Nutzen Sie La Quotidienne de Bruxelles mit personalisierter Werbung, Werbetracking, Nutzungsanalyse und externen Multimedia-Inhalten. Details zu Cookies und Verarbeitungszwecken sowie zu Ihrer jederzeitigen Widerrufsmöglichkeit finden Sie unten, im Cookie-Manager sowie in unserer Datenschutzerklärung.
Use La Quotidienne de Bruxelles with personalised advertising, ad tracking, usage analysis and external multimedia content. Details on cookies and processing purposes as well as your revocation option at any time can be found below, in the cookie manager as well as in our privacy policy.
Utilizar La Quotidienne de Bruxelles con publicidad personalizada, seguimiento de anuncios, análisis de uso y contenido multimedia externo. Los detalles sobre las cookies y los propósitos de procesamiento, así como su opción de revocación en cualquier momento, se pueden encontrar a continuación, en el gestor de cookies, así como en nuestra política de privacidad.
Utilisez le La Quotidienne de Bruxelles avec des publicités personnalisées, un suivi publicitaire, une analyse de l'utilisation et des contenus multimédias externes. Vous trouverez des détails sur les cookies et les objectifs de traitement ainsi que sur votre possibilité de révocation à tout moment ci-dessous, dans le gestionnaire de cookies ainsi que dans notre déclaration de protection des données.
Utilizzare La Quotidienne de Bruxelles con pubblicità personalizzata, tracciamento degli annunci, analisi dell'utilizzo e contenuti multimediali esterni. I dettagli sui cookie e sulle finalità di elaborazione, nonché la possibilità di revocarli in qualsiasi momento, sono riportati di seguito nel Cookie Manager e nella nostra Informativa sulla privacy.
Utilizar o La Quotidienne de Bruxelles com publicidade personalizada, rastreio de anúncios, análise de utilização e conteúdo multimédia externo. Detalhes sobre cookies e fins de processamento, bem como a sua opção de revogação em qualquer altura, podem ser encontrados abaixo, no Gestor de Cookies, bem como na nossa Política de Privacidade.
Etudiants, retraités, travailleurs… "Des gens qui ont faim, il y en a toujours plus", soupire Jean-Loup Lemaire sur le marché lillois de Wazemmes. Son association, qui glane et redistribue les invendus à "ceux qui n'ont pas accès" à l'aide alimentaire d'urgence, voit la demande bondir avec l'inflation.
Taille du texte:
Dimanche, 12H25. Caddies en main et gilets floqués ajustés, l'équipe de "la Tente des glaneurs" attend le top départ. Silhouette imposante et large sourire, Jean-Loup Lemaire règle son talkie-walkie. "Faites-moi une belle glane !"
Au pas de course, chacun s'élance dans le très populaire marché de Wazemmes, l'un des plus grands d'Europe, aux 400 exposants et dizaines de milliers de badauds.
Autant d'invendus, ou dons, "qui n'ont plus forcément les critères de vente mais sont parfaitement consommables", explique Jean-Loup Lemaire, fondateur de cette association née en 2010, qui a depuis essaimé dans 14 autres villes, avec au total 163 tonnes de denrées et 22.300 paniers distribués en 2022.
Les "personnes accueillies" entrent vers 14H15 et "doivent avoir le sentiment de faire leur marché comme tout le monde", poursuit-il. "Tous auront la même quantité de produits", selon leur foyer.
- Chou-fleur ou courgettes -
"On s'adresse sans condition" aux "gens qui n'ont pas accès à l'aide alimentaire d'urgence", notamment les banques alimentaires ou les Restos du coeur, "parce qu'ils sont hors barème, ou qu'ils ont honte", ajoute-t-il. En leur offrant "intimité" et "dignité".
Ils sont "toujours plus nombreux": après un "premier pic" pendant l'épidémie de Covid, leur nombre a selon lui "bondi de 38% depuis janvier 2022, à cause de l'inflation". "On a aujourd'hui trois cinquièmes d'étudiants, un cinquième de retraités et un autre de travailleurs."
Joues rosies par le soleil, Nicolas, "collaborateur bénévole" de 37 ans, slalome entre les étals. Sur son passage, M'hamed Azzammouri, un primeur. "On ne travaille pas le lundi, on n'a pas de chambre froide, alors on préfère faire plaisir" plutôt que "jeter ou garder", sourit-il.
Plus loin, un fleuriste offre des dizaines d'énormes pivoines jaunes, "trop ouvertes", mais éclatantes.
Sous la tente, la "pilote" Stéphanie Maréchal fait le bilan: avec le marché bondé sous le soleil, la récolte est "moyenne". Il faudra donner le choix entre "carottes et pommes de terre. Chou-fleur ou courgettes. Mais pommes à volonté".
- "Pour tout le monde" -
Quatre-vingt personnes patientent dans la cour, dont Charlotte, travailleuse sociale en activité partielle après un accident de travail. Elle vient depuis un mois, criblée de dettes depuis que la sécurité sociale l'a "payée en retard". Avec trois enfants, "venir est devenu une question de survie", confie cette mère célibataire.
"J'ai toujours serré la ceinture, mais aujourd'hui je me prive de viande, de produits frais. Venir ici m'enlève beaucoup d'angoisse."
Brindille aux longs cheveux noirs, Sylvie, 60 ans, confie avoir "énormément galéré" avec un chômage à 500 euros puis une petite pension. "Au supermarché, je me permets peu de choses. Grâce aux glaneurs je peux manger plus dignement, je suis plus en forme."
Menuisier-agençeur, Benjamin Salah, 42 ans, vient lui "boucler des fins de mois difficiles". "Aujourd'hui tous", jeunes, vieux, "qu'on travaille ou pas, on est dans le caca", regrette-t-il.
Derrière lui, une étudiante, Nell Souchet, salue "l'ambiance, la bienveillance" et "le fait qu'il n'y ait pas d'étiquette" de "grande précarité", que "ce soit pour tout le monde".
Mais lutter contre cette précarité qui s'étend devrait être "du ressort de l'Etat", peste M. Lemaire.
Le président de son association, le chef lillois étoilé Florent Ladeyn, appelle lui aussi à agir avant qu'il ne soit "trop tard".
Ces bénéficiaires sont, dit-il, "un reflet direct de la société dans laquelle on est, vers laquelle on tend. Et c'est extrêmement inquiétant".