Moins de trois mois après le sacre sur le fil du Britannique Lando Norris (McLaren), la Formule 1 lance cette semaine une saison 2026 qui s'annonce remplie d'inconnues en raison d'une nouvelle réglementation technique qui pourrait rebattre les cartes dans le paddock.
Après s'être offert un anniversaire en grande pompe à l'occasion de ses 75 ans en 2025, la F1 a décidé cette année de bouleverser ses monoplaces avec un changement technique considéré comme le plus important jamais connu par la discipline reine du sport automobile.
Moteurs (désormais 50% thermique et 50% électrique), châssis, aérodynamique, pneus, carburants: tout ou presque va changer cette année dans les monoplaces qui sont désormais plus légères mais moins rapides, au grand dam de certains pilotes.
Le paddock accueille par ailleurs une onzième écurie, l'équipe américaine Cadillac, motorisée par Ferrari en attendant de produire ses propres moteurs à partir de 2028.
Comme souvent, il est difficile de voir une hiérarchie se dessiner après les essais d'avant saison, tant certaines équipes cachent leur jeu et se lancent dans des parties de poker-menteur en désignant tel ou tel concurrent comme le plus rapide.
Toutefois, il semblerait que les quatre meilleures écuries des deux dernières saisons, à savoir McLaren, Red Bull, Mercedes et Ferrari, disposent toujours d'un avantage conséquent sur leurs concurrents.
- Ferrari impressionne -
"C'est triste parce que je m'étais dit que la hiérarchie serait sûrement un peu chamboulée et qu'on pourrait peut-être avoir une chance d'être aux avant-postes... Mais non, il y a toujours les quatre mêmes devant donc c'est un peu décevant", a déploré auprès de l'AFP le Français Esteban Ocon.
"Ça prouve que peu importe la réglementation, les équipes avec le plus de ressources seront toujours devant", a ajouté le Tricolore, qui disputera sa dixième saison en F1, la deuxième sous les couleurs de l'équipe américaine Haas.
La Scuderia, qui reste sur plusieurs saisons décevantes, pourrait enfin retrouver le devant de la scène, elle qui court après un titre mondial depuis 2007 chez les pilotes et 2008 chez les constructeurs.
La monoplace rouge semblait en effet rapide à Bahreïn et elle avait visiblement un net avantage lors des simulations de départ, qui seront beaucoup plus compliqués cette année avec les moteurs à moitié électriques.
L'écurie italienne a innové avec notamment un turbo plus petit que celui des monoplaces concurrentes, ou un aileron arrière réversible testé sur le circuit de Sakhir.
McLaren, détentrice des titres pilotes et constructeurs, devrait encore jouer les premiers rôles cette saison mais elle n'aura peut-être plus l'avantage dont elle disposait depuis un an et demi.
- Casse-tête logistique -
Mercedes fait aussi figure de favori après des essais réussis, même si l'équipe allemande n'a cessé de désigner ses adversaires comme meilleurs qu'elle.
Red Bull, qui avait failli arracher la couronne pilotes en décembre au prix d'un retour tonitruant du Néerlandais Max Verstappen, qui a échoué à seulement deux points de Norris, aura probablement encore son mot à dire.
Avec un nouveau moteur réalisé en partenariat avec Ford et le jeune Français Isack Hadjar désormais dans ses rangs, l'équipe autrichienne semble toujours très performante.
"Nous avons rencontré très peu de problèmes. Je trouve assez remarquable que nous ayons réussi à bien maîtriser la situation", a souligné +Mad Max+ après les essais à Bahreïn.
L'ambitieuse écurie anglaise Aston Martin semble en revanche à des années lumières des meilleures équipes avec la première monoplace conçue par l'ingénieur Adrian Newey, récemment promu directeur de l'équipe.
Côté français, Alpine, qui avait sacrifié la saison 2025, achevée à la dernière place du classement des constructeurs, pour tout miser sur la nouvelle voiture 2026, s'en est plutôt bien tirée à Bahreïn avec son nouveau moteur Mercedes et tentera de confirmer dans les semaines à venir.
Il faudra toutefois attendre quelques courses pour voir une tendance se dégager car le résultat du premier Grand Prix ne présagera pas forcément de la suite de la saison.
Pour rejoindre Melbourne les membres du personnel de la F1 et des écuries ont dû faire face à un casse-tête logistique, avec des dizaines de vols annulés en raison des frappes en Iran et du chaos au Moyen-Orient. Mais tout devrait être prêt pour le premier Grand Prix de la saison, selon l'organisation de la course australienne.
J.Hermans--LCdB