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"Le pic de crue ne sera pas atteint aujourd'hui": la ville de Redon retient son souffle avant une crue potentiellement historique dans les prochains jours de la Vilaine, maintenue jeudi en vigilance rouge.
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"Sur la Seiche et la Vilaine, les niveaux vont rester exceptionnellement hauts dans les prochains jours", avertit l'organisme de prévision Vigicrues dans son bulletin de 10H00, qui maintient en rouge l'Ille-et-Vilaine, la Loire-Atlantique et le Morbihan.
"Sur la Vilaine aval à Redon, la tendance reste à la hausse dans les jours qui viennent", insiste Vigicrues.
Si le fleuve s'était stabilisé jeudi matin à un niveau légèrement inférieur aux crues historiques de 1995 et 1936, "la décrue sera lente, ça fait un peu peur", lâche Isabelle Rousselet, 66 ans, en contemplant "ces flots impressionnants".
Très vulnérables car entourés de rivières, de marais et d'un canal, plusieurs quartiers de Redon, en Ille-et-Vilaine, et de Saint-Nicolas-de-Redon, côté Loire-Atlantique, ont les pieds dans l'eau depuis la veille.
La mairie de Redon estimait à 750 (sur près de 10.000) le nombre d'habitants "susceptibles d’être impactés". Aucune nouvelle évacuation n'a été nécessaire durant la nuit et 27 sinistrés étaient accueillis jeudi dans un gymnase.
A Saint-Nicolas-de-Redon, de l'autre côté du pont inondé dont l'accès est bloqué par des gendarmes, 300 personnes ont été évacuées, selon la préfecture de Loire-Atlantique.
Au total, quelque 1.600 personnes ont dû quitter leur logement sur les deux départements limitrophes.
- "Solidarité" d'Emmanuel Macron -
"Solidarité avec les habitants de l’Ouest qui font face à des inondations", a écrit le président Emmanuel Macron sur X jeudi matin. "Pensées pour les maires. Je sais leur mobilisation et leur situation. Merci à eux du travail engagé avec leurs équipes et les services de l’État dont je salue l’engagement", a-t-il ajouté.
"L'état de catastrophe naturelle sera déclaré dans les prochains jours", a affirmé sur franceinfo la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher.
Le pic de la crue de la Vilaine, encore alimenté par les pluies qui se sont abattues mercredi sur la Bretagne, n'est pas encore défini avec certitude. "Il ne sera pas atteint aujourd’hui. Certainement demain", selon les dernières informations de la mairie de Redon.
"La ville est presque isolée", expliquait mercredi le maire de Redon, Pascal Duchêne, alors que la circulation des trains entre Rennes et Nantes, via Redon, est interrompue, et qu'un seul grand axe de circulation routière est accessible.
- Impact sur l'agriculture -
Ces crues, qui n'ont pas fait de victimes, ont aussi de nombreuses conséquences sur l'agriculture.
"Cette situation n'est pas sans conséquence sur les exploitations agricoles" d'Ille-et-Vilaine, relève dans un communiqué le syndicat agricole FDSEA. "Certaines d'entre elles ont vu leurs stabulations inondées, jusqu'à un mètre d'eau a été constaté, et des bâtiments ont souffert des fortes rafales de vent. Les céréales semées à l'automne sont noyées et subissent elles aussi cette forte pluviométrie."
Les pluies de mercredi ont saturé toujours plus les cours d'eau et barrages, que les tempêtes Eowyn et Herminia ont déjà fait déborder ce weekend, inondant notamment Rennes et plusieurs communes d'Ille-et-Vilaine.
La Seine-Maritime, l'Oise et l'Eure se sont ajoutés jeudi aux départements de la Somme et de la Sarthe, placés en vigilance orange crues par Météo-France.
Les Alpes-Maritimes et le Var sont quand à eux en vigilance orange pour pluie-inondations.