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Alors qu'un nouvel épisode caniculaire se profile et que le risque d'incendies s'intensifie, Sébastien Lecornu se rend jeudi à Marseille pour présider une nouvelle cellule interministérielle de crise, promettant de s'attaquer "en même temps" à l'atténuation du changement climatique et son adaptation.
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Une partie des oppositions a critiqué le gouvernement pour son "impréparation" lors de la canicule historique qui a frappé le pays la deuxième quinzaine de juin, après un premier épisode de chaleurs extrêmes en mai.
Les quatre derniers départements en vigilance orange canicule - Var, Alpes-Maritimes et les deux départements de Corse - seront rétrogradés en jaune jeudi à partir de 6h00.
Météo-France a prévu "sans doute un nouvel épisode de fortes chaleurs à partir de ce week-end". Ce mercredi, six départements du sud de la France, Pyrénées-Orientales, Aude, Hérault, Gard, Bouches-du-Rhône et Vaucluse, ont été placés en "danger très élevé" d'incendies.
A Marseille, le Premier ministre sera informé sur "la saison de feux en cours" puis il présidera la cellule de crise.
Lors du Conseil des ministres mercredi, Emmanuel Macron a appelé le gouvernement à profiter de "la phase de répit" depuis la fin du dernier épisode de canicule pour "anticiper sur des sujets majeurs comme les feux de forêt, l'usage de l'eau, les conséquences pour le milieu agricole", selon la porte-parole Maud Bregeon.
Le ministère de l'Agriculture a annoncé mercredi la mise à disposition de prêts de trésorerie pour que les éleveurs adaptent leurs bâtiments aux fortes chaleurs et Sébastien Lecornu doit présider vendredi une réunion de ministres sur "les conséquences de la canicule en agriculture".
- Vigilance sanitaire -
Du côté du système de santé, la fédération des hôpitaux publics français (FHF), par la voix de sa déléguée générale Zaynab Riet, a prévenu que "s'il n'y a pas de plan massif d'investissement, nous serons dans l'incapacité de pouvoir adapter nos structures au changement climatique".
Sur le plan des transports, le PDG de la SNCF Jean Castex a assuré que la SNCF se "préparait à faire face" à l'afflux de voyageurs dès vendredi pour les grandes vacances, sans pouvoir "garantir que tout va marcher très bien à 100%" si une partie du pays est en situation de canicule.
La France a vu refluer depuis dimanche un épisode caniculaire historique, mais la vigilance sanitaire demeure par crainte d'une forte surmortalité.
Les Ecologistes ont menacé de déposer une motion de censure pour dénoncer l'" impréparation" du gouvernement "à la fois de la canicule qu'on a connue, mais surtout de la canicule qui arrive",
Elle sera signée avec des Insoumis, selon une source au groupe LFI, les Ecologistes ne disposant pas des 58 députés nécessaires pour la déposer, mais pas par le Rassemblement national qui n'entend "pas rendre service" aux Ecologistes.
- "Accélération" -
Le directeur général de l'AP-HP Nicolas Revel estime que le bilan de 2003 (15.000 décès) ne sera pas atteint, car "on a progressé sur plein de choses", mais qu'il sera "probablement supérieur à 2025", à savoir 5.700 morts liées à la chaleur.
En multipliant les cellules interministérielles de crise, ou en activant le plus haut niveau de mobilisation sanitaire, le gouvernement veille à ne pas répéter les erreurs de 2003.
Le Premier ministre a assuré que "l'ensemble de la chaîne" et des dispositifs mis en place pour faire face à la canicule exceptionnelle avaient "tenu". Pour lui, "il n'y a pas d'inaction", mais "un besoin évident d'accélération" face au changement climatique.
"Le débat entre atténuation (du changement climatique, ndlr) et adaptation est derrière nous et désormais, nous devons faire les deux en même temps", a affirmé le Premier ministre devant le Sénat, dans un échange plus policé avec le chef de file des sénateurs écologistes Guillaume Gontard qu'avec Cyrielle Chatelain, patronne des députés écologistes, la veille.
Il s'est dit "favorable" à la tenue d'un éventuel débat au Parlement sur ces sujets, comme demandé par les sénateurs socialistes, qui permettra "d'objectiver le bilan" de la canicule.
Le candidat à la présidentielle Édouard Philippe (Horizons) a affirmé mercredi qu'il n'était "pas né écologiste" mais "peut le devenir", en reconnaissant que la France avait pris "du retard" sur l'adaptation au changement climatique.