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Par une journée chaude et humide à Tokyo, Noboru Watanabe, fonctionnaire à la mairie de la capitale, a surmonté sa gêne pour venir travailler en short, un choix inhabituel dans un pays qui préfère habituellement des tenues de travail plus formelles.
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Cet assouplissement du strict code vestimentaire, en particulier pour les hommes, a été mis en place alors que les entreprises japonaises réduisent leur recours à la climatisation en raison de coûts énergétiques élevés liés à la guerre au Moyen-Orient.
Mardi, alors que les températures tokyoïtes atteignaient 34°C, au moins cinq hommes du bureau de M. Watanabe, 50 ans, ont troqué leur costume contre un short.
Cette initiative vestimentaire a été annoncée au printemps par la gouverneure de Tokyo Yuriko Koike, qui a évoqué des "perspectives difficiles pour l'approvisionnement en électricité".
Elle s'inscrit dans une version renforcée de "Cool Biz", une campagne d'économies d'énergie qui encourage les fonctionnaires à abandonner cravate et veste en été, et que Mme Koike avait lancée en 2005 lorsqu'elle était ministre de l'Environnement.
"Nous encourageons des tenues +fraîches+ qui privilégient le confort, notamment les polos, les t-shirts et les baskets, ainsi que - selon les responsabilités professionnelles - les shorts", avait-elle déclaré aux journalistes en avril.
- Une démarche débattue -
Cette mesure suscite une certaine envie chez d'autres salariés de Tokyo, comme Takayuki Deguchi, un employé de 30 ans d'une société de marketing qui exige toujours le port du costume.
"Je pense que pouvoir porter le short, ce qui permet de réguler sa température lorsqu'il fait si chaud, est une approche très souple", a-t-il déclaré à l'AFP.
La campagne a toutefois également suscité des discussions en ligne pour savoir si le short était une tenue adaptée au travail.
Sachie Koike, une agente immobilière de 52 ans, a dit n'avoir aucun problème avec le fait que les hommes abandonnent la cravate ou la veste en été, mais que le short allait trop loin.
"Je l'associe à un jour de congé", a déclaré Sachie Koike. "Je ne trouve tout simplement pas que les jambes poilues donnent une impression très soignée" sur le lieu de travail, a-t-elle ajouté.
L'an dernier, le Japon a connu son été le plus chaud depuis le début des relevés en 1898, selon l'Agence météorologique japonaise.
Les températures atteignant 40°C et plus sont devenues si fréquentes que l'agence a dévoilé en avril une appellation officielle pour ces épisodes météorologiques extrêmes, les qualifiant de journées "cruellement chaudes", ou "kokusho".
Selon les scientifiques, le changement climatique provoqué par l'activité humaine rend les phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents, plus longs et plus intenses.