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La première réunion de l'année des ministres des Finances du G20 s'est achevée jeudi à Sao Paulo sans parvenir à un communiqué conjoint, en raison de "l'impasse" créée par les divisions sur les guerres en Ukraine et à Gaza.
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Le Brésil, qui depuis décembre est à la tête du groupe, a un programme ambitieux pour combattre les inégalités et le changement climatique et porter la voix du "Sud global", dont le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva se pose en champion.
Mais ces priorités ont été éclipsées durant les deux journées de réunion des grands argentiers du G20 dans la mégalopole brésilienne.
"Comme cela arrive assez fréquemment, un communiqué (conjoint) n'est pas possible" en raison des désaccords liés aux "conflits géopolitiques", a expliqué le ministre brésilien des Finances Fernando Haddad en conférence de presse.
Il n'a pas mentionné explicitement l'invasion russe de l'Ukraine ni l'offensive militaire israélienne contre le groupe islamiste palestinien Hamas dans la bande de Gaza.
"Nous avions l'espoir que les thèmes les plus sensibles relatifs à la géopolitique seraient débattus exclusivement par des diplomates", a poursuivi le ministre brésilien, faisant allusion à la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 qui s'est tenue la semaine dernière à Rio de Janeiro.
"Comme il n'y a pas eu de rédaction conjointe (d'un communiqué à Rio), cela a fini par contaminer l'obtention d'un consensus" à Sao Paulo, a-t-il déploré en faisant état d'une "impasse".
- Pas de "business as usual" -
Depuis son début il y a deux ans, la guerre en Ukraine a déchiré le G20, entre d'un côté les pays occidentaux alliés de Kiev et de l'autre la Russie, qui soigne ses relations avec d'autres membres importants comme le Brésil, la Chine ou l'Inde.
Le groupe est aussi divisé sur Gaza, les Etats-Unis et leurs alliés étant plus réticents à condamner Israël que d'autres nations qui dénoncent la crise humanitaire catastrophique vécue par les Palestiniens dans le territoire.
Le ministre allemand des Finances, Christian Lindner, avait dit jeudi matin à des journalistes qu'il importait que les conflits du moment soient évoqués sans détour.
Une source de l'entourage du ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, avait aussi souligné que la France souhaitait "citer la Russie comme agresseur, l'Ukraine comme la victime de l'agression russe".
Les réunions ministérielles servent à préparer le terrain pour la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement, en novembre à Rio.
- Taxer les milliardaires -
Faute de communiqué conjoint, le Brésil a dû se contenter de publier un "résumé de la présidence" brésilienne du G20 sur la réunion.
Parmi les "multiples défis" pesant sur l'économie mondiale figurent "les conflits dans de nombreuses régions du monde, les tensions géo-économiques, les inégalités persistantes, la pauvreté, la malnutrition et les maladies", détaille ce document.
Le Brésil avait choisi parmi les thèmes prioritaires de la réunion de Sao Paulo la réduction des inégalités, la taxation minimale des "super-riches" à l'échelle internationale et la dette des pays en développement.
Le ministre brésilien a exhorté à "trouver des solutions efficaces pour que les super-riches paient leur juste part d'impôt" par le biais d'un système de taxation minimale des milliardaires à l'échelle internationale.
Il espère un accord sur une déclaration commune sur ce sujet d'ici la prochaine réunion ministérielle du G20 en juillet. Mais ce thème n'a pas trouvé sa place dans le document publié par les autorités brésiliennes.
Fondé en 1999, le G20 représente plus de 80% du PIB mondial, les trois quarts des échanges mondiaux et les deux tiers de la population mondiale.
Il compte aujourd'hui 21 membres: les 19 premières économies de la planète, ainsi que l'Union européenne et, pour la première fois cette année, l'Union africaine.