En route pour la razzia ? Le skieur suisse Marco Odermatt, N.1 mondial depuis quatre ans, attaque samedi son gargantuesque menu olympique avec la course reine des Jeux: la descente sur l'exigeante Stelvio à Bormio.
A 28 ans, Odermatt peut viser trois voire quatre médailles d'or olympiques ces huit prochains jours avec les épreuves de descente samedi, de super-G mercredi et de géant le samedi suivant, auxquelles il ajoutera peut-être lundi le combiné par équipes, nouveau format où un descendeur et un slalomeur courent en duo.
"J'ai gagné dans toutes ces disciplines cette saison donc techniquement, c'est possible de remporter ces médailles mais pour une victoire, tout doit s'aligner. Ce ne sera pas facile", a estimé mercredi après le premier entraînement le natif du Nidwald, champion olympique du géant en 2022.
S'il espère une razzia à Bormio, l'homme aux 53 victoires en Coupe du monde a quand même ses priorités. Et pour lui, la course la plus importante est la descente, la discipline reine du ski qui l'obsède depuis maintenant plusieurs hivers et sur laquelle il a mis l'accent à l'entraînement.
- "Tout donner" dès la première course -
"J'ai déjà la médaille d'or en géant donc je préfèrerais avoir celle en descente, aussi parce que c'est la discipline reine", a-t-il affirmé jeudi en conférence de presse.
"C'est cool que ça débute avec la descente car on peut vraiment tout donner pour cette course. Et après, que ça marche ou pas, il reste encore deux ou trois chances de victoire", a apprécié le Suisse.
Champion du monde de la descente en 2023 alors qu'il ne s'était encore jamais imposé dans la spécialité sur le circuit Coupe du monde, Odermatt a réussi ces trois derniers hivers à devenir incontournable dans la discipline qu'il priorise désormais au géant.
S'il a remporté la quasi-totalité des descentes les plus prestigieuses du circuit, "Odi" ne s'est imposé qu'en super-G sur l'exigeante Stelvio de Bormio, où se déroulent les épreuves masculines de ski alpin.
"Malgré tout, j'aime beaucoup cette piste", a souligné Odermatt. "J'y ai fait mon premier podium en descente et deux fois (en 2021 et en 2023), j'ai raté la victoire d'un rien."
Si Odermatt fait évidemment partie des têtes d'affiche samedi, ses principaux rivaux seront ses propres coéquipiers : le champion du monde Franjo von Allmen et le dernier vainqueur à Bormio, Alexis Monney.
- "Surprise" -
"Bien sûr que je veux gagner, on est aux JO, inutile de dire quel est l'objectif", a assuré von Allmen, ravi de prendre moins la lumière que son coéquipier.
"Pour l'instant sur la descente, (Odermatt) est premier, moi deuxième avec beaucoup de points de retard. Mais c'est une bataille sur chaque course. Et après on se bat à coups de poing... Non je plaisante !"
Les Suisses se savent favoris mais restent attentifs aux Italiens, également très en forme et forcément surmotivés à domicile.
Révélation de l'hiver en descente, Giovanni Franzoni participe à ses premiers Jeux olympiques à 24 ans après avoir gagné la descente de Kitzbuhel devant Odermatt. Quant à Dominik Paris, de douze ans son aîné, il est chez lui à Bormio, où il s'est imposé sept fois en Coupe du monde.
Les Italiens "ont été de plus en plus forts en janvier", note Odermatt. "Dominik (Paris) est un prétendant évident au titre et (Giovanni) Franzoni est le skieur qui monte. Il n'a rien à perdre et il est très en forme. Un skieur comme ça peut toujours créer la surprise."
D'autant que selon Odermatt, "les Jeux olympiques sont quand même un monde très différent."
"Le jour de la course, il n'y a que ça qui compte. Il n'y a pas de points, il n'y a pas de classement (pour le globe), beaucoup de skieurs n'ont rien à perdre et seule la médaille compte. Forcément, ça ouvre la porte à des surprises", estime-t-il.
J.Jaspers--LCdB