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Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken poursuit mardi sa tournée au Moyen-Orient pour tenter d'imposer une trêve dans la guerre entre Israël et le Hamas qui s'apprête à entrer dans son cinquième mois.
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M. Blinken a entamé lundi en Arabie saoudite cette cinquième tournée régionale depuis le début de la guerre qui doit le conduire mardi en Egypte et au Qatar, deux pays médiateurs aux côtés de Washington, avant de se rendre en Israël et en Cisjordanie occupée.
Avant lui, lundi, le nouveau ministre français des Affaires étrangères Stéphane Séjourné s'est entretenu avec des responsables israéliens et palestiniens dans l'espoir de favoriser une trêve, voire "un règlement politique global".
Le chef du Hamas pour Gaza, Yahya Sinouar, originaire de Khan Younès, est "en fuite" et se déplace "de cachette en cachette", a affirmé lundi soir le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant.
- "Allons-nous mourir ?" -
Au cours des 24 dernières heures, des frappes ont aussi visé Rafah, à l'extrême sud du territoire, une ville qui comptait 270.000 habitants avant la guerre, mais où s'entassent à présent dans des conditions désespérées plus de 1,3 million de personnes ayant fui les combats, selon l'ONU.
"Aucun endroit n'est sûr, aucun endroit du tout, où allons-nous aller ? Que ferons-nous ? Allons-nous mourir ? Si nous sommes censés vivre, où irons-nous ?", soupire à Rafah, Mohamad Kozaat, déplacé par les combats au nord mais dont six proches, dont sa fille, ont été blessés dans des raids au sud.
"Nous étions assis ici, heureux avec les enfants, et tout à coup nous avons entendu le bruit des bombardements. Tout le toit est tombé sur nous (...) j'ai commencé à chercher mes enfants, mes frères et sœurs et mes neveux. Je ne voyais aucun d'entre eux, la poussière nous couvrait les yeux, j'ai découvert que ma fille était blessée", a-t-il ajouté.
La ville surpeuplée, située à la frontière fermée avec l'Egypte, pourrait être le prochain objectif d'Israël qui affirme vouloir "anéantir" le mouvement islamiste, classé organisation terroriste les Etats-Unis et l'Union européenne.
La guerre a éclaté le 7 octobre par une attaque sans précédent en sol israélien de commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza, qui a entraîné la mort de plus de 1.160 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.
En riposte, Israël a lancé une vaste offensive militaire qui a fait 27.478 morts dans la bande de Gaza, en grande majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas.
- La trêve et au-delà -
Fin novembre, une première trêve avait permis une pause d'une semaine dans les combats, l'entrée supplémentaire d'aide, les libérations d'une centaine d'otages, sur les quelque 250 à Gaza, et de prisonniers palestiniens.
Au cours de sa nouvelle tournée dans la région, M. Blinken appuie le projet des médiateurs qataris, américains et égyptiens élaboré à Paris fin janvier et qui doit encore être approuvé par le Hamas et Israël.
Selon une source du Hamas, la proposition prévoit une trêve de six semaines durant laquelle Israël devra libérer de 200 à 300 prisonniers palestiniens en échange de 35 à 40 otages détenus à Gaza, et 200 à 300 camions d'aide pourront entrer chaque jour dans le territoire.
Or le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, exige un cessez-le-feu total. Israël de son côté continue d'affirmer qu'il ne mettra fin définitivement à son offensive qu'une fois le mouvement islamiste éliminé et les otages libérés.
"Le Hamas a des exigences que nous n'accepterons pas", a déclaré lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
- 2 litres d'eau -
En Israël, M. Blinken doit également insister sur l'urgence de laisser entrer l'aide dans la bande de Gaza, assiégée et plongée dans une crise humanitaire majeure après quatre mois de guerre.
Cette crise est particulièrement aiguë dans le secteur de Rafah, où s'entasse désormais la moitié de la population de Gaza rejoint chaque jour par des milliers d'autres personnes fuyant les combats.
Selon l'ONU, les nouveaux arrivés à Rafah ne disposent plus que de 1,5 à 2 litres d'eau chacun par jour pour boire, cuisiner et se laver, et les cas de diarrhée chronique chez les enfants montent en flèche.
Ajoutant à la détresse, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) a vu des pays donateurs, dont les Etats-Unis, suspendre leur financement après des accusations d'Israël selon lesquelles 12 de ses employés ont participé à l'attaque du 7 octobre.
Le conflit à Gaza s'est aussi propagé dans la région avec des tensions entre d'un côté Israël et ses alliés et de l'autre l'Iran et son "axe de la résistance" qui comprend, outre le Hamas, le Hezbollah libanais, des milices irakiennes et les Houthis yéménites.
Les Etats-Unis ont mené la semaine dernière des frappes contre des sites en Syrie et trois en Irak, visant les Gardiens de la Révolution islamique, armée idéologique de l'Iran, et des groupes armés pro-iraniens, selon Washington.
Lors d'une réunion lundi du Conseil de sécurité de l'ONU sur ces frappes, la secrétaire générale adjointe pour les Affaires politiques Rosemary DiCarlo à appeler les Etats à "coopérer activement" pour "empêcher une nouvelle escalade".