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L'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens a annoncé mercredi que l'un de ses entrepôts dans la bande de Gaza avait été touché par une frappe qui a fait au moins un mort, au moment où les efforts s'accélèrent pour acheminer de la nourriture vers le territoire palestinien assiégé.
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Après plus de cinq mois de guerre entre Israël et le Hamas, l'ONU craint une famine généralisée dans la bande de Gaza, où des dizaines de milliers de personnes ont déjà été tuées tandis que les bombardements israéliens se poursuivent sans répit.
"Au moins un employé de l'Unrwa et été tué et 22 autres blessés", a déclaré l'agence.
Le ministère de la Santé du Hamas a fait état de quatre morts dans le "bombardement" de l'entrepôt.
"L'attaque d'aujourd'hui sur l'un des rares centres de distribution de l'Unrwa encore opérationnels dans la bande de Gaza intervient au moment où la malnutrition, voire la famine dans certaines zones, s'étend" dans le territoire, a souligné le commissaire général de l'Unrwa, Philippe Lazzarini.
- "Menace constante" -
"Comment pourrons-nous poursuivre nos opérations d'aide quand nos équipes et nos entrepôts se trouvent constamment menacés?", a réagi le chef du bureau des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Martin Griffiths. "Ils doivent être protégés. Cette guerre doit cesser", a-t-il ajouté.
Face à l'urgence humanitaire, plusieurs pays ont décidé de mettre en place des voies alternatives, par mer et par air, pour faire parvenir des cargaisons d'aide à la population.
L'aide par voie terrestre n'entre en effet qu'au compte-gouttes dans la bande de Gaza, principalement depuis l'Egypte, soumise au contrôle d'Israël qui imposé un siège total au territoire depuis le début de la guerre.
"Le fait d'affamer la population est utilisé comme une arme de guerre", a affirmé mardi le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Josep Borrell.
Un premier bateau chargé de 200 tonnes de vivres a quitté mardi Chypre pour Gaza en empruntant un couloir maritime mis en place par l'Union européenne.
Ce bateau de l'ONG espagnole Open Arms, qui remorque une barge, faisait route mercredi dans la Méditerranée à une allure très lente.
- Un deuxième bateau prêt -
Chypre, distante d'environ 370 kilomètres du territoire palestinien, a annoncé qu'un deuxième bateau était prêt à partir avec une cargaison plus importante.
Quatre bateaux de l'armée américaine ont également quitté les Etats-Unis avec une centaine de soldats et l'équipement nécessaire à la construction d'une jetée et d'un quai à Gaza pour débarquer l'aide d'humanitaire. Le voyage doit prendre 30 jours environ et l'installation sera prête "d'ici 60 jours", selon les autorités américaines.
Depuis une dizaine de jours, plusieurs pays arabes et occidentaux, dont les Etats-Unis, parachutent quotidiennement des repas et des cargaisons d'aide médicale sur Gaza, en particulier sur le nord.
La situation est particulièrement grave dans cette partie du territoire, où l'aide qui arrive par le sud ne parvient que très difficilement en raison des combats et des pillages.
Mais l'ONU ne cesse d'affirmer que les envois par mer ou les parachutages ne peuvent se substituer à la voie terrestre.
Selon le ministère de la Santé du Hamas, au moins 27 personnes sont déjà mortes à Gaza de malnutrition et de déshydratation.
L'armée israélienne a elle autorisé mardi, pour la première fois, l'entrée de six camions du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies directement dans le nord de Gaza.
Le PAM estime qu'il faudrait 300 camions par jour pour répondre aux besoins immenses des quelque 2,4 millions d'habitants du territoire.
La guerre a été déclenchée le 7 octobre par une attaque sans précédent menée par des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza dans le sud d'Israël, qui a fait au moins 1.160 morts, la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP établi à partir de sources officielles israéliennes.
En représailles, Israël a promis d'anéantir le mouvement islamiste, au pouvoir à Gaza depuis 2007, qu'il considère comme une organisation terroriste de même que les Etats-Unis et l'Union européenne.
Son armée a lancé une offensive qui a fait jusqu'à présent 31.272 morts dans la bande de Gaza, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas, qui a fait état mercredi de 88 morts en 24 heures.
- Jeûne forcé -
Les combats se poursuivent notamment dans le sud, dans la ville de Khan Younès, où l'armée a annoncé avoir encore "intensifié ses opérations".
Face à l'intransigeance des deux camps, les Etats-Unis, le Qatar et l'Egypte, les trois pays médiateurs, ne sont pas parvenus à arracher un accord de trêve accompagné d'une libération des otages retenus à Gaza, qu'ils avaient espéré avant le début lundi du ramadan.
Selon Israël, 130 otages se trouvent encore à Gaza, dont 32 seraient morts, sur environ 250 personnes enlevées le 7 octobre.
"Nous ne sommes pas près d'un accord", a reconnu mardi le Qatar.
"A présent, avec le ramadan, rien n'a changé dans notre quotidien. Nous jeûnons contre notre volonté depuis deux mois ou plus", a confié à l'AFP Fahd al-Ghoul, un homme de 50 ans qui habite le camp de Jabaliya, dans le nord de Gaza.
En dépit des pressions internationales, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, se dit déterminé à vaincre le Hamas et a annoncé une prochaine offensive terrestre sur la ville de Rafah, collée contre la frontière fermée avec l'Egypte, où s'entassent, selon l'ONU, environ un million et demi de Palestiniens.
"Israël remportera cette guerre quoi qu'il en coûte. Et pour la gagner, Israël doit détruire les derniers bataillons du Hamas à Rafah", a dit M. Netanyahu.