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Des troupes ukrainiennes ont été "urgemment redéployées" pour renforcer la garnison d'Avdiïvka, épicentre de combats et bombardements qui ont fait un "enfer" de cette ville de l'Est de l'Ukraine sous les assauts russes.
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La situation évolue rapidement ces derniers jours dans cette cité industrielle du Donbass ravagée par les combats, où la position des défenseurs ukrainiens est de plus en plus précaire depuis que la Russie a lancé en octobre son offensive pour achever d'encercler la ville.
"La troisième brigade d’assaut confirme avoir été urgemment redéployée pour renforcer les troupes ukrainiennes dans le secteur d'Avdiïvka" a indiqué jeudi cette unité sur Telegram dans un message titré "l'enfer d'Avdiïvka".
Cette brigade a affirmé y mener des contre-attaques sur des quartiers conquis par les Russes, estimant les forces adverse dans sa zone à "environ sept brigades", soit plusieurs milliers de personnes, avec des renforts qui continuent à arriver.
"Nous sommes obligés de nous battre sur 360 degrés contre de nouvelles brigades que l'ennemi continue d'envoyer", a déclaré le commandant de l'unité Andriï Biletsky.
Plus réservé, l'état-major de l'armée ukrainienne a simplement déclaré, comme tous les jours, que les Russes poursuivaient leurs tentatives d'"encercler Avdiïvka".
Selon la chaîne Telegram DeepState, proche de l'armée ukrainienne et suivie par plus de 600.000 personnes, les forces russes ont progressé au cours de la journée de mercredi au nord et au sud de la ville dans leur tentative de couper la ville en deux, la situation "continuant de se détériorer en raison de tirs incessants".
"Les groupes d'assaut ennemis se concentrent sur les zones où ils réussissent. Dans le même temps, les effectifs continuent de s'accumuler dans les bâtiments occupés de la ville", a-t-elle affirmé dans un message publié mercredi soir.
- L'"impact" du manque d'aide -
Avdiïvka était brièvement tombée en juillet 2014 aux mains de séparatistes pilotés par Moscou, avant de revenir sous contrôle ukrainien et de le rester malgré l'invasion du 24 février 2022 et sa proximité avec Donetsk, bastion des forces prorusses dans l'Est de l'Ukraine depuis 10 ans.
Elle est aujourd'hui en grande partie détruite, mais quelque 900 civils y demeurent selon les autorités locales. Moscou espère aussi que sa capture rendra plus difficile les bombardements ukrainiens visant Donetsk.
L'Ukraine a par ailleurs été visée dans la nuit par une nouvelle attaque de 26 missiles russes, dont 13 ont été abattus, qui a fait au moins un mort et neuf blessés --trois à Lviv, dans l'Ouest, et six à Zaporijjia, dans le Sud du pays--, selon les autorités.
Sur les dernières 24 heures, huit personnes ont aussi été tuées et 13 blessées dans la région de Donetsk, où se concentrent les combats et bombardements, selon la police.
En Russie, un dépôt de pétrole s'est enflammé dans la nuit dans la région frontalière de Koursk à la suite d'une attaque de drone ukrainien, ont indiqué les autorités russes. Ce genre d'attaque s'est multiplié ces derniers mois dans une tentative de priver Moscou de ressources clés.
Les forces ukrainiennes sont sur la défensive sur l'essentiel du front depuis l'échec de leur contre-offensive l'été dernier et disent manquer d'hommes, d'armes et de munitions faute d'un soutien occidental suffisant.
Pour obtenir plus de soutien, le président ukrainien Volodymyr Zelensky se rendra en Allemagne et en France vendredi pour y rencontrer respectivement le chancelier Olaf Scholz et le président Emmanuel Macron avant de participer samedi en Allemagne à la Conférence de Munich sur la sécurité.
A Paris, M. Zelensky signera un accord de sécurité entre la France et l'Ukraine. En Allemagne il prononcera un discours à la Conférence de Munich et s'entretiendra notamment avec la vice-présidente américaine Kamala Harris.
Les Etats-Unis, principaux bailleurs de fonds à l'Ukraine, ne parviennent pas à adopter un nouvelle enveloppe d'aide à l'Ukraine sur fond de divisions de la classe politique avant leur élection présidentielle cette année.
Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a souligné jeudi que le blocage sur l'aide à l'Ukraine a déjà un "impact" sur le champ de bataille, tout en disant s'attendre à ce que les fractions à Washington finissent par se mettre d'accord.
Le Royaume-Uni a de son côté annoncé jeudi, à l'occasion d'une réunion de l'Otan, qu'il allait copiloter avec la Lettonie une coalition de pays chargée d'organiser la livraison à l'Ukraine de milliers de drones, utilisés par les troupes ukrainiennes notamment pour pallier le manque d'obus d'artillerie.