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Le Premier ministre britannique Keir Starmer a accusé jeudi le milliardaire américain Elon Musk "d'essayer de susciter la division" après le meurtre d'un étudiant blanc, menotté par la police alors qu'il agonisait, ayant été accusé à tort d'injures racistes par son meurtrier, un homme sikh.
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Le dirigeant travailliste va rencontrer jeudi après-midi la famille d'Henry Nowak, étudiant de 18 ans poignardé à mort en décembre à Southampton, sur la côte sud de l'Angleterre, un drame qui a suscité l'émotion dans le pays et des critiques de l'extrême droite à l'encontre de la police.
Elon Musk "une fois de plus, s'est immiscé dans notre vie politique ces derniers jours, en essayant de susciter la division", a déclaré Keir Starmer à des journalistes.
"Au Royaume-Uni, nous sommes des gens raisonnables et tolérants", a poursuivi le dirigeant travailliste. "Lorsque nous sommes confrontés à une affaire terrible comme celle d'Henry Nowak, nous réagissons avec calme, comme sa famille l'a fait", a-t-il ajouté.
Le père de l'étudiant a demandé à ce que cette affaire ne soit pas utilisée pour "créer davantage de division, de haine ou de tension".
Henry Nowak a été tué alors qu'il rentrait d'une soirée à Southampton.
Un jeune homme sikh de 23 ans, Vickrum Digwa, a été condamné lundi pour ce meurtre à la prison à vie assortie d'une peine de sûreté de 21 ans.
Ce dernier a menti aux policiers au moment des faits en déclarant avoir été victime d'une agression raciste et avoir agi en état de légitime défense après des insultes et des coups.
Les agents l'ont cru et menotté Henry Nowak qui était en train de succomber à ses blessures tandis qu'ils lui signifiaient son arrestation.
L'intervention policière fait l'objet d'une enquête de la police des polices (IOPC), dont le rapport doit être publié sous trois mois.
- Spéculations -
Ce drame, et la diffusion de la vidéo de l'intervention filmée par la police, ont conduit l'extrême droite à accuser cette dernière de "préjugés anti-Blancs", ce que rejette le gouvernement.
Dans un message sur X, Elon Musk a écrit: "Saviez-vous que la politique officielle de la police les oblige à adopter une attitude raciste envers les Blancs ? C'est tout à fait inacceptable et cela doit changer IMMÉDIATEMENT".
Elon Musk affiche régulièrement son soutien à des partis et des personnalités d'extrême droite en Europe, comme Tommy Robinson - dont le vrai nom est Stephen Yaxley-Lennon - au Royaume-Uni.
Le milliardaire était déjà intervenu l'an dernier dans le scandale de gangs pédocriminels en Angleterre, des groupes d'hommes pour beaucoup d'origine pakistanaise qui s'en étaient pris à des filles et jeunes filles, pour la plupart blanches et issues de milieux défavorisés.
Mardi soir, 11 policiers ont été blessés lors d'un rassemblement qui a commencé devant le commissariat de Southampton puis a dégénéré près des lieux du crime, où des manifestants s'en sont pris aux forces de l'ordre en lançant des projectiles.
Deux hommes ont été interpellés et inculpés. L'un d'eux a plaidé coupable de participation à des troubles violents jeudi.
Une ancienne membre des forces de l'ordre, ayant quitté la police en avril 2024, a dû être placée en sécurité après avoir été identifiée à tort sur les réseaux sociaux, puis par des plateformes d'IA comme Grok, comme ayant participé à l'arrestation d'Henry Nowak. Grok est un outil de xAI, la société d'intelligence artificielle d'Elon Musk.
"Il est profondément troublant de voir mon nom associé à tort à une affaire aussi médiatisée et sensible", a écrit cette ancienne policière sur LinkedIn.
Un autre agent, lui aussi identifié à tort comme étant impliqué dans cette affaire, a été contraint de déménager pour assurer sa sécurité et celle de sa famille.
La police des polices a demandé à la population de "cesser de spéculer" sur l'enquête en cours. "Les commentaires incessants sur les éléments de preuve risquent de compromettre toute procédure éventuelle et d'empêcher la famille d'Henry Nowak d'obtenir les réponses qu'elle mérite", a-t-elle dit.