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Le G7 a promis samedi de "faire monter le coût de la guerre" en Ukraine à Moscou, à l'issue d'un sommet virtuel où Volodymyr Zelensky a exhorté ses alliés à livrer leur aide militaire à "temps" à son pays affaibli à l'aube d'une troisième année de guerre.
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"Nous continuerons à faire monter le coût de la guerre russe, à baisser ses sources de revenus et empêcher ses efforts pour construire sa machine de guerre, comme le montrent les paquets de sanctions que nous avons récemment adoptés", ont affirmé les dirigeants du G7 dans un communiqué.
Les alliés de Kiev ont aussi dénoncé l'aide apporté par Téhéran, Pékin et Pyongyang à Moscou, et promis d'"agir contre les acteurs tiers qui soutiennent matériellement la guerre de la Russie".
Plus tôt, le président ukrainien leur avait demandé de l'aide militaire, et vite.
"Vous savez très bien ce dont nous avons besoin pour protéger notre ciel, pour renforcer notre armée terrestre, ce dont nous avons besoin pour soutenir et continuer nos réussites en mer, et vous savez parfaitement bien que nous avons besoin de cela à temps, et nous comptons sur vous", a-t-il déclaré.
Après deux ans jour pour jour d'une guerre éprouvante, l'armée ukrainienne est en manque d'effectif et réclame des munitions et davantage de système de défense aérienne pour contenir une armée russe à l'offensive.
Kiev est actuellement privée d'une aide de son principal allié américain de 60 milliards de dollars, bloquée par les rivaux républicains du président démocrate Joe Biden, et celle des Européens a pris du retard.
L'Ukraine "vaincra" la Russie, a malgré tout proclamé M. Zelensky dans un discours à l'aéroport militaire de Gostomel, près de Kiev, théâtre d'une bataille clé avec les Russes dans les premiers jours de l'invasion.
- "Poutine doit perdre" -
"Nous nous battons pour cela. Depuis 730 jours dans notre vie. Et nous vaincrons, au meilleur jour de notre vie", a-t-il lancé.
Le président russe Vladimir "Poutine doit perdre absolument tout, comme ici à Gostomel", a encore dit M. Zelensky, depuis l'aérodrome, entouré de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, et des Premiers ministres italienne Giorgia Meloni, canadien Justin Trudeau et belge Alexander de Croo, venus pour le deuxième anniversaire de l’invasion.
Lorsque Vladimir Poutine a annoncé que les troupes russes pénétraient sur le territoire ukrainien à l'aube du 24 février 2022, il croyait prendre Kiev en quelques jours, avant d'être contraint à d'humiliantes retraites par la résistance ukrainienne.
En 2023, c'est l'Ukraine qui a connu une déconvenue d'ampleur avec l'échec de sa grande contre-offensive, si bien que l'armée russe, forte d'une économie tournée vers l'effort de guerre, se retrouve en position de force.
M. Zelensky a continué à consolider ses alliances en signant samedi des accords bilatéraux de sécurité avec le Canada et l'Italie, comme il l'a déjà fait avec plusieurs pays européens, comme l'Allemagne ou la France.
Le Canada fournira à Kiev environ 2,2 milliards de dollars d'aide financière et militaire en 2024.
Présente aussi en Ukraine, à Odessa (sud) où elle s'est rendue avec son homologue ukrainien, la cheffe de la diplomatie allemande Annalena Baerbock a reconnu que Kiev manquait notamment d'armes de longue portée pour se défendre.
- fusils d'assaut contre artillerie -
Dans de nombreuses villes en Europe samedi, des milliers de personnes ont manifesté leur soutien à l'Ukraine, même si une l'opinion croit peu à une victoire de Kiev.
La Russie se targue, quant à elle, de multiplier les assauts sur le front et revendique les succès, en particulier la prise de la ville forteresse d'Avdiïvka le 17 février.
"L'avantage est de notre côté", a déclaré le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou lors d'une visite à ses troupes en Ukraine, selon un communiqué samedi.
Près d'Avdiïvka, des militaires ukrainiens rencontrés par l'AFP à Pokrovsk avaient un message clair pour les dirigeants occidentaux.
"Donnez-nous de l'artillerie, des drones, des contre-batteries, des obus !", réclame Woodie, le pseudo d'un soldat de 31 ans. "Nous avons tenu le coup et infligé des dégâts, mais c'est vraiment dur quand des gens armés de fusils d'assaut se battent contre l'artillerie et l'aviation", explique Sportsman, 39 ans, sur le front depuis deux ans.
En Russie, M. Poutine a encore une fois salué vendredi ses "héros" qui combattent l'Ukraine. Quelque 500.000 hommes se sont engagés en 2023 et environ 50.000 de plus au seul mois de janvier de cette année.
L'opposition russe a, elle, été décimée par une campagne de répression sans merci, culminant le 16 février avec la mort dans une prison de l'Arctique de la figure de proue des détracteurs du Kremlin, Alexeï Navalny.
A trois semaines de la présidentielle russe de la mi-mars, l'emprise de M. Poutine sur le pouvoir semble plus totale que jamais.
- Arrestations à Moscou -
Samedi à Moscou, la police russe a procédé à plusieurs arrestations, notamment de journalistes, lors d'un rassemblement de femmes de soldats russes mobilisés réclamant leur retour d'Ukraine.
Quant aux sanctions qui ont coupé la Russie du monde occidental et ont dans un premier temps secoué l'économie russe, le Kremlin n'a cessé de s'en moquer, tout en les contournant.
Elles n'ont pas empêché l'industrie de défense de démultiplier sa production.
La nouvelle salve de sanctions occidentales est censée y remédier mais les responsables russes les ont balayées. Le numéro deux du Conseil de sécurité russe Dmitri Medvedev a juré vengeance et de faire "souffrir" les "ennemis" occidentaux.