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Un premier bateau chargé de vivres a quitté Chypre mardi pour la bande de Gaza au bord de la famine et bombardée quotidiennement par l'armée israélienne, une agence de l'ONU dénonçant une "guerre contre les enfants" dans le territoire palestinien assiégé.
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Quatre bateaux de l'armée américaine ont parallèlement quitté une base des Etats-Unis, avec une centaine de soldats et l'équipement nécessaire à la construction d'une jetée et d'un quai à Gaza pour l'acheminement de l'aide d'humanitaire. Le voyage doit prendre 30 jours environ et l'installation sera prête "d'ici 60 jours".
La communauté internationale cherche à diversifier les voies d'acheminement d'aides vers Gaza alors que la guerre entre Israël et le Hamas palestinien fait rage depuis plus de cinq mois sans espoir de trêve, longtemps espérée pour le mois de jeûne du ramadan qui a débuté lundi pour la plupart des musulmans.
Mardi, de nouveaux bombardements israéliens ont visé Rafah ainsi que la cité voisine de Khan Younès et Gaza-Ville dans le nord, selon des témoins. Les frappes ont fait au moins 72 morts en 24 heures, d'après le ministère de la Santé du Hamas.
Face à la catastrophe humanitaire, des pays arabes et occidentaux parachutent chaque jour depuis plus d'une semaine des aides et ont mis en place avec l'Union européenne un couloir maritime vers le territoire palestinien dévasté et assiégé par Israël depuis le 9 octobre.
Mais avec la grande majorité des 2,4 millions d'habitants de Gaza menacés par la famine, l'ONU répète que cette assistance ne peut se substituer à la voie terrestre, contrôlée par les autorités israéliennes et qui n'entre qu'au compte-gouttes.
"La population affamée de Gaza ne peut plus attendre", a dit la directrice du Programme alimentaire mondial, Cindy McCain.
- "Bien plus grand" -
Selon le ministère de la Santé du Hamas, au moins 27 personnes sont mortes de malnutrition et de déshydratation, dont des enfants.
Malgré les pressions internationales, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est déterminé à "détruire" le Hamas après l'attaque menée le 7 octobre par des commandos de ce mouvement infiltrés depuis Gaza dans le sud d'Israël. Au moins 1.160 personnes ont été tuées, la plupart des civils, selon un décompte établi par l'AFP à partir de sources officielles israéliennes.
Environ 250 personnes ont été également enlevées et emmenées à Gaza; 130 s'y trouvent encore, dont 32 déclarées mortes par Israël.
En représailles, l'armée israélienne a lancé une campagne massive de bombardements contre le territoire exigu contrôlé par le Hamas depuis 2007, suivie 20 jours plus tard d'une offensive terrestre, qui ont fait jusqu'à présent 31.184 morts, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du mouvement islamiste.
Alors que la population attend désespérément de l'aide, un bateau appartenant à l'ONG espagnole Open Arms a quitté le port chypriote de Larnaca, distant d'environ 370 km de Gaza, en empruntant un couloir humanitaire mis en place par l'UE et plusieurs pays.
Le bateau remorque une barge chargée de 200 tonnes de vivres qui doivent être distribués à Gaza par l'organisation américaine World Central Kitchen, dont les équipes sur place ont commencé à construire une jetée pour débarquer la cargaison.
Chypre, pays de l'UE le plus proche de Gaza, a annoncé préparer un deuxième chargement, "bien plus grand".
- "Vertigineux" -
Le Maroc a lui aussi annoncé avoir envoyé 40 tonnes d'aides via l'aéroport de Tel-Aviv au point de passage de Kerem Shalom, entre le sud d'Israël et le nord de Gaza. Un "itinéraire terrestre inédit" selon Rabat.
"Dans aucune guerre au monde, une population n'a été privée de nourriture, de médicaments, d'électricité et d'eau. Ce que fait Israël est sans précédent", a déploré Bassel Yassin, un déplacé à Rafah.
"Cette guerre est une guerre contre les enfants", a écrit sur X le patron de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), Philippe Lazzarini.
"Vertigineux. Le nombre d'enfants présumés tués en seulement quatre mois à Gaza est plus élevé que le nombre d'enfants tués en quatre ans dans l'ensemble des conflits à travers le monde", a-t-il dit en référence aux chiffres de l'ONU selon lesquels 12.193 enfants ont péri dans des conflits dans le monde entre 2019 et 2022.
- "Nous détruirons le Hamas" -
"Nous ne sommes pas près d'un accord", a déclaré le porte-parole de la diplomatie du Qatar, Majed al-Ansari, selon qui les discussions se poursuivent.
Considéré comme une organisation terroriste par Israël, les Etats-Unis et l'UE, le mouvement palestinien réclame un cessez-le-feu définitif et un retrait des troupes israéliennes avant tout accord. Ce qu'Israël refuse en exigeant une liste précise des otages encore vivants.
M. Netanyahu a répété mardi que "pour gagner cette guerre, nous devons détruire les bataillons restants du Hamas à Rafah", où sont massés selon l'ONU près de 1,5 million de Palestiniens vivant dans l'angoisse d'une offensive terrestre israélienne. "Nous détruirons le Hamas et libérerons nos otages (...)."