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Le président français Emmanuel Macron conclut mardi son déplacement en Guyane par une visite au Centre spatial de Kourou avant de s'envoler pour le Brésil afin de sceller en Amazonie le réchauffement des relations avec le géant sud-américain.
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Pôle emblématique de la Guyane, le centre de Kourou, qui célèbre cette année ses 60 ans, semble comme en apesanteur, dans l'attente du vol inaugural du futur lanceur lourd Ariane 6, entre la mi-juin et la fin juillet.
Le programme, qui doit redonner à l'Europe son autonomie d'accès à l'espace, a pris quatre ans de retard en raison du Covid et de difficultés de mise au point.
Dans l'intervalle, Ariane 5 a accompli son dernier vol le 5 juillet 2023, avec au total 117 lancements à son actif depuis 1996.
Interdit de vol depuis décembre 2022 et l'échec de son premier vol commercial, le lanceur léger Vega-C, fabriqué par l'italien Avio, est pour sa part censé revoler au quatrième trimestre.
Le futur du centre de Kourou doit "être redéfini pour en faire un véritable port spatial de l'Europe", martèle l'Elysée en pointant une concurrence exacerbée sur les lanceurs, avec SpaceX d'Elon Musk aux premières loges, et le développement des micro et minilanceurs.
Emmanuel Macron va présenter à cette occasion quatre projets de petites fusées dont la France va financer le premier vol afin de faire émerger de nouveaux acteurs.
Le modèle s'inspire des Etats-Unis qui ont facilité l'émergence de SpaceX. La société d'Elon Musk a réalisé à elle seule 107 lancements l'an passé, contre trois (deux Ariane 5 et une fusée Vega) pour les Européens.
- Tourner la page -
Au premier jour de sa visite en Guyane lundi, le président a annoncé des mesures pour renouveler la flotte de pêche locale, confrontée à la pêche illégale en provenance du Brésil.
Et a promis de discuter d'un renforcement de la coopération dans la lutte contre l'orpaillage illégal avec le Brésil où il entamera mardi après-midi une visite d'Etat emblématique de près de trois jours.
Emmanuel Macron entend bien tourner la page, avec son homolgue Luiz Inacio Lula da Silva, des années noires de la présidence d'extrême droite de Jair Bolsonaro et renforcer le partenariat bilatéral.
En pleine crise sur les incendies en Amazonie, Jair Bolsonaro et ses ministres avaient eu des propos très désobligeants, voire insultants, envers le président Macron et son épouse, qui avaient fini d'envenimer une relation déjà tendue.
"Nous sommes dans un moment franco-brésilien", se félicite l'Elysée. "La France est un acteur essentiel, incontournable pour la politique étrangère brésilienne", renchérit la diplomatie brésilienne.
Symbole s'il en est, les deux chefs d'Etat se retrouveront en Amazonie, à Belem, dans le nord du Brésil, pour démontrer que développement économique peut rimer avec protection de l'environnement.
La déforestation dans l'Amazonie brésilienne a diminué de moitié en 2023, un succès pour le président Lula qui avait promis de lutter résolument contre le phénomène.
- Ukraine et accord commercial -
Au total, 5.152 km2 de forêt ont été détruits. La plus grande forêt tropicale du monde joue un rôle vital contre le réchauffement climatique, via l'absorption des émissions de carbone.
En matière de défense, la France et le Brésil coopèrent déjà pour la production de quatre sous-marins à propulsion classique - le troisième sera mis à l'eau mercredi en présence des deux dirigeants - et d'hélicoptères.
Brasilia pourrait aussi faire appel à Paris pour l'aider à développer la propulsion nucléaire sur un cinquième sous-marin. De tels transferts de technologie, très sensibles en matière de souveraineté et de non-prolifération, représenteraient une petite révolution vue de la France.
Mais il y a aussi les sujets qui fâchent, à commencer par l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay et Bolivie), que la France bloque sur fond de crise agricole en Europe.
Les entourages des deux chefs d'Etat assurent toutefois qu'aucune négociation ne sera sur la table, et Paris fait valoir que le sujet relève de l'UE.
Emmanuel Macron devrait aussi rappeler toute la place que le G20, présidé cette année par le Brésil, doit selon lui continuer à accorder à la guerre en Ukraine.
Lula, qui se pose en champion du "Sud global", martèle pour sa part que les responsabilités sont partagées en Ukraine et refuse de prendre parti contre la Russie.