JO-2026: Julia Simon "dans les temps" pour décrocher une médaille / Photo: Radek MICA - AFP/Archives
La biathlète Julia Simon estime être "dans les temps" à deux jours de l'ouverture des JO de Milan Cortina, après un début de saison retardé par une suspension d'un mois, conséquence de sa condamnation pour vol et fraude à la carte bancaire, puis par des pépins physiques.
La Française la plus titrée de l'histoire des Mondiaux (10 sacres dont quatre individuels) estime avoir "digéré" cette mise à l'écart et rêve désormais de décrocher un titre aux Jeux, le seul qui manque à sa collection, a-t-elle expliqué dans un entretien accordé à l'AFP.
QUESTION: A Hochfilzen (en Autriche, mi-décembre) vous disiez que le point d'orgue de cette saison était en février. Avez-vous l'impression d'être dans les temps que vous vous étiez fixés ?
REPONSE: "Oui, je pense que je suis dans les temps. La forme est montée progressivement. Je me suis fait un petit peu ralentir par la maladie en janvier. Ça m'a demandé de la patience, mais le travail de toute la prépa a été bien fait et j'ai continué à monter en puissance de course en course."
Q: Le succès dans la mass start de Nove Mesto, la dernière course de Coupe du monde avant les JO, a-t-il été important dans votre chemin vers Anterselva ?
R: "En toute honnêteté, ce succès me soulage un petit peu. Il est venu vraiment valider tout ça, avec une course qui était très électrique, où ça demandait d'aller au bout avec un très beau finish. Ce sont des courses qui m'animent, donc c'est aussi une grande fierté. Que ce soit avant les Jeux ou pas car je ne me suis pas projetée tout de suite en me disant +c'est parfait, c'est la dernière avant les Jeux+. J'ai juste savouré."
Q: Votre début de saison a aussi été retardé par votre condamnation à trois mois de prison avec sursis pour vol et fraude à la carte bancaire puis votre suspension d'un mois par la Fédération française de ski. Cette mise à l'écart a-t-elle été difficile à digérer ?
R: "Je l'ai digérée. Après difficile, oui et non. Finalement, je me suis bien entraînée. J'ai eu de la bonne communication avec les coachs, donc je savais que je devais être patiente. Je me suis bien entourée de ma famille. J'ai passé des bons moments avec mes amis, avec mes soeurs. J'ai pris l'énergie des personnes que j'aime et je me suis toujours sentie épanouie dans mon sport et animée par l'envie de revenir. Je pense que c'est vraiment l'amour de mon sport qui me tient."
Q: Vous vous sentez plutôt en position d'outsider ou de favorite avant les JO ?
R: "Depuis le début de saison, je ne suis pas la Française la plus en vue donc je ne pense pas arriver en favorite. Après, ça m'est égal l'étiquette qu'on me met parce que je suis +focus+ sur moi, je sais ce que j'ai à faire et c'est tout ce qui m'importe."
Q: Vous avez quasiment tout gagné dans votre carrière sauf un titre olympique. Cela vous motive?
R: "Il me manque ce titre olympique. Bien sûr, c'est ce qui m'anime énormément. C'est quelque chose qui viendrait valider une très belle carrière. Ça fait des années que je bosse mais ce n'est pas non plus une fin en soi."
Q: Cela change quelque chose de venir à Anterselva, un site que vous connaissez par coeur ?
R: "C'est vrai que je n'ai pas l'impression d'aller aux Jeux olympiques pour le moment. Et c'est plutôt agréable de ne pas se dire qu'on a un voyage de 15 heures d'avion. On va être dans une ambiance européenne où ça vibre pour le sport d'hiver. Ça fait du bien. Ces Jeux olympiques me font bien plus vibrer que les derniers (à Pékin en 2022) où, finalement, c'était un peu triste."
Q: Avez-vous déjà envisagé l'après-JO ?
R: "Pour le moment, j'avoue que je ne sais pas trop. Je ne vais pas arrêter après les Jeux. Ce n'est pas le plan. Par contre, en fonction de comment se passeront les Jeux, bien ou pas bien, j'aurai besoin d'une pause, d'un très gros break. Je verrai vraiment le moment venu."
Propos recueillis par Arthur Connan
A.Peeters--LCdB