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Un premier navire chargé d'aide est prêt à embarquer depuis Chypre pour la bande de Gaza touchée par la famine, où des bombardements aériens israéliens ont fait encore des dizaines de victimes samedi, selon le ministère de la Santé du mouvement palestinien Hamas.
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Après un peu plus de cinq mois de guerre entre Israël et le mouvement islamiste, la situation humanitaire devient chaque jour plus catastrophique dans le territoire palestinien assiégé alors que l'aide fournie par voies terrestre ou aérienne demeure largement insuffisante.
Deux ONG se préparent déjà à faire partir de Chypre un premier bateau chargé de 200 tonnes de nourriture.
"Tout sera prêt aujourd'hui pour pouvoir partir", a déclaré samedi à l'AFP Laura Lanuza, la porte-parole de l'ONG espagnole Open Arms, partenaire dans ce projet de l'ONG américaine du chef cuisinier hispano-américain José Andrés, World Central Kitchen (WCK).
Elle a indiqué que les autorités israéliennes --qui ont autorisé le principe de cette opération comme les autorités chypriotes-- étaient en train d'inspecter la cargaison de "200 tonnes de nourriture, riz, farine, boîtes de thon", dans le port de Larnaca.
WCK "a déjà des gens à Gaza" et l'ONG est en train de "construire une jetée" pour pouvoir décharger la cargaison une fois le bateau arrivé sur le territoire côtier, a dit la porte-parole d'Open Arms.
Jeudi, le président américain Joe Biden avait annoncé la construction d'une "jetée temporaire" à Gaza qui pourrait, selon le Pentagone, fournir plus de deux millions de repas par jour aux citoyens de Gaza".
L'édification de cette structure impliquerait probablement plus de 1.000 soldats et pourrait prendre jusqu'à 60 jours, selon le Pentagone.
- Famine "inévitable" -
Selon l'ONU, 2,2 des 2,4 millions d'habitants de ce territoire exigu frappé par d'importantes pénuries d'eau et de nourriture sont menacés de famine, et 1,7 million ont été déplacés par les combats et les frappes israéliennes qui ont provoqué des destructions massives.
Pour l'ONU, qui met en garde contre une "famine généralisée presque inévitable" à Gaza, les parachutages, de même que l'envoi d'aide par la mer, ne peuvent se substituer à la voie terrestre.
La chute de colis largués par des avions de différents pays sur Gaza a tué cinq personnes vendredi, selon une source hospitalière. Il n'a pas été possible de savoir jusqu'ici quel pays avait procédé au largage meurtrier. Les Etats-Unis, la Jordanie, la Belgique et les Pays-Bas ont indiqué ne pas être impliqués dans l'incident.
Par ailleurs, la Suède et le Canada ont annoncé samedi reprendre le financement de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), principal fournisseur d'aide dans le territoire palestinien, plus d'un mois après l'avoir suspendu à l'instar d'une quinzaine de pays.
L'agence onusienne est au centre d'une controverse depuis qu'Israël a accusé fin janvier 12 de ses employés d'être impliqués dans l'attaque sanglante du 7 octobre menée par le Hamas contre Israël.
- Enfants morts de malnutrition -
D'après le ministère de la Santé du Hamas, au moins 23 civils sont morts de malnutrition et de déshydratation à Gaza, après le décès de trois nouveaux enfants.
Le bureau des médias du gouvernement du Hamas a fait état de plus de 30 frappes dans la nuit, dont l'une contre un bâtiment résidentiel dans la ville de Rafah, où s'étaient réfugiées quelque 200 personnes.
La bande de Gaza, déjà soumise à un blocus israélien depuis la prise du pouvoir par le Hamas en 2007, est bordée par Israël, l'Egypte qui garde sa frontière fermée et la mer Méditerranée.
Le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a appelé samedi dans un communiqué à "l'ouverture totale des points de passage (...) afin de mettre fin au siège de notre peuple", et à la "distribution rapide" d'aide.
L'attaque du Hamas du 7 octobre a entraîné la mort d'au moins 1.160 personnes, la plupart des civils, dans le sud d'Israël, selon un décompte de l'AFP établi à partir de sources officielles.
Environ 250 personnes ont aussi été enlevées et emmenées à Gaza ce jour-là, et 130 otages y sont encore retenus, dont 31 seraient morts d'après Israël.
En riposte, Israël a juré d'anéantir le Hamas, qu'il considère comme une organisation terroriste, de même que les Etats-Unis et l'Union européenne.
- "Aucun compromis" -
Pour parvenir à la "victoire totale", Israël dit préparer une offensive terrestre sur Rafah, à la frontière égyptienne, où sont massés près de 1,5 million de Palestiniens selon l'ONU.
L'armée israélienne a dit samedi avoir mené des raids ciblés vendredi dans la bande de Gaza, et tué plus de 20 combattants dans le secteur de Khan Younès (sud).
Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a déclaré vendredi qu'il appartenait au Hamas d'accepter une trêve avec Israël, mais la branche armée du groupe a dit que celui-ci ne ferait "aucun compromis" sur ses exigences d'un cessez-le-feu définitif et d'un retrait des troupes israéliennes de la bande de Gaza en échange de tout accord sur une libération des otages.
Le président Biden a pour sa part estimé qu'il serait "difficile" d'obtenir un cessez-le-feu avant le début du mois de jeûne musulman du ramadan (lundi ou mardi prochain), un objectif qu'avaient tenté d'atteindre cette semaine au Caire les pays médiateurs (Egypte, Qatar et Etats-Unis) et le Hamas.