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Ils barricadent leurs boutiques ou s'apprêtent à rejoindre des centres d'évacuation : les habitants de Guam et des îles Mariannes du Nord se préparent dimanche au passage d'un super typhon, "très dangereux" sur ces territoires américains du Pacifique.
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Le service météorologique américain (NWS) a jugé le typhon "très dangereux", mettant en garde contre l'arrivée de vents violents dès dimanche et de possibles dégâts "catastrophiques" à proximité du centre du phénomène météorologique.
"Des inondations importantes provoquées par des pluies torrentielles et une submersion côtière sont attendues", a averti l'organisme de prévision, qui s'attend à des vagues pouvant atteindre 10,7 mètres — la hauteur d'un immeuble de 10 étages — créant des conditions "extrêmement dangereuses" en mer.
Dimanche, les véhicules sont rares sur les routes de Guam alors que des pluies battantes et des vents violents balaient déjà l'île.
Environ 40.000 personnes vivent dans l'archipel des Mariannes du Nord. L'île voisine de Guam, un territoire américain distinct, compte environ 170.000 habitants et le grand pays le plus proche sont les Philippines, situées à environ 2.500 km à l'ouestGuam des Mariannes.
Ces territoires ont déjà été durement éprouvés en avril par le super typhon Sinlaku, qui a privé des dizaines de milliers de personnes d'électricité, déraciné des arbres, renversé des voitures et arraché les toits en tôle de nombreux bâtiments.
En 2023, Guam avait aussi subi les rafales destructrices du typhon Mawar, qui avait également provoqué des inondations et d'importantes coupures de courant.
Pinky Cubacub, 55 ans, s'est levée tôt samedi matin pour aller faire la queue dans un magasin, y acheter pour 500 dollars de contreplaqué, et barricader les fenêtres de son restaurant à Guam.
"Je ne peux pas me permettre de perdre tant de jours. C'est douloureux", confie-t-elle à l'AFP.
"Comme je viens juste d'ouvrir, tout ce qu'on gagne pour l'instant sert uniquement à payer le loyer, les charges, mes employés et mes fournisseurs. Je ne me paie même pas encore moi-même", dit-elle.
- Vols annulés -
Arabella Paulino, 48 ans, employée d'un centre d'appels, cherche à se rassurer : "Mes filles me disaient que ça faisait peur. Mais ça ira (...) Ma maison est en béton, donc le pire qui puisse arriver, c'est qu’une fenêtre explose".
Miku Sakurai, 25 ans, une touriste japonaise qui devait rentrer à Tokyo avec ses amis dimanche, a eu son vol annulé en raison de la météo. "Nous resterons à l'hôtel quand la tempête arrivera. Ca me fait peur", décrit à l'AFP la jeune femme, qui est, de son métier, employée de bureau.
Sur une plage de la baie de Talofofo, à Guam, une dizaine de surfeurs profitent malgré la situation des conditions de vent.
"Il y a pas mal de débris dans l'eau, mais c'est super", se vante l'un d'eux.
Des équipes de la protection civile locale, l'agence fédérale de gestion des urgences, étaient à pied d'oeuvre à Guam où un centre de distribution a été approvisionné avec 1,1 million de litres d'eau, 1,2 million de repas, 6.700 lits de camp et 90 générateurs.
Cinq centres d'évacuation ont également ouvert leurs portes dans des écoles, avec une capacité d'accueil de 1.900 personnes, principalement celles vivant dans des habitations vulnérables.
Dès samedi, des files de voitures se sont formées devant les stations-service à Saipan, dans les îles Mariannes du Nord, où les habitants se pressaient dans les magasins de bricolage à la recherche de planches pour protéger les habitations et dans les supermarchés pour faire des provisions de nourriture et d'eau en bouteille.
L'Organisation météorologique internationale (OMI) a averti vendredi que le phénomène climatique El Niño, qui survient généralement tous les deux à sept ans et dure neuf à douze mois, avait déjà commencé dans le Pacifique tropical.
Ce phénomène réchauffe les températures de l'eau dans le centre et l'est du Pacifique équatorial, modifiant à l'échelle mondiale les régimes de vents, de pression et de précipitations.