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Le créateur de ChatGPT, OpenAI, a lancé mardi un modèle d'intelligence artificielle (IA) moins coûteux et des outils travaillant en continu, ambitionnant de devenir une sorte d'App Store de l'IA, en plein remous sur les dérapages de cette technologie.
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L'entreprise va permettre à d'autres sociétés, comme Adobe, de proposer leurs logiciels directement dans ChatGPT, utilisé chaque semaine par 1,2 milliard de personnes. Ses abonnés pourront aussi utiliser leur forfait dans d'autres applications, une option sans équivalent chez ses rivaux.
"C'est désormais une grande plateforme, et nous voulons vous permettre d'y bâtir une activité", a lancé le patron d'OpenAI, Sam Altman, aux quelque 2.500 développeurs du monde entier réunis au bord de la baie de San Francisco pour la conférence annuelle de l'entreprise.
Sur scène, le dirigeant de 41 ans n'a fait aucune allusion aux multiples incidents de sécurité qui ont contraint OpenAI à suspendre de nouveau vendredi une partie de son développement, après qu'un de ses agents a accédé sans autorisation à internet.
Devant la presse ensuite, il a reconnu qu'amener les modèles au niveau suivant allait "prendre du temps", afin que "l'alignement, la surveillance, la sûreté et la sécurité restent bien en avance sur les capacités".
Longtemps en tête du secteur, grâce au chatbot le plus utilisé au monde, OpenAI a vu son rival Anthropic, qui a ciblé en priorité les professionnels de l'informatique, le dépasser en chiffre d'affaires au deuxième trimestre, avec 11,6 milliards de dollars contre 6,7 milliards, selon le Wall Street Journal.
La vingtaine d'innovations techniques dévoilées mardi par OpenAI s'inscrivent dans la stratégie développée la veille par un investisseur d'OpenAI, David George, dans un texte relayé par Sam Altman : les modèles d'IA étant devenus interchangeables, l'avantage d'OpenAI tiendrait selon lui à son audience inégalée.
À l'entrée du site de la conférence, une trentaine de manifestants ont accueilli les participants: "Sam Altman, lâche l'affaire, mets l'humain avant le profit", clamaient-ils, exigeant qu'OpenAI renonce à ses contrats avec l'armée américaine et la police de l'immigration (ICE).
- "Nouvelle renaissance" -
À l'intérieur, les développeurs ont surtout plébiscité l'arrivée des "dots" : ces nouveaux agents d'IA -- des logiciels capables d'enchaîner seuls des tâches -- disposent de leur propre ordinateur à distance pour tourner en continu et peuvent trier les courriels, gérer l'agenda ou réserver une table au restaurant pour leur utilisateur, en lui demandant son accord pour les actions sensibles.
Réservés aux abonnements haut de gamme, ils ne sont pas encore accessibles aux particuliers dans l'Union européenne, en Suisse et au Royaume-Uni pour des raisons réglementaires qu'OpenAI espère régler dans les prochaines semaines.
Ces outils rivalisent avec Muse, l'agent gratuit lancé début septembre par Meta, ou encore Spark, celui de Google.
La conférence n'a apporté aucun indice nouveau sur l'objet connecté que prépare OpenAI, attendu pour 2027. Sur ce terrain, Meta a pris les devants en annonçant la semaine dernière Muse Charm, un petit appareil dédié à l'IA, attendu en décembre.
Sam Altman a conclu une heure de présentation sur scène en rejetant la comparaison de l'avènement de l'IA avec la révolution industrielle, qu'il juge "plutôt rebutante", préférant le décrire comme "une nouvelle renaissance".
– "Décevoir Wall Street" –
Face aux journalistes, il a assuré qu'OpenAI investissait "davantage dans la sûreté, la sécurité, l'alignement et la surveillance", tout en promettant "de nouveaux modèles majeurs, bien sûr". Sam Altman a dit rejeter aussi bien ceux qui veulent "foncer à toute vitesse" que ceux qui réclament de "tout arrêter maintenant".
Le président et cofondateur d'OpenAI, Greg Brockman, était mardi à la Maison Blanche où Donald Trump a affirmé que les grands patrons de l'IA avaient signé "un accord contraignant sur le plan moral" pour réguler le secteur.
Là où Anthropic vise une introduction en Bourse dès novembre, Sam Altman a redit qu'il ne souhaitait pas de cotation dans l'immédiat pour OpenAI: "Décevoir Wall Street certains trimestres au nom de la sécurité" pendant "cette transition vers des modèles très puissants" lui "paraît malavisé".
OpenAI cherche toutefois à lever au moins 30 milliards de dollars hors marché sur la base d'une valorisation d'environ 1.400 milliards, contre 852 en mars, selon Bloomberg.