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Un réfugié syrien armé d'un couteau a fait six blessés, dont quatre enfants de 22 à 36 mois, jeudi matin, semant la terreur dans un parc près du lac d'Annecy avant d'être interpellé par la police.
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Trois des victimes, deux enfants et un adulte, ont un pronostic vital engagé, selon une source proche du dossier. Le caractère terroriste ou non de l’attaque est en cours d’évaluation.
Il portait une croix chrétienne quand il a été interpellé. Dans son dossier de demande d’asile déposé en France, il s’est déclaré "chrétien de Syrie", a rapporté de son côté une source policière.
Aeteadal K., une réfugiée syrienne de 50 ans qui avait été en contact avec lui à Trollhättan, en Suède, a indiqué à l'AFP à Stockholm qu'il avait "quitté la Suède pour la France il y a sept mois".
- "Courez, courez!" -
L'attaque s'est passée vers 09H30, à l'arme blanche aux abords du jardin de l'Europe, a rapporté de son côté la préfecture.
L'homme vêtu d'un short noir, un foulard bleu noué sur la tête, s'est dirigé vers les poussettes et s'est attaqué aux enfants sur une aire de jeu, selon des images du drame qu'un photographe de l'AFP a pu voir.
Dans des images relayées par la presse, on peut voir un homme de corpulence moyenne courir au milieu d'une pelouse couteau à la main.
Les secours ont été alertés à 09h41, l'intervention déclenchée immédiatement et l'agresseur interpellé quatre minutes plus tard, selon un chronométrage diffusé par la police.
"Je courais au bord du lac, et je vois tout d’un coup des dizaines de personnes qui courent dans le sens contraire. (...) Il y a une maman qui me dit +courez, courez! Il y a quelqu'un qui poignarde tout le monde tout au long du lac, il a poignardé des enfants, courez !+", a témoigné l'ancien footballeur professionnel Anthony Le Tallec dans une story Instagram.
"Il attaque une fois deux fois, et là ils commencent à tirer, donc là ils tirent devant moi, sur la personne, donc il tombe à terre (...). Moi je continue ma course, et je vois des enfants par terre, très malheureux, des enfants touchés", a-t-il témoigné.
Les abords du parc ont été bouclés par un important dispositif policier, a constaté sur place une journaliste de l'AFP. L'attaque a semé l'effroi dans cette ville d'eau habituellement très calme. "C’est un choc", a confie Kévin Poncin, 27 ans, sur son vélo arrêté à proximité du parc.
"Mon enfant de 17 ans y a assisté. Une personne a brandi un couteau et poignardé un bébé dans un landeau, c’est ce qu’il a vu, après il a vu la foule, des cris, du sang", a rapporté à l'AFP une mère de famille venue chercher son fils à la préfecture.
Selon le quotidien Dauphiné libéré, la plupart des victimes ont été transférées au centre hospitalier Annecy Genevois.
- "Lâcheté absolue" -
Une cellule de crise a été installée à la préfecture de Haute-Savoie, qui a aussi mis en place un dispositif d'information à destination du public, joignable au 04 50 33 61 33.
Le président Emmanuel Macron a dénoncé une "attaque d'une lâcheté absolue". "La Nation est sous le choc. Nos pensées les accompagnent ainsi que leurs familles et les secours mobilisés", a-t-il écrit sur son compte twitter.
Elisabeth Borne et Gérald Darmanin sont arrivés sur place en début d'après midi.
L'attaque a suscité une avalanche de réactions dans le monde politique, des élus de droite et d'extrême-droite mettant en avant l'origine et le statut de l'agresseur.
A Paris, députés et membres du gouvernement ont observé une minute de silence à l'Assemblée nationale à l'invitation de la présidente de l'Assemblée Yaël Braun-Pivet après cette "attaque gravissime".
Plusieurs attaques au couteau ont eu lieu récemment en France, comme en mai lorsqu’une infirmière du CHU de Reims a été tuée au sein de l’hôpital par un homme souffrant de troubles psychiatriques et en février, quand une professeure d’espagnol a été poignardée à mort par un lycéen à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques).
Aucune attaque récente à l’arme blanche n’a visé des enfants, en-dehors de violences dans le cadre familial.