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Le président palestinien Mahmoud Abbas a appelé mercredi le Hamas à conclure "rapidement" un accord de trêve pour éviter une offensive israélienne sur Rafah, au moment où se tiennent des négociations au Caire sur une pause des hostilités dans la bande de Gaza.
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Dans le territoire palestinien assiégé et dévasté par plus de quatre mois de guerre, les bombardements israéliens n'ont pas cessé, tuant dans la nuit 104 personnes, en majorité des femmes et des enfants, selon le ministère de la Santé du mouvement Hamas qui a pris le pouvoir dans le territoire palestinien en 2007.
"Nous appelons le Hamas à conclure rapidement l'accord sur les prisonniers, pour épargner à notre peuple palestinien une autre catastrophe, non moins dangereuse que la Nakba de 1948, et éviter une attaque de l'occupation contre Rafah qui entraînerait des milliers de victimes et un exode de notre peuple", a dit M. Abbas, cité par l'agence palestinienne Wafa.
La "Nakba" ("Catastrophe", en arabe) est le terme utilisé par les Palestiniens pour désigner l'exode de quelque 760.000 d'entre eux, poussés au départ à la création de l'Etat d'Israël en 1948.
M. Abbas et l'Autorité palestinienne qu'il dirige sont accusés par de nombreux Palestiniens d'être restés largement passifs face à la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza.
Basés en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, ils ne participent pas aux négociations en cours au Caire, où une délégation du Hamas devrait arriver mercredi selon une source du mouvement islamiste palestinien.
Depuis mardi, l'Egypte accueille des représentants des Etats-Unis, principal soutien d'Israël, et du Qatar, où est basé le chef du Hamas, pour des pourparlers en vue d'une trêve portant sur une nouvelle libération d'otages emmenés à Gaza le 7 octobre lors d'une attaque sans précédent du Hamas contre Israël.
- Des proches d'otages à La Haye -
Le chef du Mossad, les services secrets israéliens, David Barnea, a participé aux discussions avec le directeur de la CIA, William Burns, le Premier ministre du Qatar, Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani, et des responsables égyptiens avant de quitter le Caire, a indiqué mardi soir la télévision AlQahera News, proche du renseignement égyptien.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, très critique de l'offensive israélienne à Gaza, est lui aussi arrivé au Caire.
Selon Israël, 130 otages sont détenus encore à Gaza, dont 29 seraient morts, sur environ 250 personnes enlevées le 7 octobre. Une trêve d'une semaine fin novembre a permis la libération de 105 otages en échange de 240 Palestiniens emprisonnés par Israël.
Une centaine de proches d'otages se sont rendus mercredi à La Haye pour déposer plainte contre le Hamas pour "crimes contre l'Humanité" auprès de la Cour pénale internationale (CPI), selon leurs représentants.
La guerre a été déclenchée par l'attaque le 7 octobre de commandos du Hamas infiltrés de la bande de Gaza voisine dans le sud d'Israël, qui a entraîné la mort de plus de 1.160 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.
Israël a juré de "détruire" en représailles le Hamas, et mené une offensive militaire d'envergure qui a fait 28.576 morts à Gaza, en grande majorité des civils, selon le dernier bilan du ministère de la Santé du Hamas.
- Frappes israéliennes au Liban -
Mardi, l'armée israélienne a diffusé une vidéo montrant selon elle le chef du Hamas à Gaza, Yahya Sinouar, cerveau présumé de l'attaque du 7 octobre, dans un tunnel le 10 octobre. La "traque ne s'arrêtera que lorsque nous l'aurons capturé mort ou vivant", a-t-elle affirmé.
Depuis le début de la guerre, des quartiers entiers ont été rasés à Gaza par les bombardements israéliens incessants et 1,7 million de personnes, selon l'ONU, ont été déplacées sur les quelque 2,4 millions d'habitants du territoire surpeuplé de 362 km2, assiégé par Israël et plongé dans une crise humanitaire majeure.
Rafah est le dernier centre urbain où l'armée israélienne n'a pas encore pénétré et le principal point d'entrée de l'aide humanitaire, insuffisante pour répondre aux besoins d'une population menacée en plein hiver par la famine et les épidémies selon l'ONU.
Début février, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné à l'armée de préparer une offensive sur Rafah, "dernier bastion" selon lui du Hamas, considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis et l'Union européenne.
Malgré les mises en garde internationales, il s'est dit déterminé à poursuivre "la pression militaire jusqu'à la victoire complète" sur le Hamas, et la libération des otages. Il a néanmoins assuré dimanche qu'Israël ouvrirait à la population "un passage sécurisé" pour quitter Rafah, sans préciser vers où.
Washington a dit s'opposer à une offensive contre Rafah sans garanties pour la sécurité des civils, et le chef des Affaires humanitaires de l'ONU, Martin Griffiths, a averti qu'elle "pourrait conduire à un massacre".
Sur un autre front de bataille, l'armée israélienne a lancé "une série de raids au Liban", après qu'une roquette tirée depuis le sud de ce pays voisin a fait des blessés dans le nord d'Israël.