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Médecins, infirmiers ou encore employés chargés de la désinfection: à Bunia en Ituri, province épicentre de l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC), les premiers volontaires parmi les personnels en première ligne de la région ont été vaccinés samedi, dans le cadre d'un essai clinique, ont constaté des journalistes de l'AFP.
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Le vaccin administré est l'Ervebo. Son efficacité est prouvée sur la souche Zaïre du virus à maladie Ebola, la plus fréquemment rencontrée par le passé. L'essai clinique, ciblant 20.000 personnes et programmé sur neuf à douze mois, doit désormais déterminer s'il peut également protéger contre la souche Bundibugyo, à l'origine de l'épidémie en cours et contre laquelle il n'existe à ce jour aucun traitement, ni vaccin spécifique.
La RDC est en proie à la 17e épidémie de maladie Ebola de son histoire, devenue en quelques mois la plus meurtrière jamais connue dans le vaste pays d'Afrique centrale.
Partie de la province de l'Ituri et déclarée officiellement mi-mai, l'épidémie a déjà causé 3.639 décès et contaminé 7.541 personnes, soit un taux de létalité de 48,3%, selon le dernier bilan de l'Institut national de santé public congolais (INSP) publié samedi. Quelque 1.823 personnes ont été déclarées guéries. Le virus est présent dans sept provinces.
La riposte sanitaire a été laborieuse. Par manque de moyens, dans une région reculée et où la présence de groupes armés complique les déplacements, mais aussi à cause d'une grande défiance des populations locales qui a conduit, à plusieurs reprises au cours des derniers mois, à des violences ciblant des personnels humanitaires et des structures de soins.
- Pas "sous contrôle" -
Après un accroissement rapide, le nombre de cas connaît un "plateau", a souligné jeudi lors d'un briefing le patron de l'agence de santé de l'Union africaine (Africa CDC), Jean Kaseya, mais "personne ne peut venir dire que l'épidémie est sous contrôle", a-t-il martelé, contredisant de récentes déclarations du gouvernement congolais.
Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque une grave fièvre hémorragique, a tué plus de 15.000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années.
Samedi, sous des tentes installées devant le laboratoire de la capitale provinciale Bunia, les personnels soignants ont, l'un après l'autre, retroussé une manche.
"Nous sommes tous les jours en contact avec les malades et il est important que nous soyons protégés pour pouvoir ensuite protéger nos patients", a dit, soulagée, Annie Banage, infirmière dans un centre de santé Ebola, interrogée par l'AFP.
Quelque 70.000 doses d'Ervebo, provenant du stock mondial de vaccins contre Ebola, ont été allouées en août à la RDC. Plus de 3.000 personnes ont déjà été vaccinées dans la province de la Tshopo (nord-est) et plus de 700 dans le Bas-Uélé (nord), dans le cadre de l'essai clinique, selon l'INSP.
"Ce vaccin est efficace contre la souche Zaïre, mais nous ne savons pas à quel pourcentage il pourrait être efficace contre la souche Bundibugyo", a reconnu samedi devant la presse le Pr Steve Ahuka, responsable de la riposte sanitaire en RDC.
Mais il "pourrait offrir un certain niveau de protection croisée contre le virus Bundibugyo", a expliqué la Dr Nana Mimbu, coordonnatrice pour la recherche chez l'ONG Médecins sans frontières (MSF), présente sur le terrain.