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L'Ukraine a affirmé dimanche avoir frappé deux navires russes en Crimée annexée, une revendication qui intervient après une troisième nuit de bombardements massifs du pays par la Russie qui vise la destruction d’infrastructures ukrainiennes.
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Moscou affirme répliquer avec ces frappes en série aux bombardements ukrainiens de régions frontalières, qui sont elles-même des réponses aux attaques quotidiennes que la Russie inflige aux Ukrainiens depuis le début son invasion le 24 février 2022.
Les dommages semblent bien moins importants que ceux de vendredi, lorsque la deuxième ville d'Ukraine, Kharkiv, dans le Nord-Est, à la frontière avec la Russie, s'est retrouvée privée d'électricité, d'eau et de chauffage.
- La flotte russe encore touchée -
De son côté, l'Ukraine a lancé des frappes sur Sébastopol, en Crimée annexée par la Russie en 2014, et siège de la flotte russe de la mer Noire. Cette dernière a été considérablement affaiblie par de multiples attaques de missiles et de drones.
Kiev a affirmé dimanche avoir de nouveau touché deux navires, elle qui en a coulé de nombreux autres depuis le début de la guerre, une humiliation pour la Russie qui a dû renoncer au blocus des côtes encore sous contrôle ukrainien.
"Les forces armées ukrainiennes ont réussi à toucher les navires amphibies Yamal et Azov, ainsi qu'un centre de communications et d'autres infrastructures de la Flotte russe de la mer Noire", a annoncé dans un communiqué le centre de communications des forces armées ukrainiennes.
La Russie avait affirmé samedi soir avoir repoussé une attaque "massive" de missiles ukrainiens visant Sébastopol. "Selon les premières informations, plus de dix missiles ont été abattus", avait affirmé le gouverneur Mikhaïl Razvojaïev sur Telegram.
Il avait ensuite précisé que les débris d'un missile abattu avait tué un civil de 65 ans. Quatre personnes ont été blessées parmi lesquels un adolescent.
Enfin, un missile de croisière russe lancé contre des villes situées dans l'ouest de l'Ukraine a violé dans la nuit pendant une quarantaine de secondes l'espace aérien de la Pologne, a indiqué dimanche l'armée polonaise.
"L'objet a volé dans l'espace polonais à la hauteur du village d'Oserdow", situé à une centaine de kilomètres de Lviv, a précisé le commandement opérationnel des forces armées.
La Pologne, alliée de l'Ukraine, exigera des explications de la Russie pour cette "nouvelle violation de l'espace aérien", a indiqué sa diplomatie. Un incident similaire avait eu lieu en décembre.
L'Ukraine, confrontée à l'invasion russe et des bombardements quotidiens de ses villes depuis plus de deux ans, a promis de répliquer en portant les combats sur le sol russe, alors que le Kremlin a longtemps présenté sa guerre comme n'affectant pas la population ni le sol russe.
Kiev veut aussi regagner en 2024 le contrôle de son espace aérien pour que la Russie ne soit plus en mesure de la bombarder ainsi. Mais pour cela, l'Ukraine a un besoin crucial de moyens de défense antiaérienne.
- Aide bloquée, avancée russe -
Or l'aide américaine est bloquée depuis des mois par la rivalité entre le camp démocrate du président Joe Biden, favorable à un soutien accru, et les républicains de Donald Trump. L'assistance européenne a, elle, pris du retard.
L'Ukraine a également besoin de munitions d'artillerie et de missiles sur le front où elle peine, depuis l'échec de sa grande contre-offensive de l'été 2023, à contenir l'armée russe, mieux équipée, Vladimir Poutine ayant tourné son budget et l'industrie du pays vers l'effort de guerre.
L'armée russe a revendiqué ces derniers jours des avancées dans l'Est dans les secteurs de Tchassiv Iar, localité importante voisine de Bakhmout, et à l'ouest d'Avdiïvka, ville détruite et conquise par les Russes en février.
Enfin, l'Ukraine craint une escalade de la part de Moscou, les autorités russes invoquant une piste ukrainienne dans l'enquête sur l'attentat contre une salle de concert qui a fait au moins 133 morts. Le président russe et ses services spéciaux n'ont pas fait la moindre mention de la revendication des jihadistes de l'Etat islamique,
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a ainsi accusé "Poutine et les autres salauds" de chercher à rejeter la faute sur l'Ukraine qui, dès les premières heures de l'attaque, avait démenti toute implication.