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Préfecture d'Ille-et-Vilaine, siège de Lactalis à Laval, A62 près de Montauban: les actions de mobilisation d'agriculteurs continuent mercredi après les annonces du Premier ministre Gabriel Attal, à trois jours du Salon de l'agriculture où le président Emmanuel Macron est attendu au tournant.
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Le Premier ministre a récapitulé mercredi matin les dizaines d'engagements et chantiers déjà lancés, et annoncé des mesures sur les visas de saisonniers étrangers, sur les pesticides ou encore sur la rémunération. Mais il semble avoir laissé sur leur faim les agriculteurs, focalisés sur l'intervention à venir du chef de l'Etat.
"Il y a des choses qui bougent, des marqueurs qui commencent à tendre dans le bon sens (mais) il faut des actes", a réagi le président des Jeunes agriculteurs, Arnaud Gaillot. "A l'heure actuelle, tout est dans les mains du président", a-t-il dit, appelant celui-ci à "casser la baraque" samedi.
Dans le même temps, plusieurs dizaines d'agriculteurs bretons déversaient de la terre devant la préfecture d'Ille-et-Vilaine à Rennes afin notamment de réclamer de "vraies annonces", tandis que quelque 200 manifestants en colère pénétraient dans le siège de Lactalis à Laval, à l'appel de la Confédération paysanne, pour dénoncer les pratiques du géant de l'industrie laitière et réclamer une meilleure rémunération des éleveurs.
- Visas simplifiés -
L'agriculture, a dit M. Attal mercredi, fait partie "des intérêts fondamentaux" de la Nation au même titre que sa sécurité ou sa défense. "L'objectif de souveraineté agricole et alimentaire" sera inscrit "noir sur blanc" dans le futur projet de loi d'orientation agricole, a-t-il promis.
Le texte, renommé Projet de loi pour une agriculture souveraine selon un communiqué de Matignon, comprendra aussi plusieurs mesures de simplification, une revendication forte des manifestants, sur les haies par exemple.
Pour simplifier la vie des exploitants, le Premier ministre s'est aussi engagé à "faciliter" l'attribution de visas pour que les saisonniers étrangers venant travailler dans les fermes françaises.
Sur les pesticides, la France va abandonner le Nodu, le principal indicateur utilisé pour mesurer la réduction de leur usage, au profit d'un indice européen. Cet abandon, qui "satisfait" le syndicat agricole majoritaire FNSEA et l'industrie des pesticides, a été dénoncé par les associations environnementales.
Le gouvernement va aussi présenter d'ici l'été un nouveau texte de loi pour "renforcer le dispositif Egalim" devant permettre une meilleure rémunération des producteurs dans le cadre des négociations entre distributeurs et fournisseurs agro-industriels.
Pour Laurence Marandola, porte-parole nationale de la Confédération paysanne, une nouvelle version de la loi Egalim ne peut attendre.
"La priorité des priorités ne peut pas attendre l'été. Si en deux semaines on peut défaire des questions sur les produits phytosanitaires, pourquoi on ne pourrait pas en quelques semaines se doter d'une loi qui protège les revenus des paysans ?", a-t-elle demandé.
"La loi Egalim, c’est beau sur le papier mais aujourd’hui ça ne fonctionne pas. Il faut revenir à la base, c’est l’agriculteur", estime de son côté Pierre Berthelot, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs (JA) d'Ille-et-Vilaine.
Selon un décompte du gouvernement, sur 62 engagements pris, 50% sont réalisés, 31% sont "avancés" et 19% "engagés".
- Objectif Salon -
La FNSEA a salué des "avancées certaines" mais s'en remet à M. Macron pour engager le gouvernement sur un calendrier rapide et clair.
La présidente de la Coordination rurale, deuxième syndicat du secteur, Véronique Le Floc'h, a regretté que le Premier ministre n'ait pas annoncé une année avec suspension des remboursements des prêts pour soulager la trésorerie des agriculteurs.
Inscrire la souveraineté agricole et alimentaire dans la loi avec l'objectif de produire plus, "de quoi parle-t-on ?", s'est-elle interrogée. "Avant de produire plus, on veut savoir combien on va gagner."
A l'appel de la Coordination rurale, vendredi, à partir de 10H00, un cortège de tracteurs devrait défiler de la porte de Saint-Cloud aux Invalides, où les agriculteurs, venus du Doubs, de Haute-Loire et de Côte-d'Or, resteront toute l'après-midi. "Notre but est de rencontrer les Parisiens à la veille du Salon de l'agriculture, de leur expliquer notre mission: nourrir les Français", a précisé à l'AFP Thierry-James Facquer, organisateur du cortège.
M. Attal a rappelé qu'il ne souhaitait pas que le Salon de l’agriculture devienne "l'otage" des responsables politiques et a proposé de nouveau à Marine Le Pen de débattre avec lui de ces questions, ce que la cheffe de file des députés RN a refusé mardi soir.