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"Liberté ! Liberté !" crie une foule euphorique autour de la principale figure de l'opposition au Venezuela, Maria Corina Machado. Déclarée inéligible en janvier par la Cour suprême souvent accusée d'être aux ordres du pouvoir, elle poursuit néanmoins obstinément ce mercredi sa campagne pour la présidentielle du 28 juillet.
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"Nous vivons des moments cruciaux, le régime prétend que nous sommes abattus et vaincus, alors que nous sommes plus forts que jamais", lance-t-elle, juchée sur un camion à Mariara, à 140 km à l'ouest de Caracas.
"Il y a un engagement, nous irons jusqu'au bout", hurle-t-elle. "L'issue n'est pas seulement l'éviction d'une tyrannie brutale, cruelle, corrompue, maléfique, mais c'est la construction d'un Venezuela de respect, de liberté".
Mais le temps est compté. L'autorité électorale a fixé la clôture des candidatures au 25 mars, et même dans son propre camp des appels à la nomination d'un remplaçant se font entendre.
Elle réfute les accusations d'irrégularités administratives et de trahison pour avoir soutenu les sanctions américaines qui lui valent 15 ans d'inéligibilité.
Le pouvoir en place depuis 25 ans, héritier d'Hugo Chavez (1999-2013), a souvent usé du stratagème des inéligibilités pour écarter des rivaux tant au niveau national que local.
Candidat malheureux en 2012 face à l'ancien président Hugo Chavez, mort en 2013, puis face à l'actuel président Nicolas Maduro en 2013, l'opposant Henrique Capriles, qui avait renoncé à participer aux primaires de l'opposition, est aussi frappé d'inéligibilité pour 15 ans en raison d'irrégularités administratives présumées lorsqu'il était gouverneur.
Dans son discours plus déterminé que jamais, Maria Corina Machado n'évoque nul remplaçant et n'appelle pas au boycott de l'élection, comme en 2018. Boycott qui avait échoué, Nicolas Maduro ayant été déclaré réélu, même si plus de 60 pays, dont les Etats-Unis, et l'Union européenne n'ont jamais reconnu sa victoire.
Au cours de la dernière décennie, le PIB du pays a chuté de 80% et plus de sept millions de Vénézuéliens sont partis, fuyant la crise économique et politique.
- "On veut le changement" -
Mme Machado est arrivée sans encombre à Mariara, dans l'Etat de Carabobo, escortée par une caravane d'un cinquantaine de motos. Elle n'a pas été contrôlée par la Garde nationale, une exception dans sa tournée à travers le pays.
Dans cette ville industrielle contrôlée par le parti au pouvoir, on se bouscule pour voir celle qui incarne un nouvel espoir.
Sur son passage, les habitants sortent de leurs modestes maison pour la saluer, certains brandissant des drapeaux. Un homme est même descendu d'un bus en marche qui circulait dans la direction opposée pour essayer de lui parler.
Des écoliers en uniforme tirent le cou pour essayer de l'apercevoir, les voitures entament un concert de klaxons.
"On n'a pas peur", crie un homme au milieu de la foule qui écoute sous une chaleur torride.
"Si on perd les élections, c'est qu'il y aura eu fraude", assure à l'AFP Gleisimar Tovar, un technicien en sécurité industrielle de 36 ans. "Mariara s'est réveillée, on n'a pas d'électricité, pas d'eau, on est délaissés et on veut le changement", dit-il.
"Il faut aller voter, donner notre voix à notre Maria Corina", renchérit Ricky Benitez, un commerçant de 41 ans. "Et si Maria Corina n'y va pas, on doit soutenir le candidat qu'elle présentera, un candidat fort et droit".
Pour l'heure, la coalition de l'opposition campe sur ses positions : "la candidate c'est Maria Corina".
"J'ai confiance en vous, je mets ma vie entre vos mains", harangue Mme Machado depuis la plateforme du camion. "Continuons, ils ne vont pas nous arrêter. On ne peut pas arrêter ce mouvement".