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Près de dix-huit mois après un incendie l'ayant amputé de quelque 1.650 hectares de végétation méditerranéenne, notamment des pins d'Alep, chênes et oliviers, le massif de la Montagnette, au sud d'Avignon, commence à renaître de ses cendres avec une première opération de replantation.
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"On va faire un test sur 200 arbres pour voir comment ils réagissent", explique à l'AFP Jean-Christophe Daudet, maire de Barbentane, ce village des Bouches-du-Rhône de 4.500 habitants qui a été le plus touché par l'incendie, avec 550 hectares partis en fumée sur les 4.000 au total que compte le massif.
Provoqué par des étincelles au passage d'un train de fret le 14 juillet 2022, l'incendie --qui avait charrié des cendres jusqu'à Avignon--, avait mis cinq jours à être définitivement fixé par les pompiers.
Dès le lendemain de son déclenchement, le parquet de Tarascon avait ouvert une enquête pour incendie involontaire dans cette pinède dont les zones brûlées restent toujours fermées par arrêté préfectoral, jusqu'au 30 juin 2024.
L'expérimentation de replantation, assez "novatrice", selon le maire, est menée avec des essences feuillues "moins inflammables que les résineux comme les pins" et habituées à résister au manque d'eau, autre défi majeur à l'heure du dérèglement climatique.
"Vous allez planter des frênes à fleurs, des sorbiers domestiques, des érables de Montpellier, des alisiers, des poiriers faux amandiers", égrène devant quelques dizaines de riverains, dont beaucoup d'enfants, Jean-Pierre Mattalia, président de l'Association pour le reboisement et la protection du Cengle Sainte-Victoire (ARPCV), qui pilote l'opération.
Derrière lui, sur le plateau balayé par un puissant mistral, des rangées de trous rapprochés ont déjà été creusées pour accueillir les futurs plants.
"En plantant ces arbres de manière assez dense, il y a une évapo-transpiration très faible par arbre, c'est la communauté qui se protège", souligne M. Mattalia.
A Barbentane, "nous avions une forêt qui avait à peu près des arbres de 100 ans, alors que du côté de Boulbon ou Tarascon (NDLR: les deux autres communes du nord des Bouches-du-Rhône, avec Graveson, touchées par l'incendie), on était plutôt sur de la garrigue, donc l'impact a quand même été beaucoup plus fort chez nous", relève Jean-Christophe Daudet.
- "Reconquête symbolique" -
Le plateau choisi pour cette replantation expérimentale coiffe le village, à la lisière de la Montagnette: "C'est l'endroit où le feu est venu le plus près des maisons, donc on est vraiment aussi sur une reconquête symbolique", complète l'élu, qui, face à la progression du feu, avait dû faire évacuer temporairement quelque 1.000 habitants.
"J'espère qu'on va progressivement remplacer le noir des paysages d'aujourd'hui par du vert", aspire l'édile, qui avait lancé en juin une campagne de dons via KissKissBankBank, pour près de 100.000 euros au final, un record national pour une collectivité locale sur cette plateforme de financement participatif.
"L'argent récolté va aider à la réalisation d'une étude, qui est en cours, par la Société du canal de Provence, pour voir si techniquement parlant, on peut amener" de l'eau d'irrigation sur le plateau de la Montagnette, détaille-t-il.
"On s'est rendu compte que sur ce plateau on avait avant des cultures, et que c'est cet endroit-là qui nous a permis de nous protéger du feu parce que quand vous avez des cultures, même peu entretenues, le feu se propage beaucoup moins vite", selon lui.
"L'idée, c'est de reconquérir ces espaces qui étaient plus ou moins en friche" en cultivant "de l'olivier, des herbes de Provence, des herbes médicinales" voire des amandiers, qui serviront "de coupe-feux par rapport au risque incendie", développe M. Daudet.
"On est vraiment dans un schéma de reconquête agricole locale", poursuit le maire de Barbentane: "On va essayer de résoudre les problèmes climatiques en inventant de nouvelles techniques"