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"Elections! maintenant!", "ramenez les otages! Maintenant!": des milliers de personnes se sont rassemblées samedi soir à Tel-Aviv pour exiger le départ du gouvernement "corrompu" de Benjamin Netanyahu et panser les plaies d'"un pays brisé" par le traumatisme du 7 octobre.
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La foule, assez âgée dans son ensemble, rassemble des hommes et des femmes habitués des manifestations monstres qui ont secoué pendant des mois Israël pour protester contre une réforme de la justice voulue par M. Netanyahu. C'était avant le 7 octobre, "il y a un siècle", soupire une femme.
Depuis, l'attaque sanglante du Hamas en Israël et la guerre lancée en représailles à Gaza ont tout balayé et renforcé la colère et le désespoir des manifestants de Tel-Aviv.
"Nous sommes un pays brisé", dit Ora, une psychologue d'une soixantaine d'années qui ne souhaite pas donner son nom.
"Netanyahu et son gouvernement détruisent ce pays", renchérit Israël Alva, un ancien soldat reconverti dans la vente de matériel médical.
Partout, le même constat d'un "immense fossé" qui s'est creusé entre le peuple et son gouvernement.
"Après ce qui s'est passé le 7 octobre, ce gouvernement ne peut pas rester au pouvoir", explique Shahi Gil, un pilote de ligne de 50 ans. "Ils n'ont pas la confiance du peuple, leurs motivations sont guidées par leur volonté de s'accrocher au pouvoir, pas par ce qui est bon pour ce pays", ajoute-t-il.
Souvent grand-parents, les manifestants mettent en avant l'avenir de leurs petits-enfants.
"Nous n'avons pas de futur avec ce gouvernement et ce Premier ministre. Il est corrompu, brutal, violent", dit avec un doux sourire Mira Smoli, 64 ans.
Beaucoup rappellent que Benjamin Netanyahu, accusé de fraude et de corruption, devra faire face à la justice s'il doit quitter le pouvoir. Et certains évoquent le rapport sans appel d'une commission d'enquête cette semaine qui a établi la "responsabilité personnelle" de M. Netanyahu dans le drame du Mont Meron en avril 2021, où 45 pèlerins avaient péri dans une bousculade.
"Netanyahu a toujours gouverné de la même façon, avec cette attitude de +je ne suis pas responsable+", dit Shahi Gil.
- "La paix et le calme" -
"Elections! Maintenant! Maintenant!" "Honte! Honte! Honte au gouvernement", scande inlassablement la foule dans le cortège, qui a été marqué à la fin par quelques tensions avec la police.
"Bibi (surnom du Premier ministre israélien, NDLR) n'est pas intéressé par les Juifs ou par les Arabes, il est seulement intéressé par lui même!", lance une oratrice à la tribune.
La guerre à Gaza, lancée en représailles après l'attaque du Hamas en Israël qui a fait 1.160 morts, en majorité des civils, selon un bilan de l'AFP à partir de données officielles, reste un sujet plus délicat à aborder.
Certains se prononcent ouvertement pour un cessez-le-feu, "maintenant", afin que les otages soient libérés. D'autres vont plus loin, comme Shahi Gil: "Nous devons trouver une solution avec les Palestiniens, pas le Hamas, mais ceux qui sont pour la paix ou au moins pour la coexistence".
"Nous n'avons pas le choix", renchérit Israël Alva. "Il ne faut pas commencer une guerre si on n'a pas de plan politique derrière", lance-t-il.
"Ce qui se passe à Gaza me déchire le coeur", dit la psychologue Ora, qui hésite un moment avant de juger qu'une trêve est nécessaire. Près de 31.000 personnes, en majorité des civils, sont mortes dans la bande de Gaza dans l'opération militaire israélienne, selon le ministère de la Santé du Hamas.
Alors que les négociations en vue de sceller une trêve avant le ramadan, qui commence en début de semaine prochaine, se sont enlisées, Daniel Goldrich, un musicien de 23 ans, juge "difficile" de se prononcer. "Nous voulons le retour des otages et ensuite nous avons besoin de la paix, nous avons besoin de calme", dit-il.