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Meilleur équilibre vie privée-vie professionnelle, facteur d'attractivité des nouveaux talents: dans deux PME où elle est expérimentée dans le sud de la France, la semaine de quatre jours séduit, même si on manque encore de recul sur ses effets à long terme.
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"On passe plus de temps dans l'entreprise que partout ailleurs. Donc, notre bien-être, celui des salariés, le mien, est primordial", s'enthousiasme Thomas Bergerot, directeur général de Radioshop, dans la périphérie de Montpellier.
En janvier 2021, après un référendum interne, cette société spécialisée dans la conception de programmes radio pour magasins est passée de 35 à 32 heures hebdomadaires, sur quatre jours de travail au lieu de cinq, sans baisse de salaire pour les 31 employés.
Plus de 47.000 km de trajets quotidiens par an ont été économisés, une bonne chose pour l'empreinte carbone, et la productivité est partie à la hausse. Le personnel a "appris à se réorganiser" en étant "plus concentré" sur les tâches essentielles, selon la direction.
"J'ai pu faire plus de sport et prendre soin de chez moi", apprécie l'une des techniciennes de l'entreprise, Marsia Ramaherison.
Parmi les derniers arrivés, Romain Castillo se souvient avoir été séduit par la formule lors de son entretien d'embauche: "Ca a introduit une notion nouvelle, avoir du temps pour moi réellement".
Autre PME de la région, Pro-Sima a franchi le pas des quatre jours par semaine en janvier. Mais, grâce à un "roulement des jours off", le service d'assistance de ce fournisseur de services informatiques reste ouvert sept jours sur sept.
La journée commence dorénavant 45 minutes plus tôt, à 08h15 au lieu de 09h00, pour se terminer comme avant à 18h00. La pause de midi a été réduite de deux heures à une heure.
- Nouvelles générations -
En échange de ces journées plus longues, "on a une journée libre pour organiser nos choses personnelles. Quand on est au travail, on est vraiment beaucoup plus concentré sur nos tâches", explique un salarié, Tom Cailhau.
"Ils sont très motivés, plus efficaces. Réellement, je le ressens dans les processus, la mise en place chez les clients,... Et, surtout, je les vois sourire", assure le patron, Nicolas Michel.
Historiquement porté par la gauche et les syndicats, le débat sur la réduction du temps de travail a refait surface dans le sillage des bouleversements dus aux confinements pendant la pandémie de Covid-19.
Il est porté par de nouvelles générations, en quête de sens et moins enclines au "présentéisme" et au sacrifice de la vie privée, et par des patrons désireux d'être attractifs dans des secteurs en difficulté de recrutement, souligne la professeure en management à l'Université de Montpellier Nathalie Commeiras.
Selon les pays et les entreprises, la semaine de quatre jours est expérimentée sous diverses formes, avec ou sans réduction du nombre d'heures prestées, avec ou sans maintien du salaire, relève-t-elle.
Une de ses conséquences, même si les études font encore largement défaut, est l'effet positif sur l'égalité hommes-femmes, puisque ces dernières peuvent opter pour des "temps-plein de quatre jours", comme les hommes, plutôt que d'être contraintes à un mi-temps, ajoute l’universitaire.
"A court terme, je pense que c'est +gagnant-gagnant+ puisqu'il y a des bénéfices pour les salariés et pour l'entreprise. Mais j'ai des doutes sur le moyen-terme: la surcharge de travail pourrait avoir des impacts notables sur le stress, causer des burn-out, un épuisement émotionnel et même physique", avertit Mme Commeiras.
Le passage à la semaine de quatre jours doit impérativement se fonder sur le "volontariat" et s'adapter aux différences sectorielles, souligne-t-elle.
"Il serait bien d'accompagner cette évolution d'une réflexion sur le contenu du travail, pas uniquement sa durée", ajoute la spécialiste.