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Le Premier ministre indien Narendra Modi a loué jeudi "l'amitié inébranlable" avec la France au premier jour de sa visite officielle à Paris marqué par l'annonce par New Delhi de son intention d'acheter 26 avions Rafale supplémentaires, avant le défilé militaire du 14 juillet dont il sera l'invité d'honneur.
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"Demain je serai au défilé de la fête nationale avec mon ami Emmanuel Macron. Cette proximité n'est pas seulement celle de deux dirigeants de deux pays. C'est le reflet de l'amitié inébranlable entre l'Inde et la France", a lancé jeudi soir le Premier ministre devant des membres de la diaspora réunis pour l'écouter à la salle de spectacle de la Seine musicale près de Paris.
Au même moment Emmanuel Macron, dans une allocution au ministère des Armées, se disait "heureux d'accueillir l'Inde comme invité d'honneur de notre défilé". "C'est un géant de l’histoire du monde qui aura un rôle déterminant pour notre avenir ; c’est aussi un partenaire stratégique et un pays ami", a-t-il ajouté.
Narendra Modi est arrivé à la mi-journée pour cette visite officielle de deux jours destinée à resserrer encore les liens entre les deux pays liés par un partenariat stratégique vieux de 25 ans, bâti notamment sur la coopération en matière d'équipement militaire.
Les deux pays ont en outre une certaine convergence de vues en matière de relations internationales.
"Nous avons le même désir d'autonomie stratégique. Nos deux pays sont profondément attachés au droit international et nous voulons que le monde soit multipolaire", a déclaré M. Modi dans un entretien au journal Les Echos, affirmant que l'Inde voyait la France comme "l'un de (ses) principaux partenaires mondiaux".
New Delhi, géant asiatique en première ligne face à la montée en puissance de la Chine, est adepte du multi-alignement, continuant par exemple de coopérer avec la Russie bien qu'elle ait été mise au ban par l'Occident depuis l'invasion de l'Ukraine.
- "Indo-Pacifique" -
Paris se veut pour sa part une puissance d'équilibre, multipliant les canaux de dialogue et souhaitant être un pont entre le bloc occidental et le reste du monde. "Nous avons su ces dernières années renforcer, avec l'Inde en particulier, avec les Emirats arabes unis aussi, et avec quelques autres, des alliances inédites, essentielles et en particulier dans le cadre de l'Indo-Pacifique", a déclaré Emmanuel Macron.
Dans cette vaste zone couvrant les océans Indien et Pacifique, théâtre de tensions croissantes entre Pékin et Washington et où la France a des intérêts et des territoires d'outre-mer, "la voie médiane que nous poursuivons est la bonne, l'Inde y est un partenaire clé", a encore dit le président français, qui devait ensuite accueillir M. Modi au palais de l'Elysée pour un dîner privé, avant un grand dîner officiel vendredi dans le décor du musée du Louvre.
Vendredi, entre le défilé et le dîner aux plus de 200 convives, le Premier ministre indien aura divers rendez-vous. Une déclaration conjointe à la presse est prévue.
"Coopération sécuritaire, spatiale, nucléaire civil, technologie, anti-terrorisme, cybersécurité, changement climatique, énergies renouvelables... seront au menu des discussions", a énuméré mercredi le secrétaire indien aux Affaires étrangères, Vinay Kwarta.
Il y a quelques semaines, Narendra Modi avait eu les honneurs d'une visite d'Etat à Washington.
"L'Inde a vu son influence augmenter significativement ces dernières années", relève la chercheuse Fawa Aamer, d'ASPI, qui rappelle qu'elle occupe actuellement la présidence du G20.
- Droits humains -
La visite n'est pas vraiment perturbée par la mobilisation de quelques manifestants qui dénoncent les honneurs faits à M. Modi, dans le collimateur d'ONG et de l'Onu pour sa politique autoritaire.
Narendra Modi "avec son gouvernement nationaliste hindou, n'a cessé de porter atteinte aux droits humains et à la démocratie", dénoncent les signataires d'une tribune publiée la semaine dernière par le journal communiste l'Humanité.
Quelques dizaines de manifestants, dont deux députés de la gauche radicale, ont dénoncé cette visite. "Pas de tapis rouge pour un ennemi des droits humains" proclamait une banderole.
"Nous n'acceptons pas cette invitation d'honneur faite à M. Modi le jour où nous célébrons les libertés", a lancé le député de gauche radicale Arnaud Le Gall de La France insoumise.
Le Parlement européen a quant à lui demandé dans une résolution, sans portée contraignante, que les droits de l'Homme soient intégrés "à tous les domaines" couverts par le partenariat entre l'UE et l'Inde.