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Près de huit ans après l'effondrement du pont Morandi de Gênes (Italie), le jugement est attendu jeudi après-midi dans un méga-procès qui doit établir si les gestionnaires du viaduc auraient pu éviter cette catastrophe qui a fait 43 morts.
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Après quatre ans de procès et 283 audiences au tribunal de Gênes (nord), les juges ont annoncé qu'ils énonceraient leur décision à 14H00 locales (12h00 GMT).
Le 14 août 2018, à 11H36 locales, sous une pluie battante, cet immense pont sur l'autoroute qui connecte l'Italie et la France s'écroulait, précipitant dans le vide des dizaines de véhicules.
La plupart des accusés n'étaient pas présents à l'audience jeudi matin.
"Avec cette tragédie, notre confiance en l'État a vacillé", a déclaré à l'entrée du tribunal la présidente du comité des victimes, Egle Possetti.
"Nous avons regagné de la confiance avec le travail de la magistrature et celui des enquêteurs", qui "nous ont un peu soulagés de la profonde tristesse dans laquelle nous avions plongé après l’effondrement. Nous verrons aujourd’hui si tout ce travail parviendra à porter ses fruits avec des condamnations".
Pendant ces années de procès, "pas une seule personne n'a dit +J’ai ma part de responsabilité+. Ca, c'était dur", a souligné Egle Possetti.
Les accusés sont surtout des cadres de la société Autostrade per l'Italia (Aspi), qui gérait le pont, de sa filiale Spea, qui l'entretenait, et du ministère des Infrastructures et des Transports.
Cette tragédie avait jeté une lumière crue sur le piètre état des infrastructures de transport en Italie et sur le rôle trouble d'Autostrade, accusée d'avoir failli à l'entretien de l'ouvrage d'art pour faire des économies.
Si leurs anciens dirigeants se retrouvent sur le banc des accusés, les sociétés Autostrade et Spea ont en revanche échappé au procès grâce à un accord à l'amiable conclu avec le parquet.
Autostrade s'est payé une page mercredi dans la presse italienne pour réitérer ses excuses, par la voix de son nouveau directeur général, pour les "actions et les choix faits par certains, qui ont laissé des blessures indélébiles". Arrigo Giana a affirmé "l’engagement absolu" de ses salariés "pour que des faits de ce genre ne se reproduisent plus jamais".