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Le président français Emmanuel Macron est arrivé mercredi soir en Ouzbékistan après une visite officielle au Kazakhstan, dans le cadre de sa tournée de deux jours en Asie centrale, une région où l'influence traditionnelle de la Russie est contestée.
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M. Macron est arrivé vers 20H45 heure locale (15H45 GMT) dans la ville de Samarcande, où il a été accueilli par son homologue Chavkat Mirzioïev, à la tête du plus peuplé des pays centrasiatiques.
Les deux hommes doivent notamment s'entretenir jeudi et participer à un forum d'affaires franco-ouzbek.
Plus tôt à Astana, la capitale du Kazakhstan, Emmanuel Macron avait salué la "vigueur" du partenariat stratégique avec la première économie de la région, qu'il faut selon lui "compléter et accélérer".
Il a également salué le "refus" kazakh de prendre la "route de la vassalisation derrière quelques puissances (...) dans un monde où les grandes puissances voudraient devenir hégémoniques et où les puissances régionales deviennent imprévisibles".
"Je ne sous-estime pas les difficultés géopolitiques, les pressions, parfois les bousculades auxquelles vous pouvez être soumis. La France vous regarde, avec beaucoup de considération, de respect et d'amitié", a-t-il précisé, à l'heure où la Chine, l'Union européenne et la Turquie notamment cherchent à se faire une place face à la Russie en Asie centrale.
"La France est notre partenaire clé et fiable dans l'Union européenne", s'est pour sa part félicité le dirigeant kazakh Kassym-Jomart Tokaïev.
Le Kazakhstan, riche en matières premières, est l'un des principaux fournisseurs d'uranium de la France, un secteur qui a "un potentiel énorme pour la coopération future".
Emmanuel Macron a rappelé "la grande importance" de développer un "corridor médian à travers la mer Caspienne" afin de "relier l'Europe et l'Asie centrale", une solution alternative face aux routes logistiques chinoises et russes dans cette région enclavée.
- Radars militaires -
Plusieurs contrats ont été signés dans les secteurs des minerais stratégiques -avec une coopération dans la recherche géologique-, pharmaceutique, énergétique -avec le développement d'un important parc éolien en collaboration avec TotalEnergies- ou encore industriel -avec le groupe Alstom- et culturel, pour promouvoir la langue française.
L'Elysée a également annoncé la fourniture de radars militaires GM 400 fabriqués par Thalès "au service de la souveraineté" du Kazakhstan et qui seront assemblés dans ce pays partageant plus de 7.500 kilomètres de frontières avec la Russie et membre d'une alliance militaire commune.
Comme l'a confirmé mercredi le ministre kazakh de l'Energie, EDF fait partie des candidats pour le projet de première centrale nucléaire au Kazakhstan, qui doit être confirmé par référendum d'ici à la fin de l'année.
La France est le cinquième investisseur étranger au Kazakhstan, devant la Chine, du fait notamment de l'implantation du groupe pétrolier TotalEnergies, qui exploite conjointement l'important gisement de Kachagan en mer Caspienne.
Les échanges bilatéraux se sont élevés à 5,3 milliards d'euros en 2022, pour l'essentiel dans les hydrocarbures. Le Kazakhstan fournit aussi à la France près de 40% de son uranium.
- Moscou observe -
Les métaux critiques, indispensables à la transition énergétique et dont la région est riche, figurent aussi en bonne place dans les discussions avec l'Ouzbékistan, qui comptent parmi les principaux fournisseurs d'uranium à la France.
Le spécialiste de l'uranium Orano, qui exploite déjà une mine au Kazakhstan, veut également accroître sa présence, ce pays représentant à lui seul 43% de la production totale, d'après l'Association nucléaire mondiale.
L'Asie centrale, longtemps un pré-carré russe, est ardemment courtisée par les grandes puissances à un moment où la Russie est accaparée par son offensive militaire en Ukraine.
Dans ce jeu d'influences, la Chine voisine, forte de son grand projet d'infrastructures des "Nouvelles routes de la soie", a pris une longueur d'avance. Mais l'Europe et la Turquie avancent aussi leurs pions. Le président turc Recep Tayyip Erdogan sera à cet égard vendredi à Astana.
Forts de cet engouement, le Kazakhstan et l'Ouzbékistan misent sur l'ouverture économique et une diplomatie d'équilibre pour s'affirmer, même si Moscou reste un partenaire incontournable.
Au-delà de leur ouverture économique, ces deux pays ont toujours des régimes où la répression des manifestations est souvent violente, malgré une volonté affichée de libéralisation politique.