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Le Premier ministre israélien a ordonné mercredi à l'armée de "préparer" l'offensive sur Rafah, où sont massés les Palestiniens déplacés par la guerre contre le Hamas, rejetant toute concession dans les négociations en vue d'une trêve dans la bande de Gaza.
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"Nous avons donné l'ordre aux forces de défense israéliennes de préparer une opération à Rafah ainsi que dans deux camps (de réfugiés), derniers bastions restants du Hamas", a expliqué Benjamin Netanyahu dans un discours à la télévision, le jour où la guerre entrait dans son cinquième mois.
Il a écarté l'idée d'une pause des combats, assurant que la victoire sur le mouvement islamiste palestinien était "une affaire de mois" grâce à la "poursuite de la pression militaire".
Cette annonce intervient alors que le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken est en Israël dans le cadre d'une tournée régionale pour discuter d'un accord de trêve.
M. Blinken avait auparavant répété qu'il restait "beaucoup de travail" pour parvenir à un accord incluant la libération des otages retenus dans le territoire palestinien, à la veille de l'ouverture au Caire d'un nouveau cycle de tractations, parrainé par l'Egypte et le Qatar, selon un responsable égyptien.
- "Film d'horreur" -
La guerre a été déclenchée le 7 octobre par une attaque sans précédent menée sur le sol israélien par des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza, qui a entraîné la mort de plus de 1.160 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.
Environ 250 personnes ont été enlevées ce jour-là. Selon Israël, 132 otages sont toujours détenus à Gaza, dont 29 seraient morts.
En riposte, Israël a juré de "détruire" le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, et a lancé une offensive qui a fait 27.708 morts dans le territoire palestinien, en grande majorité des femmes, enfants et adolescents, selon le ministère de la Santé du Hamas.
Khan Younès, dans le sud du territoire palestinien, et la ville voisine de Rafah, refuge pour des centaines de milliers de déplacés qui craignent un assaut terrestre, ont été de nouveau la cible de bombardements israéliens mercredi, selon un journaliste de l'AFP.
"Nous n'avons pas dormi de la nuit. Le bruit des avions n'a pas cessé. Les bombardements sont devenus si proches et si violents. Je suis terrorisée à l'idée qu'Israël lance une opération terrestre sur Rafah", a confié à l'AFP Dana Ahmed, une femme de 40 ans qui a fui la ville de Gaza, dans le nord, et vit sous une tente à Rafah.
"Je ne peux pas imaginer ce qui va nous arriver", a-t-elle ajouté. "Où irons-nous? J'ai l'impression de vivre un film d'horreur".
- "Conséquences incalculables" -
Après l'Egypte et le Qatar mardi, le secrétaire d'Etat américain s'est rendu mercredi à Jérusalem puis à Ramallah en Cisjordanie occupée, pour sa cinquième tournée dans la région depuis le début de la guerre. Il vient soutenir une proposition de trêve élaborée par des responsables américains, qataris et égyptiens fin janvier à Paris, à laquelle le Hamas a répondu.
A la suite d'un entretien avec M. Netanyahu, il a dit espérer "reprendre la libération des otages qui a été interrompue", en allusion à une première trêve d'une semaine fin novembre. En tout, 105 otages et 240 prisonniers palestiniens détenus par Israël avaient été libérés.
Il a également discuté de "pas supplémentaires" pour acheminer de l'aide dans la bande de Gaza, assiégée par Israël et plongée dans une crise humanitaire majeure.
La visite d'Antony Blinken "est un cauchemar", parce qu'à chaque visite, Israël "intensifie ses agressions pour lui montrer qu'il refuse toute trêve", a affirmé Mohammad Abou Nada, venu se recueillir à l'hôpital Najjar de Rafah sur la dépouille d'un proche tué dans une frappe.
Environ 1,7 million de personnes, selon l'ONU, ont été déplacées par la guerre sur les 2,4 millions d'habitants du petit territoire dévasté.
Après avoir fui les combats plus au nord, plus de 1,3 million de déplacés, selon l'ONU, s'entassent dans des conditions désespérées à Rafah, soit cinq fois la population initiale de cette ville adossée à la frontière fermée avec l'Egypte.
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a mis en garde contre les "conséquences régionales incalculables" d'un éventuel assaut sur Rafah qui "augmenterait de façon exponentielle ce qui est déjà un cauchemar humanitaire".
- "Toutes les vies se valent" -
Selon une source du Hamas, le projet de trêve prévoit notamment une pause des combats de six semaines, un échange de 200 à 300 prisonniers palestiniens contre 35 à 40 otages, et l'entrée accrue d'aide humanitaire à Gaza.
Une source du Hamas proche du dossier a confirmé à l'AFP que son groupe avait pour objectif "un cessez-le-feu, la fin de la guerre et un échange de prisonniers".
Mais Israël, qui considère le mouvement islamiste palestinien comme une organisation terroriste de même que les Etats-Unis et l'Union européenne, soutient qu'il ne mettra fin définitivement à son offensive qu'une fois le Hamas éliminé et les otages libérés.
En France, où un hommage a été rendu mercredi aux victimes françaises de l'attaque du 7 octobre, le président Emmanuel Macron a dénoncé "le plus grand massacre antisémite de notre siècle", ajoutant que "toutes les vies se valent" dans les "déchirements" du Moyen-Orient.
A Tel-Aviv, plusieurs centaines de personnes ont assisté à la diffusion en direct de la cérémonie. M. "Macron nous a montré son soutien et j'espère qu'il ne cessera pas et continuera de se battre pour nous", a dit à l'AFP Hadas Kalderon. Sa mère et sa nièce de 12 ans sont mortes le 7 octobre, et son père est toujours otage à Gaza.