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Un Australien est en procès à Londres depuis lundi afin de juger s'il est le père du bitcoin, mais il n'est pas le premier suspecté d'être l'énigmatique développeur à l'origine de cette cryptomonnaie fondatrice.
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Ses principes sont énoncés le 31 octobre 2008 dans le "livre blanc", un document de neuf pages publié sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, qui théorise qu'"effectuer des paiements en ligne directement d'un tiers à un autre permettrait de ne pas passer par une institution financière".
Le bitcoin est depuis devenu la plus importante cryptomonnaie par la capitalisation (à hauteur d'environ 880 milliards de dollars selon le site Coingecko).
Mais après avoir collaboré avec d'autres développeurs pour perfectionner son code, Satoshi a lui disparu des écrans autour de 2011, et de multiples théories ont émergé au fil des années spéculant sur qui se cache derrière ce mystérieux pseudo.
- Hal Finney -
La première personne à avoir reçu une transaction en bitcoin est l'Américain Hal Finney, un développeur et cryptographe, c'est-à-dire un spécialiste des systèmes destinés à chiffrer, authentifier et assurer l'intégrité des données.
- Dorian Nakamoto -
En 2014, Dorian Prenctice Satoshi Nakamoto, un ingénieur japonais-américain à la retraite, est suspecté d'être Satoshi par le magazine Newsweek.
Cet ancien physicien et ingénieur physique, devenu libertarien, aurait initialement déclaré à l'auteur de l'article: "Je ne suis plus impliqué dans cela et je ne peux pas en discuter. Cela a été confié à d'autres personnes. Ils s'en chargent désormais. Je n'ai plus aucun lien".
Pressé de questions par les médias, Dorian Nakamoto nie rapidement toute implication dans la création de la cryptomonnaie.
Il est à noter qu'en 2012, Satoshi Nakamoto prétendait être un homme de 37 ans vivant au Japon, sur son profil sur le site de la Fondation P2P, une organisation qui étudie l'impact de la technologie sur la société.
Mais son excellent niveau d'anglais, semé d'expressions typiquement britanniques, jette des doutes sur cette hypothèse.
- Nick Szabo -
Egalement parmi les premiers adeptes des devises décentralisées, Nick Szabo, un informaticien américain d'origine hongroise, est nommé comme possible inventeur du bitcoin par un blogueur en décembre 2013.
Mais au-delà d'éléments circonstanciels, aucune preuve tangible ne permet de l'identifier comme étant Satoshi.
- Craig Wright -
Depuis mai 2016, Craig Wright, un informaticien et entrepreneur australien affirme publiquement être l'inventeur du bitcoin.
L'hypothèse est d'abord émise par deux enquêtes parallèles, publiées par le magazine Wired et le site Gizmodo l'année précédente, qui émettront par la suite des doutes sur sa véracité.
Le fantasque homme d'affaires devient rapidement la bête noire des développeurs sur la blockchain, qui s'apparente à un grand registre de transactions décentralisé, ou des plateformes d'échanges comme Coinbase, qu'il accuse d'avoir enfreint des droits de propriété intellectuelle qu'il revendique.
Il a également perdu son procès en diffamation intenté contre un podcasteur qui le qualifiait d'imposture.
Depuis début février, l'homme d'affaires est en procès à Londres afin de déterminer s'il est ou non l'auteur du "livre blanc".
- Elon Musk -
L'homme le plus riche du monde n'a non plus pas échappé aux soupçons.
Dans une série d'articles sur le site Medium, un ancien stagiaire de sa société SpaceX émet l'hypothèse que Satoshi soit en réalité Elon Musk.
L'ex-employé relève que l'entrepreneur maîtrise le langage programmatique et des expressions similaires à ceux employés par Satoshi, ou encore qu'un collaborateur de Musk aurait semblé embarrassé par la question au téléphone.
Face à des indices somme toute bien maigres, le milliardaire technophile a rejeté ces allégations en novembre 2017.
- Un groupe, un mort, ou un éternel anonyme -
Certains ont également théorisé qu'un travail d'une telle ampleur et aussi complexe serait plus vraisemblablement l'oeuvre d'un collectif plutôt que d'un unique développeur.
Il est aussi probable que le véritable Satoshi Nakamoto soit décédé, ou souhaite rester anonyme afin de préserver l'intégrité du système qu'il a créé, basé sur la confiance dans la multitude plutôt qu'une entité ou un individu.
En outre, s'il décidait soudainement de récupérer les environ 980.000 bitcoins qu'il possède, selon l'estimation du chercheur Sergio Lerner, soit l'équivalent de près de 44 milliards de dollars aux cours actuels, Satoshi pourrait faire s'écrouler le système qu'il a créé.