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Le principal suspect était toujours en fuite près de 24 heures après la spectaculaire tentative d'assassinat à l'engin piégé qui a grièvement blessé un richissime homme d'affaires d'origine ukrainienne et deux membres de sa famille à Monaco.
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Les forces de l'ordre de la petite principauté et françaises sont lancées aux trousses de l'homme, pantalon clair, haut et bob noir lui dissimulant une partie du visage, filmé par les caméras de vidéo surveillance après avoir déposé un engin explosif dans le hall d'entrée d'un petit immeuble tout proche de la frontière avec la France, qui n'est pas matérialisée.
Les autorités monégasques se refusent toujours à confirmer l'identité des victimes, mais, selon différentes sources, l'attaque a visé Vadim Ermolaev, 58 ans, richissime homme d'affaires originaire d'Ukraine, mais ayant acquis la nationalité chypriote.
Résidant à Monaco, il fait l'objet depuis décembre 2023 de sanctions en vertu d'une décision du Conseil national de sécurité (NSDC) promulguée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour ses activités commerciales en Crimée, annexée par la Russie.
Les trois font partie d'une même "famille", selon le ministre d'État (chef du gouvernement) monégasque, Christophe Mirmand.
L'enquête a été ouverte notamment pour "tentative d'assassinat", a déclaré lors d'une brève conférence de presse le procureur général de Monaco, Stéphane Thibault, rejetant pour l'heure toute "qualification terroriste".
Les trois ont été touchés par l'explosion, vers 21H00 lundi, dans une séquence qu'a détaillée le procureur: "Nous avons un homme seul qui se présente devant cette adresse, qui dépose un colis qui est en cours d'identification (...) peu de temps avant que les trois occupants de l'appartement du rez-de-chaussée de cet immeuble se présentent à la porte. Le colis explose au moment où ces trois personnes arrivent."
Les vitres ont été soufflées jusqu'au premier étage par la force de l'explosion, a constaté l'AFP, des éclats ayant légèrement blessé deux personnes.
Le suspect a pris la fuite à pied en direction de la commune française de Beausoleil toute proche, a indiqué le procureur.
- Sans "signe d'inquiétude" -
Dans une chasse "coordonnée", forces françaises et monégasques sont "à sa poursuite pour l'identifier et l'interpeller, j'espère rapidement", a déclaré M. Thibault.
L'homme ciblé par la tentative d'assassinat est résident monégasque depuis au moins 2021, a souligné le procureur. "Nous n'avons aucune enquête le concernant à Monaco et, à notre connaissance, il n'est pas recherché par une autorité étrangère", a-t-il dit.
M. Mirmand a de son côté indiqué ne pas avoir connaissance de menaces particulières visant les victimes et que "le comportement de la famille avant de rentrer dans leur immeuble ne semblait pas témoigner de leur part de signe d'inquiétude. Ils étaient en tenue estivale, détendus et ne semblaient pas particulièrement précautionneux".
Cette tentative d'assassinat est un coup de tonnerre pour Monaco, micro-Etat méditerranéen ultrasécurisé de 2 km2 et d'à peine 40.000 habitants, une population internationale et souvent très aisée.
Le prince Albert II a dénoncé dans un communiqué "un crime odieux" qui représente "un choc pour toute la communauté monégasque". En milieu d'après-midi, le prince et la princesse Charlène "ont tenu à apporter leur soutien à toutes les équipes de la Sûreté Publique et de la Force Publique", selon un communiqué du Palais, en se rendant à un point de situation puis à la caserne des pompiers.
Avec des services de sécurité en nombre et un système de vidéosurveillance perfectionné, Monaco a longtemps maintenu l'image d'un havre de paix particulièrement sûr, même si quelques braquages sont venus troubler la quiétude ces dernières années.
"La Principauté de Monaco demeurera unie et déterminée face à la violence et au crime. La sécurité de notre communauté a toujours été une priorité", a promis le prince.
"Nous n'avons jamais eu, absolument jamais eu de choses comme ça", se désolait Isabelle Picard, ressortissante monégasque. "Moi, ce que je redoute, c'est qu'il vienne ensuite du monde se dire, tiens ils ont commencé, on va continuer. Où on va être en sûreté?"