, mais aussi contre les vaccins, "un mensonge de notre gouvernement".
"Tous avec les convois", entendait-on au mégaphone dans un autre rassemblement, celui organisé par le mouvement Les Patriotes de Florian Philippot, place du Palais Royal.
Aurélie M., 42 ans, assistante de direction en région parisienne, non vaccinée, se désole de "ne plus pouvoir prendre le TGV (...) mais de pouvoir emprunter la ligne 13 de métro, bondée". "Il y a plein d'incohérences injustes", dénonce-t-elle, sans vouloir donner son nom.
- "Collectivement fatigués" -
Un convoi de 300 véhicules a été stoppé sur l'autoroute A4, venue de l'Est parisien, et les forces de l'ordre ont verbalisé des véhicules selon la préfecture de police, comme elles l'avaient fait plus tôt dans la journée porte de Saint-Cloud.
Autre convoi qui n'a pas atteint Paris, environ 400 véhicules étaient stationnés à la mi-journée dans la forêt de Fontainebleau, selon une source policière. Un millier d'opposants au pass vaccinal y ont pique-niqué dans une ambiance bon enfant.
Les mobilisations autorisées contre les mesures sanitaires ont rassemblé 32.100 manifestants samedi en France, dont près de 7.600 à Paris, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. Des chiffres qui ne comprennent pas l'opération autoproclamée "convois de la liberté", qui était interdite.
L'interdiction de rassemblement des convois, maintenue vendredi soir par le tribunal administratif de Paris qui a rejeté deux recours, a été confirmée samedi soir par le Conseil d'État, selon la préfecture de police.
"Le droit de manifester et d'avoir une opinion sont un droit constitutionnellement garanti dans notre République et dans notre démocratie. Le droit de bloquer les autres ou d'empêcher d'aller et venir ne l'est pas", a estimé Jean Castex.
A deux mois de l'élection présidentielle, le gouvernement affirme envisager pour fin mars ou début avril la levée du pass vaccinal et compte supprimer dès le 28 février l'obligation de porter un masque dans les lieux où le pass est exigé.
Samedi soir, le ministère a assuré rester "concentré et mobilisé car le week-end n’est pas fini".
Quelque 7.500 membres des forces de l'ordre sont mobilisés par la préfecture de police de Paris depuis vendredi jusqu'à lundi, les convois anti-pass ayant prévu de gagner Bruxelles lundi.