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Emmanuel Macron a loué lundi en Jean-Pierre Elkabbach un journaliste "interviewer redoutable", qui réussit "à être de son temps et du nôtre", lors d'un hommage chez France Télévisions, contesté en interne, à son ancien patron décédé mardi dernier.
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C'était "un journaliste qui voulait porter la plume, le nagra (enregistreur portable utilisé en radio, ndlr), la caméra dans les plaies de l'époque", a-t-il souligné, alors que le bâtiment principal du siège de France Télévisions est rebaptisé "Maison Jean-Pierre Elkabbach".
"Il voulait en être, en être de son époque (...) de l'histoire qui s'écrit et se raconte, se transmet et demeure", a déclaré le président, devant un parterre de personnalités politiques et médiatiques, notamment Delphine Ernotte, PDG de France Télévisions, ou encore le journaliste Alain Duhamel.
"Jean-Pierre Elkabbach finalement, réussit à en être, à être de son temps et du nôtre", a-t-il poursuivi.
Il a estimé qu'à son arrivée en décembre 1993 à la tête de France 2 et France 3, Jean-Pierre Elkabbach "osa", en mettant en avant l'animateur Nagui, Arthur et Jean-Luc Delarue. "Cette audace pour lui n'avait pas de prix, elle fut sans doute hors de prix pour l'époque", a-t-il ajouté.
Après la révélation des contrats de centaines de millions de francs attribués à ces animateurs-producteurs stars, Jean-Pierre Elkabbach fut acculé à la démission en 1996.
"Il a dilapidé les fonds de France Télévisions !", a lancé une femme à la fin du discours du chef de l'Etat, ce à quoi ce dernier a répondu: "la liberté d'expression n'est pas incompatible avec l'esprit de décence".
Dans deux communiqués distincts, le SNJ (principal syndicat de la profession) de France TV et la Société des journalistes de la Rédaction nationale ont indiqué qu'ils ne participaient pas à la cérémonie.
Le premier estime que le choix de la direction de rebaptiser le bâtiment principal de l'entreprise est une "décision prématurée" qui "ne fait pas consensus". Le second, qu'il est "impossible d'occulter les zones d'ombre de son parcours", notamment que M. Elkabbach, à la fin de sa carrière, était "devenu conseiller de Vincent Bolloré et journaliste pour CNews".
Interrogée par l'AFP, Delphine Ernotte n'a pas souhaité commenter la polémique autour de cet hommage.
Après son discours, Emmanuel Macron a aussi confié, en aparté, une anecdote: "ce qui m'a rendu célèbre et qui aurait pu me tuer, c'est ma première interview avec lui, où je parle des filles de Gad qui sont illettrées".
Le 17 septembre 2014, Emmanuel Macron avait commis un faux pas dès sa première intervention en tant que ministre dans les médias, sur Europe 1, en parlant de salariés "illettrés" dans l'abattoir breton Gad. Il avait ensuite exprimé ses "regrets" et s'était rendu peu après sur place, pour s'excuser.