Nutzen Sie La Quotidienne de Bruxelles mit personalisierter Werbung, Werbetracking, Nutzungsanalyse und externen Multimedia-Inhalten. Details zu Cookies und Verarbeitungszwecken sowie zu Ihrer jederzeitigen Widerrufsmöglichkeit finden Sie unten, im Cookie-Manager sowie in unserer Datenschutzerklärung.
Use La Quotidienne de Bruxelles with personalised advertising, ad tracking, usage analysis and external multimedia content. Details on cookies and processing purposes as well as your revocation option at any time can be found below, in the cookie manager as well as in our privacy policy.
Utilizar La Quotidienne de Bruxelles con publicidad personalizada, seguimiento de anuncios, análisis de uso y contenido multimedia externo. Los detalles sobre las cookies y los propósitos de procesamiento, así como su opción de revocación en cualquier momento, se pueden encontrar a continuación, en el gestor de cookies, así como en nuestra política de privacidad.
Utilisez le La Quotidienne de Bruxelles avec des publicités personnalisées, un suivi publicitaire, une analyse de l'utilisation et des contenus multimédias externes. Vous trouverez des détails sur les cookies et les objectifs de traitement ainsi que sur votre possibilité de révocation à tout moment ci-dessous, dans le gestionnaire de cookies ainsi que dans notre déclaration de protection des données.
Utilizzare La Quotidienne de Bruxelles con pubblicità personalizzata, tracciamento degli annunci, analisi dell'utilizzo e contenuti multimediali esterni. I dettagli sui cookie e sulle finalità di elaborazione, nonché la possibilità di revocarli in qualsiasi momento, sono riportati di seguito nel Cookie Manager e nella nostra Informativa sulla privacy.
Utilizar o La Quotidienne de Bruxelles com publicidade personalizada, rastreio de anúncios, análise de utilização e conteúdo multimédia externo. Detalhes sobre cookies e fins de processamento, bem como a sua opção de revogação em qualquer altura, podem ser encontrados abaixo, no Gestor de Cookies, bem como na nossa Política de Privacidade.
Dans le canyon de la rivière Apurimac, dans la région péruvienne de Cusco, un ouvrage vieux de six siècles est sur le point de renaître.
Taille du texte:
Comme chaque année, à 28 mètres de hauteur, des hommes à la peau tannée rénovent entièrement le dernier pont suspendu inca.
D'une trentaine de mètres de long et un peu plus d'un mètre de large, le pont Q'eswachaka, est fabriqué à partir d'une herbe originaire des Andes qui, une fois séchée et battue pour l'assouplir, est tressée.
Chaque année, au mois de juin, les communautés natives de la région de Cusco, capitale de l'empire Inca, participent à la rénovation de l'ouvrage, inscrit au patrimoine immatériel de l'humanité depuis 2013.
A coups de faucille, des femmes aux jupes multicolores coupent dans les champs la q'oya, l'herbe séchée nécessaire à la fabrication de l'ouvrage.
Assises au bord d'une route poussiéreuse, elles la tressent ensuite.
En quelques heures, elles forment d'épaisses cordes que les hommes transporteront sur leurs épaules.
Les dieux "nous punissent si nous ne restaurons pas (le pont). Il nous arriverait quelque chose", explique Emperatriz Arizapana, une femme de 54 ans de la communauté Huinchiri.
Nous faisons cela "de génération en génération (...) depuis les pré-incas", souligne Alex Huilca, un ingénieur civil de 30 ans, qui dirige les travaux.
- Sirènes -
Sous le soleil brûlant des Andes péruviennes, Cayetano Ccanahuari, chaman d'une communauté indigène, sacrifie un agneau en guise d'offrande aux dieux de la terre et de la montagne.
C'est pour "qu'aucun accident ne se produise pendant la réfection" du pont, explique-t-il.
L'ancien ouvrage est entièrement remplacé. Les hommes commencent par passer d'un bout à l'autre les cordes les plus épaisses qui serviront de base au nouveau pont.
L'ancienne structure est ensuite démontée. Elle tombe dans la rivière et est emportée par le courant.
Le processus de rénovation s'achève avec l'installation des deux grosses cordes qui servent de mains courantes et les milliers d'autres, plus fines, nouées entre celles-ci et le tablier afin de créer un garde-fou.
Pendant trois jours, d'un bout à l'autre de l'ouvrage, des hommes à la tête couverte des typiques bonnets péruviens nouent les cordes, les serrent et les tendent à la seule force des bras.
Certains mâchent des feuilles de coca, une pratique millénaire dans les Andes pour lutter contre la fatigue.
Visiblement insensibles au vertige, sept indigènes titubent à peine lorsqu'ils nouent les dernières cordes à mains nues.
"Nous avons construit ce pont en trois jours. C'est une grande démonstration (d'ingénierie). Ce pont est vraiment solide", assure Alex Huilca.
Bien qu'essentielles à la restauration du pont, les femmes sont exclues de l'exécution finale de l'ouvrage.
Selon la croyance indigène, les sirènes de la rivière qui accompagnent chaque année le processus de rénovation seraient jalouses.
"Ce pont appartient aux sirènes", explique Gregorio Huayhua, chargé de sécuriser la structure à chaque extrémité avec un système de pierres.
Lorsque les équipes d'un côté et de l'autre du pont se rencontrent, le cri "Haylly Q'eswachaka" retentit, annonçant la renaissance du pont séculaire.