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Israël a annoncé lundi avoir libéré deux otages à Rafah, ultime cible affichée de son offensive dans la bande de Gaza, où le Hamas au pouvoir a fait état de 52 Palestiniens tués lors de cette opération nocturne.
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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné à son armée de préparer une offensive sur Rafah, à frontière avec l'Egypte, où se masse actuellement la majeure partie de la population du territoire palestinien, selon l'ONU, suscitant l'inquiétude de la communauté internationale.
Le Hamas a prévenu dimanche qu'une telle offensive "torpillerait" tout accord pour une libération des otages qu'il détient encore à Gaza.
Mais Israël a affirmé que les frappes dans la nuit de dimanche à lundi s'inscrivaient non pas dans le lancement de cette offensive, mais d'une opération pour récupérer deux otages enlevés le 7 octobre lors de l'attaque sans précédent des combattants du Hamas dans le sud d'Israël, point de départ de cette guerre.
"Fernando Simon Marman, 60 ans, et Louis Har, 70 ans, ont été récupérés lors d'une opération nocturne à Rafah menée conjointement par l'armée le Shin Beth (Sécurité intérieure) et la police israéliennes", selon un communiqué de ces trois services.
"Trois terroristes ont été tués dans l'immeuble où ils étaient détenus", selon un premier bilan de l'armée israélienne, qui s'était auparavant bornée à confirmer avoir "mené une série de raids contre des cibles terroristes dans le sud de la bande de Gaza".
- Encore une centaine d'otages -
Ces frappes ont touché 14 maisons et trois mosquées dans différents secteurs de Rafah, selon le gouvernement du Hamas.
Environ 250 personnes ont été enlevées en Israël le 7 octobre et emmenées à Gaza. Une trêve d'une semaine en novembre avait permis la libération de 105 otages en échange de 240 prisonniers palestiniens détenus par Israël. Avant la libération des deux derniers otages, Israël estimait que 132 étaient toujours détenus à Gaza, dont 29 seraient morts.
Rafah est devenue le dernier refuge pour les Palestiniens coincés à la frontière fermée avec l'Egypte, au nombre d'1,4 million selon l'ONU, en grande majorité des déplacés ayant fui la guerre qui fait rage depuis quatre mois entre Israël et le mouvement islamiste.
Le président américain Joe Biden a exhorté le Premier ministre israélien, lors d'un entretien téléphonique dimanche, à "garantir la sécurité" de la population palestinienne. Plusieurs Etats ont mis en garde contre une "catastrophe humanitaire" en cas d'assaut sur la ville surpeuplée.
"La victoire est à portée de main", a déclaré sur la chaîne américaine ABC News Benjamin Netanyahu, qualifiant Rafah de "dernier bastion" des "bataillons terroristes du Hamas".
Israël assurera "un passage sécurisé à la population civile pour qu'elle puisse quitter" la ville, a-t-il ajouté, sans préciser où les civils pourraient se réfugier.
- "Nulle part où aller" -
"Je ne sais pas où nous irons" en cas d'offensive sur Rafah, a témoigné Farah Mohammad, qui a fui la ville de Gaza, dans le nord du territoire. "Il n'y plus d'endroit pour s'échapper", dit cette mère de famille de 39 ans, qui a perdu tout contact avec son mari depuis un mois.
"Dans les conditions actuelles", Washington "ne pourrait pas soutenir une opération militaire à Rafah en raison de la densité de la population", a indiqué un haut responsable de l'administration américaine, soulignant que la population civile n'a "nulle part où aller".
L'assaut des combattants du Hamas dans le sud d'Israël, le 7 octobre, a fait plus de 1.160 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.
En représailles, Israël a juré de "détruire" mouvement islamiste, au pouvoir à Gaza depuis 2007, qu'il considère comme une organisation "terroriste", de même que les Etats-Unis et l'Union européenne.
L'offensive israélienne a fait plus de 28.000 morts dans la bande de Gaza, en grande majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas.
Par ailleurs, la police et l'armée israéliennes ont annoncé avoir tué dimanche soir deux Palestiniens auteurs d'attaques au couteau, l'une sur un barrage de police à Jérusalem-Est occupé et annexé, et l'autre contre un soldat israélien à un barrage près de Bethléem, en Cisjordanie occupée.
Le ministère de la Santé de l'Autorité palestinienne, qui gouverne les zones autonomes de Cisjordanie, a fait état d'un Palestinien de 35 ans tué par les forces israéliennes près de Bethléem. Le Palestinien tué à Jérusalem-Est était un résident de la ville âgé de 15 ans, a rapporté l'agence officielle palestinienne Wafa.
Environ 1,7 million de personnes, d'après l'ONU, sur un total de 2,4 millions d'habitants, ont fui leur foyer depuis le 7 octobre dans le territoire palestinien dévasté, assiégé par Israël et plongé dans une crise humanitaire majeure. Beaucoup ont été déplacées plusieurs fois, fuyant toujours plus vers le sud à mesure que les combats s'étendaient.
Rafah, devenue un gigantesque campement, est le dernier centre urbain où l'armée israélienne n'a pas encore pénétré et le principal point d'entrée de l'aide humanitaire, insuffisante pour répondre aux besoins de la population menacée en plein hiver par la famine et les épidémies.