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Sur l'île de Pingtan, le point le plus proche de Taïwan au sud-est de la Chine, des touristes observent les eaux agitées du détroit sans guère se soucier des élections.
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Sur le bord de mer, deux promeneurs déclarent ne pas être au courant de la présidentielle qui se déroule au même moment à Taïwan, où quelque 23 millions d'habitants sont gouvernés par un système démocratique.
"Hong Kong est revenu (dans le giron de la Chine), Macao est revenu, il ne reste plus que Taïwan", assure en ville Chen Suqing, un homme d'affaires à la retraite de 75 ans.
Ces propos font écho à la ligne officielle du Parti communiste au pouvoir.
La réunification de Taïwan avec le reste de la Chine est "inévitable historiquement", a encore déclaré le président Xi Jinping lors de son discours du Nouvel An.
"Nous devons libérer Taïwan dès cette génération", insiste Chen Suqing, promettant de "se battre" si l'île venait un jour à déclarer son indépendance - un casus belli pour Pékin.
Mais samedi, l'horizon de la guerre semble bien lointain à Pingtan, où de nombreux touristes prennent la pose sur la plage, malgré les bourrasques de vent.
Des promeneurs se photographient devant un timbre géant représentant les côtes chinoises et Taïwan, un monument emblématique de Pingtan.
D'autres immortalisent des colombes blanches qui s'aventurent sur le sable, tandis que des kitesurfeurs s'amusent à l'horizon.
- "Impatience" -
Un cadre du Parti communiste à la retraite rencontré par l'AFP dit souhaiter un "développement pacifique des deux rives".
"Cela fait 75 ans que la Chine a été libérée" de l'occupation étrangère, indique M. Gao, qui ne donne que son patronyme au vu de la sensibilité du sujet.
"Tout le monde attend avec impatience la réunification pacifique des deux parties", assure-t-il, casquette noire sur la tête.
Pingtan est tout au long de l'année très prisée pour la beauté resplendissante de sa mer et ses récifs, ses petites maisons de pierre, sa végétation sauvage, ainsi que ses fruits de mer.
L'île, située à quelque 80 km au sud de la côte taïwanaise la plus proche, et à 186 km de la capitale Taipei, abrite une base militaire de l'armée chinoise.
Des journalistes de l'AFP ont vu samedi matin un avion de guerre survoler Pingtan.
M. Chen, le premier retraité, dit espérer samedi une victoire de Hou Yu-ih, le candidat du Kuomintang (KMT), principal parti d'opposition et favorable au rapprochement avec Pékin.
Sa position tranche avec le favori des sondages, Lai Ching-te, dont le Parti démocratique progressiste (DPP), au pouvoir depuis huit ans, clame que Taïwan est déjà de facto un Etat indépendant.
"Le Kuomintang n'est pas terrible (...) mais j'espère que Hou Yu-ih pourra gagner", affirme Chen Suqing. "Pas le DPP de Tsai Ing-wen", la présidente sortante de Taïwan et bête noire des autorités à Pékin, ajoute-t-il.