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Un "événement de haut niveau" pour mettre fin à la pollution plastique est organisé samedi par la France à l'Unesco pour donner de l'élan à la délicate session de négociations qui vont se dérouler la semaine prochaine.
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La ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna et son homologue de la Transition écologique Christophe Béchu recevront une quarantaine de représentants d'Etats du monde entier pour tenter de donner une impulsion politique aux débats.
Mais ceux-ci commenceront véritablement lundi avec le début des discussions à proprement parler entre négociateurs de 175 nations aux ambitions divergentes et soumises à la pression opposée des industriels et des ONG.
Il y a un peu plus d'un an à Nairobi (Kenya), un accord de principe a été trouvé pour mettre fin à la pollution plastique dans le monde avec l'ambition d'élaborer d'ici fin 2024 un traité juridiquement contraignant sous l'égide des Nations unies.
Après une première session de négociations achevée le 2 décembre à Punta del Este (Uruguay), Paris accueillera ainsi la deuxième session sur les cinq prévues au total. Les questions de gouvernance ont jusqu'à présent dominé les échanges mais les cinq jours de discussions doivent permettre de commencer à dessiner de grandes orientations.
L'enjeu est de taille alors que le plastique, dérivé du pétrole, est partout: emballages, fibres de vêtements, matériel de construction, outils médicaux...
Et sa production annuelle, qui a plus que doublé en 20 ans pour atteindre 460 millions de tonnes (Mt), pourrait encore tripler d'ici 2060 si rien n'est fait.
Une situation d'autant plus inquiétante que les deux-tiers partent au rebut après une seule ou quelques utilisations et que moins de 10% des détritus plastiques sont recyclés.
Des déchets de toutes tailles se retrouvent au fond des océans, dans la banquise, l'estomac des oiseaux et même au sommet des montagnes. Des microplastiques ont été détectés dans le sang, le lait maternel ou le placenta.
Le plastique pose aussi problème pour son rôle dans le réchauffement climatique: il représentait 1,8 milliard de tonnes de gaz à effet de serre en 2019, 3,4% des émissions mondiales, chiffre qui pourrait plus que doubler d'ici 2060 selon l'OCDE.
Les pays les plus ambitieux (54 pays conduits par le Rwanda et la Norvège, notamment Union européenne, Canada, Mexique, Australie et, depuis vendredi, le Japon) souhaitent désormais une "réduction de l'usage et de la production de plastique".
Mais d'autres nations, du côté de l'Asie (Inde notamment) ou des États-Unis, pourraient se montrer plus timorées et insister sur la nécessité de recycler et de lutter contre les déchets abandonnés.