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Emmanuel Macron est arrivé jeudi en fin de matinée dans la forêt de Fontainebleau afin de soutenir les acteurs "mobilisés pour lutter contre les incendies" après une nuit "calme" sur le front des feux qui ont ravagé 2.000 hectares depuis dimanche.
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Le chef de l'Etat doit rencontrer les élus et les "acteurs engagés sur le terrain" au poste de commandement opérationnel installé à Noisy-sur-Ecole en Seine-et-Marne, sur une portion de cette forêt emblématique et fragile à 60 km au sud-est de Paris, classée "réserve de biosphère" par l'Unesco.
"Il les remerciera pour leur mobilisation sans faille ces derniers jours et réaffirmera le plein engagement de l'État pour faire face à la saison exceptionnellement intense de feux de forêt que nous connaissons actuellement", a fait savoir l'Elysée mercredi soir dans un communiqué.
Le feu est toujours "fixé" mais "pas encore éteint". Le quasi-millier de pompiers qui luttent depuis quatre jours contre plusieurs incendies dans la forêt va recevoir le renfort de 120 militaires du génie en provenance de l'est de la France, habitués à préparer terrain et infrastructures.
En effet, compte tenu de la tourbe et du sable qui composent cette forêt renommée, les pompiers sont contraints de s'attaquer à chaque souche d'arbre où le feu a repris car l'incendie peut repartir de plus belle un peu plus loin.
Ils sont ainsi obligés de "noyer" chaque petit foyer d'incendie avec le renfort des largages aériens, mais aussi de retourner la terre avec des bêches, un travail fastidieux qui demande beaucoup de main d’œuvre.
La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a appelé Emmanuel Macron à "prendre le leadership d'une grande initiative nationale pour la régénération de la forêt de Fontainebleau, comme il l'avait fait après l'incendie de Notre-Dame". "Il faut mobiliser tous les amis de la forêt de Fontainebleau, tous les mécènes pour replanter" la forêt, le "poumon vert de notre région", joyau de biodiversité, a insisté l'élue LR sur BFMTV/RMC.
Dans l'immédiat, Béatrice Rucheton, vice-présidente du département de Seine-et-Marne chargée de l'environnement et présente sur place, attend du chef de l'Etat "l'assurance d’avoir un soutien national dans la durée" car "on n'est pas à l’abri d’une reprise", dit-elle à l'AFP.
- interpellations -
L'autre question de la journée sera "l'hypothétique réouverture de l’autoroute A6", bloquée à cause des flammes, a aussi indiqué le commandant Laurain.
Quelque 950 sapeurs-pompiers se sont relayés ces derniers jours dans le massif des Trois-Pignons et dans le secteur de la Faisanderie, appuyés par trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement.
Jeudi, seuls le Dash et les hélicoptères étaient encore en action pour la journée, à la faveur de l'amélioration de la situation.
Une polémique politique a accompagné cet incendie, le Rassemblement national et La France insoumise accusant le pouvoir macroniste d'avoir annulé en 2024 la commande de deux Canadair, appareils dédiés à l'attaque directe et massive des incendies.
Mercredi dans la soirée, la procureure de Fontainebleau, Diane Ngomsik, a annoncé la mise en examen et le placement en détention provisoire d'un pompier volontaire de 18 ans, suspecté d'un départ de feu constaté lundi.
Il a d'abord avoué avoir "mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l'essence", avant de revenir mercredi sur ses aveux, selon la magistrate.
Un autre homme de 18 ans a admis "avoir accidentellement mis le feu en jetant sa cigarette" sur un autre lieu de départ de feu qui a ravagé la forêt classée pour sa valeur paysagère et "site Natura 2000", a-t-elle ajouté.
En outre, un quadragénaire suspecté d'avoir voulu provoquer un incendie a été interpellé mardi soir sur un parking près de la forêt de Fontainebleau et placé en garde à vue. De nombreux journaux froissés et un briquet ont été retrouvés dans son véhicule, d'après une source policière.