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Le président russe Vladimir Poutine a accusé lundi l'Ukraine et ses alliés occidentaux d'avoir organisé les émeutes anti-Israël qui ont éclaté la veille dans un aéroport de la république caucasienne russe du Daguestan, majoritairement musulmane, ce que Kiev a fermement démenti.
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Une foule d'hommes a envahi dimanche soir le tarmac et le terminal de l'aéroport de la capitale Makhatchkala, en pleines tensions à travers le monde liées au conflit entre Israël et le Hamas.
"Les événements survenus hier soir à Makhatchkala ont été provoqués, y compris par le biais des réseaux sociaux, notamment depuis l'Ukraine, par des agents des services spéciaux occidentaux", a affirmé M. Poutine.
Les Ukrainiens, "sous la houlette de leurs patrons occidentaux, tentent de provoquer des pogroms en Russie", a-t-il accusé.
Il a également pointé du doigt le rôle de Washington, rival de la Russie et soutien de Kiev dans le conflit contre Moscou.
"Sans réussite sur le champ de bataille, (les États-Unis) souhaitent nous diviser, en ce qui concerne la Russie, de l'intérieur, pour nous affaiblir et semer la confusion", a-t-il fustigé.
A Washington, le porte-parole du département d'Etat, Matthew Miller, a jugé "absurdes" ces accusations.
"J'ai vu leurs commentaires blâmant l'Ukraine et ils sont absurdes (...) Nous pensons qu'ils devraient plutôt demander des comptes aux personnes responsables", a-t-il indiqué au cours d'une conférence de presse.
Plus tôt dans la journée, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, avait assuré que ces heurts avaient été "le résultat d'une provocation planifiée et conduite de l'extérieur" dans laquelle Kiev a joué un rôle "clef et direct", afin de "saper" les relations entre les différentes communautés religieuses en Russie.
Le président Volodymyr Zelensky, de confession juive, a déclaré lundi soir : (Les Russes) "ont pollué leur pays avec un tel niveau de haine et de déchéance que pour la seconde fois cette année la Russie perd le contrôle des événements", dans un allusion à la tentative avortée de la milice Wagner de marcher sur Moscou, en juin.
- Traque des passagers -
Des vidéos, diffusées dimanche sur les réseaux sociaux et dans les médias russes, ont montré des hommes contrôlant des voitures, vérifiant l'identité d'un passager, forçant des portes dans le terminal et s'attroupant au pied d'un avion sur le tarmac.
L'un d'eux, sur l'une de ces vidéos, tient une pancarte : "Les tueurs d'enfants n'ont pas leur place au Daguestan", tandis que d'autres crient "Allah Akbar !" Certains dans la foule brandissaient des drapeaux palestiniens.
Un avion en provenance de Tel-Aviv de la compagnie russe Red Wings avait atterri dimanche à 19H00 heure locale (16H00 GMT) à Makhatchkala, selon le site internet spécialisé Flightradar24.
Les autorités n'ont pour l'heure pas précisé si l'appareil et ses passagers avaient pu repartir.
Lundi, un important dispositif de sécurité a été mis en place autour de l'aéroport et des employés commençaient à réparer des barrières endommagées, selon un journaliste de l'AFP sur place.
L'aéroport a subi des "dégâts importants", a expliqué son directeur général. Il a toutefois pu rouvrir lundi en début d'après-midi, a fait savoir l'agence de l'aviation russe.
La police a interpellé 60 personnes soupçonnées de l'avoir pris d'assaut et plus de 150 "participants actifs à des troubles" ont été identifiés, a annoncé le ministère russe de l'Intérieur. Neuf policiers ont été blessés, a déploré le ministère russe de l'Intérieur.
- "Traîtres" -
Le dirigeant du Daguestan, Sergueï Melikov, pointant du doigt le rôle de Kiev, a affirmé qu'une chaîne Telegram critique des autorités locales, "Outro Daguestan", était administrée d'Ukraine par des "traîtres".
Cette chaîne, suivie par environ 60.000 personnes, avait partagé un appel à se rassembler à l'aéroport de Makhatchkala, disant vouloir empêcher l'arrivée de passagers "indésirables" du vol Red Wings en provenance de Tel-Aviv.
Maria Zakharova a en outre évoqué le rôle supposé d'Ilia Ponomarev, un ex-parlementaire russe qui avait voté contre l'annexion de la Crimée en 2014 et qui a depuis quitté la Russie.
Ce dernier a apporté un soutien financier à "Outro Daguestan", selon le média indépendant Sota. Il n'a pour l'heure pas répondu à une sollicitation de l'AFP.
La guerre entre Israël et le Hamas est entrée lundi dans son 24e jour. La bande de Gaza est soumise à des bombardements incessants de l'armée israélienne, déclenchés après l'attaque du Hamas en Israël le 7 octobre, la plus meurtrière de l'histoire de ce pays.