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Le pouvoir syrien a exigé mercredi le départ des combattants kurdes de deux quartiers qu'ils contrôlent dans la ville d'Alep (nord), encerclés par les forces gouvernementales et dont les habitants ont fui par milliers.
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Les combats qui ont éclaté mardi entre les autorités islamistes et les Kurdes ont fait 17 morts, 16 civils et un militaire, selon la Défense civile syrienne.
Ils surviennent alors que les deux parties peinent à appliquer un accord conclu en mars pour intégrer les institutions de l'administration autonome kurde au sein du nouvel Etat syrien.
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé les parties à la "retenue" et à la reprise "rapide des négociations" pour la mise en oeuvre de l'accord de mars, par la voix de son porte-parole Stéphane Dujarric.
L'armée syrienne a bombardé à l'artillerie les quartiers de cheikh Maqsoud et Achrafieh dans l'après-midi, après avoir décrété qu'ils seraient considérés comme une "zone militaire" à partir de 15h00 (12h00 GMT).
Mercredi soir, les frappes ont baissé d'intensité, mais des chars et des militaires étaient déployés autour des deux quartiers, selon un correspondant de l'AFP sur place.
- La guerre "cela suffit" -
Un responsable militaire sur place a affirmé à l'AFP que l'opération de l'armée était "limitée" et visait à "faire pression sur les combattants kurdes pour qu'ils quittent la région et que les autorités étendent leur contrôle sur l'ensemble de la ville".
L'armée avait auparavant établi deux "couloirs humanitaires", que des milliers d'habitants, chargés de bagages et certains en pleurs, ont emprunté pour fuir, selon des journalistes de l'AFP.
La Défense civile a déclaré avoir "évacué plus de 3.000 civils" dans la journée.
"Nous ne savons pas où aller", a dit à l'AFP Ahmad, un homme de 38 ans portant son fils sur le dos. "Quatorze ans de guerre, cela suffit".
"Nous avons été forcés de partir car la situation est très difficile", a pour sa part affirmé Ammar Raji, son chat sous le bras.
"J'ai six enfants, dont deux en bas âge", a expliqué cet homme de 41 ans, déjà forcé de fuir il y a six ans les combats dans sa région de Manbej, pour se réfugier à Alep.
L'armée avait prévenu que "toutes les positions des Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes) dans les quartiers d'Achrafieh et Cheikh Maqsoud constituer(aient) une cible légitime" après 12H00 GMT, appelant les habitants à s'en éloigner.
- "Guerre ouverte" -
Une haute responsable kurde, Elham Ahmed, a accusé les autorités syriennes de mener "une guerre génocidaire" contre les Kurdes, les appelant à "résoudre les problèmes à travers le dialogue".
Les autorités ont prolongé jusqu'à jeudi 23h00 (20h00 GMT) la fermeture de l'aéroport d'Alep, décrétée mardi soir. Ecoles, universités et administrations gouvernementales étaient fermés mercredi.
"Nous n'avons nulle part où fuir", a déclaré à l'AFP Joud Serjian, une mère de famille de 53 ans habitant le quartier syriaque, sous contrôle gouvernemental.
Au cours de la guerre civile (2011-2024), Alep avait connu de violents combats avant que les forces du président d'alors, Bachar al-Assad, reprennent le contrôle des quartiers tenus par les rebelles fin 2016, provoquant l'exode d'une partie de leurs habitants.
Les FDS ont affirmé dans un communiqué qu'elles n'avaient aucune présence à Alep depuis le retrait de leurs combattants en avril, en vertu d'un accord avec les autorités, et que les quartiers kurdes étaient tenus par les forces de sécurité intérieures kurdes (Assayish).
Les deux quartiers "ne représentent en aucun cas une menace militaire et ne peuvent servir de base à aucune attaque contre la ville d’Alep", a assuré le communiqué.
Appelant à "mettre fin immédiatement au siège, aux bombardements et à l’attaque militaire visant les civils (..)", les FDS ont averti que "la poursuite de cette agression (..) pourrait replonger l’ensemble de la Syrie dans une guerre ouverte".
Les Kurdes, une importante minorité ethnique en Syrie, contrôlent de vastes étendues dans le nord-est du pays, riches en pétrole et en blé.
Soutenues par les Etats-Unis, les FDS ont été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique, défait en Syrie en 2019.
Les combats en cours sont les plus violents à Alep entre les Kurdes et les autorités syriennes depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024.
Le nouveau pouvoir s'est engagé à protéger les minorités mais a été confronté à des massacres d'alaouites sur la côte en mars et des violences avec les druzes dans le sud en juillet.